N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

ENTRETIEN. "Ce que le chèque royal changera…"
EXPOSITION. Le SOS de Monia
REPORTAGE. Sur les bancs du grand écran
PORTRAIT.Farce de frappe
LE MAG CULTURE



page Coordonnée par Maria Daïf

THÉÂTRE. Festival en temps de crise
La pièce Histoire d’amour en 12 chansons, 3 repas et un baiser de Faouzi Bensaïdi. (TNIOUNI)

La 11ème édition du Festival national de théâtre est annoncée sans grand bruit. Ce qui en dit long sur la crise du 2ème art au Maroc.


Nayda a déferlé sur la musique, le cinéma, la mode et les arts plastiques… Le théâtre, lui, reste à la traîne. Dans les années 1970, c’était sans conteste l’expression artistique phare. Pièces militantes, comédies et malhamate avaient le vent en poupe. Puis, plus rien. Le propos s’est figé et les grandes figures des planches sont les mêmes
depuis les années 1960. La crise perdure et l’effet Nayda n’y change rien. Ces dix dernières années, le théâtre n’a pas fait de remous. Des étincelles heureusement : la légèreté de Bnet Lalla Mennana (la troupe Tacoon) a fait du bien, Faouzi Bensaïdi a bien fait de faire ses 12 chansons et Driss Ksikès tourne encore avec Houwa. Voilà tout. La 11ème édition du Festival national de théâtre (du 3 au 10 juillet) laisse sceptique. L’ambition y est : le Festival se baladera entre Meknès, Moulay Driss Zerhoun, Ifrane, Azrou et Khénifra, montrera des pièces marocaines à la pelle et invitera des troupes du monde arabe. Discrètement annoncé, il passera une année de plus sur la pointe des pieds et on en retiendra juste ça : le théâtre ne va pas bien. Maria Daïf


Expo. La rose et le palmier
Le travail de Younes Rahmoun est peu vu au Maroc, et c’est un peu dommage. L’artiste tétouanais, discret et peu loquace, a adopté dès ses débuts une démarche peu commune : son espace de travail, il l’appelle Al Ghorfa, le considère comme une œuvre et l’expose à l’Appartement 22, à Rabat, chez son copain Abdellah Kerroum. Au fil de ses installations minimalistes, de ses performances et vidéos, il impose sa patte et plaît un peu plus en haut, en Espagne, puis en France ou aux Pays-Bas. Ses œuvres, poétiques, portent des titres de sa culture : Sitta, Maqbara, ou Nakhla/Zahra, titre de l’exposition qu’il montre actuellement et jusqu’au 31 juillet à la galerie casablancaise FJ. Tout y est, du dessin à la céramique en passant par la vidéo-animation, pour mieux connaître un artiste marocain des plus contemporains. M.D


Bon plan. Faites du cinéma
Pour la fête du cinéma, on devra se contenter de l’opération Mégarama à Casablanca et Marrakech. La formule (gagnante) qui avait attiré plus de 40 000 spectateurs en cinq jours l’année dernière est reprise. Principe ? Proposer les dernières grosses productions internationales à 15 dirhams, l’occasion de voir ou revoir les succès 2009. Du lourd donc, mais à petit prix. Du 28 juin au 2 juillet, une quarantaine de films (34 à Casablanca et 7 à Marrakech) seront projetés à une cadence effrénée. Petit plus 2009 : un spectacle de rue gratuit sur le thème “comédie et fantastique”. Sympa tout ça, malgré un petit bémol: aucune surprise côté salles sombres du multiplexe (on y reverra entre autres Coco, Un mari de trop, Les 3 Royaumes). Yassmina Assaoui


Festival. Amazigh Spirit
Agadir et Fès se sont donné le mot : fêter la culture amazighe. Pendant que Timitar battra son plein, la cinquième édition du Festival de la culture amazighe se tiendra à Fès, du 2 au 5 juillet. Au programme, concerts, colloques et tables rondes pendant lesquels interviendront entre autres Abdellatif Laâbi, Ahmed Assid (IRCAM), et des professeurs d’universités américaines, comme Harvard, Princeton ou Berkeley. Le soir, l’ambiance sera moins académique : plusieurs concerts seront organisés sur les places historiques de Bab Boujloud et Bab Makina. Des troupes d’Ahidouss, Idir, Najat Aâtabou, Fatima Tihihit, Abdelouahed Hajjaoui ou encore Nass El Ghiwane seront là… pour faire la fête. Plus d’informations sur www.festivalamazigh.on.ma Meryem Saadi


Festival. Chaouia fête l’aïta
Du 24 au 26 juillet, la aïta sera célébrée par Angham Chaouia, festival dont la première édition se tiendra dans 4 villes de la région.

