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Par Sonia Terrab
PORTRAIT.Farce de frappe
Après avoir été élu comique de lannée en 2008, Youssef Ksiyer multiplie les sketchs, intelligents et originaux, avant de boucler son one man show.
I l a bravé toutes les épreuves, il a escaladé toutes les montagnes, il a relevé tous les défis, mais il nest pas là ce soir. Par contre, il y a Youssef Ksiyer, annonce une voix off lors de louverture du spectacle de ce jeune humoriste qui monte. Youssef Ksiyer, 25 ans, diplômé de luniversité Al Akhawayn et cadre marketing dans une multinationale à Casablanca, a déjà à son actif une dizaine de scènes. Après avoir |
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remporté le prix du meilleur comique à Casablanca en 2008, il sest classé dans la foulée à la troisième place du Festival international du rire à Marrakech.
Dans ses sketchs, en français et en darija, Youssef Ksiyer tire sur tout ce qui bouge : les joueurs de foot, le cinéma marocain, les présentateurs télé... et transforme Bigg, le chanteur de rap, en Jacques Martin pour une école de fans à la marocaine. Heureusement, il la bien pris, assure lhumoriste, mi-figue mi-raisin. Seuls absents de son spectacle : les hommes politiques. Quand je parle de politique, je ne fait rire personne, explique le comique, qui ne se voit pas en Coluche national. Son objectif : amener la bonne humeur là où il ny en a pas ou peu, avec un registre plus proche de la satire sociale. Le quotidien, les personnes drôles rencontrées tous les jours, la diversité des Marocains, autant de sources de vannes pour ce jeune talent. Je ne fais de lhumour quà partir de ce que je vois, pas de ce que je pense, résume-t-il. Et dajouter que son travail et lassociation des anciens dAl Akhawayn quil préside sont ses principales sources dinspiration. Youssef fait de lhumour par hobby : Lhumour, pour moi, cest comme le sport, cest une passion. Et de préciser : Je ne sais pas si je vais en faire mon métier, mais tant que je fais rire les autres, je continuerai à monter sur scène.
Inspiré du quotidien
Dynamique, énergique et drôle, Youssef Ksiyer na pas cherché très loin avant de se trouver : Je tiens le sens de lhumour de mon père et, depuis toujours, jamuse la galerie. Mais tout a commencé lannée dernière, alors quil était en voiture. Jai vu un panneau annonçant le concours du meilleur comique. Jai tout de suite appelé le numéro affiché et me voilà !. Youssef prépare immédiatement un texte, contacte le manager du concours Ali Bennani et remporte la partie. Le succès na pas failli, il enchaîne les opportunités. Quand on lui demande si ce nest pas difficile de tout gérer à la fois, son travail, son association et sa carrière dhumoriste qui démarre, il est surpris : Il suffit dêtre bien organisé et je suis capable de faire les trois.
Plein de projets, il est dernièrement monté sur la scène du Fun Run », organisé en avril à luniversité Al Akhawayn et prépare un spectacle dune heure et demie, quil projette de finir à la fin de lannée. Je souhaite tabler sur quelque chose de solide. Un vrai show. En attendant, Youssef continue à jongler entre son travail et sa carrière dhumoriste, heureux et débordé. Il est convaincu davoir trouvé sa voie et de prendre part à un mouvement culturel et artistique davenir. Les Marocains sont un peuple qui aime rigoler. Il ny a quà voir le mois de ramadan, les gens sont scotchés devant leurs télévisons. Mais lhumour au Maroc est un terrain vierge, estime-t-il. Cest à la nouvelle génération de le rendre accessible, attrayant, plus intéressant. Et plus drôle aussi, cela va sans dire. |
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