N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

ENTRETIEN. "Ce que le chèque royal changera…"
EXPOSITION. Le SOS de Monia
REPORTAGE. Sur les bancs du grand écran
PORTRAIT.Farce de frappe
LE MAG CULTURE



Par Sonia Terrab

PORTRAIT.Farce de frappe
(DR)

Après avoir été élu comique de l’année en 2008, Youssef Ksiyer multiplie les sketchs, intelligents et originaux, avant de boucler son one man show.

“I l a bravé toutes les épreuves, il a escaladé toutes les montagnes, il a relevé tous les défis, mais il n’est pas là ce soir. Par contre, il y a Youssef Ksiyer”, annonce une voix off lors de l’ouverture du spectacle de ce jeune humoriste qui monte. Youssef Ksiyer, 25 ans, diplômé de l’université Al Akhawayn et cadre marketing dans une multinationale à Casablanca, a déjà à son actif une dizaine de scènes. Après avoir
remporté le prix du meilleur comique à Casablanca en 2008, il s’est classé dans la foulée à la troisième place du Festival international du rire à Marrakech.
Dans ses sketchs, en français et en darija, Youssef Ksiyer tire sur tout ce qui bouge : les joueurs de foot, le cinéma marocain, les présentateurs télé... et transforme Bigg, le chanteur de rap, en Jacques Martin pour une école de fans à la marocaine. “Heureusement, il l’a bien pris”, assure l’humoriste, mi-figue mi-raisin. Seuls absents de son spectacle : les hommes politiques. “Quand je parle de politique, je ne fait rire personne”, explique le comique, qui ne se voit pas en Coluche national. Son objectif : amener la bonne humeur là où il n’y en a pas ou peu, avec un registre plus proche de la satire sociale. Le quotidien, les personnes drôles rencontrées tous les jours, la diversité des Marocains, autant de sources de vannes pour ce jeune talent. “Je ne fais de l’humour qu’à partir de ce que je vois, pas de ce que je pense”, résume-t-il. Et d’ajouter que son travail et l’association des anciens d’Al Akhawayn qu’il préside sont ses principales sources d’inspiration. Youssef fait de l’humour par hobby : “L’humour, pour moi, c’est comme le sport, c’est une passion. Et de préciser : “Je ne sais pas si je vais en faire mon métier, mais tant que je fais rire les autres, je continuerai à monter sur scène”.

Inspiré du quotidien
Dynamique, énergique et drôle, Youssef Ksiyer n’a pas cherché très loin avant de se trouver : “Je tiens le sens de l’humour de mon père et, depuis toujours, j’amuse la galerie”. Mais tout a commencé l’année dernière, alors qu’il était en voiture. “J’ai vu un panneau annonçant le concours du meilleur comique. J’ai tout de suite appelé le numéro affiché et me voilà !”. Youssef prépare immédiatement un texte, contacte le manager du concours Ali Bennani et remporte la partie. Le succès n’a pas failli, il enchaîne les opportunités. Quand on lui demande si ce n’est pas difficile de tout gérer à la fois, son travail, son association et sa carrière d’humoriste qui démarre, il est surpris : “Il suffit d’être bien organisé et je suis capable de faire les trois”.
Plein de projets, il est dernièrement monté sur la scène du “Fun Run », organisé en avril à l’université Al Akhawayn et prépare un spectacle d’une heure et demie, qu’il projette de finir à la fin de l’année. “Je souhaite tabler sur quelque chose de solide. Un vrai show”. En attendant, Youssef continue à jongler entre son travail et sa carrière d’humoriste, heureux et débordé. Il est convaincu d’avoir trouvé sa voie et de prendre part à un mouvement culturel et artistique d’avenir. “Les Marocains sont un peuple qui aime rigoler. Il n’y a qu’à voir le mois de ramadan, les gens sont scotchés devant leurs télévisons. Mais l’humour au Maroc est un terrain vierge, estime-t-il. C’est à la nouvelle génération de le rendre accessible, attrayant, plus intéressant”. Et plus drôle aussi, cela va sans dire.

 
 
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