Jusque-là, la aïta avait Safi. Depuis 2002, la ville célèbre tous les étés cheikhate et chioukh et leur offre une belle scène en plein air. A la fois méprisée et portée par des chanteuses adulées, en grande partie responsables de sa popularisation dans les grandes villes (Lhajja Lhamdaouia, Fatna Bet Lhoucine…), Safi rendait un hommage mérité à la aïta. Il y avait un festival donc, alors pourquoi pas deux cet été?? Angham Chaouia (du 24 au 26 juillet), initié par la Région Chaouia-Ouardigha, consacre sa première édition aux ayout. Une initiative légitime, la région étant l’un des terroirs de ce chant né dans les plaines. Le but : participer à revaloriser un patrimoine culturel longtemps confiné aux cabarets ou, au mieux, aux cérémonies de mariage. Settat, Sidi Rahal, Khouribga et Bouznika, accueilleront ainsi pendant 3 jours, et en même temps, un plateau artistique des plus complets (dont Oulad Bouazzaoui, Aâbidat R’ma, Ould Kaddour, Tagadda, etc.), mais aussi la projection de trois films sur la aïta (Aïta de Izza Genini, Le blues des Chikhates de Ali Essafi, Kharboucha de Hamid Zoughi), une table ronde et une conférence sur l’histoire de la aïta, une résidence artistique… Le festival rendra par ailleurs hommage à Fatima Zehhafa et à Qachbal et Zaroual. Du côté de la Région, on y tient : la aïta sera fêtée comme elle le mérite là où elle née. Samir Achehbar


Concert. Ayo de retour
La chanteuse allemande d’origine nigériane Ayo viendra à Casablanca, c’est promis juré. L’annulation de sa participation au festival Jazzablanca en avril n’est plus qu’un mauvais souvenir, assure l’organisateur Hakim Lahlou qui la fait (re)venir. Une fausse couche avait alors obligé sa maison de disque à annuler plusieurs concerts dont celui à Casablanca. “L'intervention s'est bien passée, mais une période de convalescence est indispensable pour un parfait rétablissement”, avait indiqué Polydor. Depuis le 25 juin, c’est reparti pour une tournée internationale qui lance son dernier album Gravity At Last, subtil mélange de soul, folk et reggae. Prochaine escale donc le 6 juillet au Mégarama de Casablanca où elle posera ses valises le temps d’un concert, accompagnée de ses percussionnistes. Trois jours plus tard, le 9 juillet, le Canadien Garou lui succédera sur la même scène. Y.A.


Festival. Melting-pot
Timitar remet ça et respecte sa ligne de conduite : aller dénicher dans des contrées lointaines des musiques inattendues et donner, surtout, la part belle aux artistes de la région. Agadir, capitale du Souss et des rwayes, accueille donc Timitar 6ème du nom. Et, du 1er au 5 juillet, le public verra défiler des monstres sacrés de la musique et de la poésie amazighes, mais aussi les Colombiens Gaiteros de San Jacinto et La 33, les Sénégalais de Saintrick, ou encore l’ensemble de Maqâm Ouzbeck. Les stars, la scène de Timitar ne les snobe pas et reçoit le Brésilien Carlinhos Brown, Samira Saïd, Hamid Kasri, Izenzaren Mazagan… Nec plus ultra, les Gadiris ont une qualité non négligeable : c’est un public on ne peut plus pacifiste. M.S.


Tournage
Deux ans après Adieu mères, le réalisateur Mohamed Ismaïl est de retour sur un plateau de tournage. Wlad Blad, son 3ème long, raconte l’histoire de trois diplômés chômeurs qui reviennent dans leur village natal et suivent des trajectoires autres que celles auxquelles leur cursus universitaire les destinait. Le premier clap a été donné le 1er juin à Rabat et le tournage se poursuit à Ouad Laou, avant un déménagement vers Tanger et Tétouan. Mohamed Ismaïl renoue avec son acteur fétiche Rachid El Ouali et dirige Mouna Fettou, Mohamed Bastoui, Mohamed Miftah et Saïd Bey. Sortie prévue : fin 2009.

Le ténor marocain
Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Abdellah Lasri fait la fierté de la chorale de Louis Peraudin. Cet ancien soliste rbati, exilé en France pour ses études musicales, vient de recevoir le premier prix de chant, avec félicitations du jury et mention très bien, du Conservatoire national supérieur de Paris. A 27 ans, celui qui a déjà sillonné la Suisse, l’Allemagne, la Jordanie et bien d’autres pays pour récitals, opéras, otarios et autres concerts du genre, est le premier Marocain à recevoir cette mention du réputé conservatoire de la capitale de l’Hexagone. Félicitations au ténor.

 
 
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