N° 380
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

FOOTBALL. L’argent des clubs
URBANISME. La côte a la cote
L'ACTU ÉCONOMIE



Par Hicham Oulmouddane

URBANISME. La côte a la cote
(DR)

La Corniche casablancaise vient de fait peau neuve, pour le plaisir des badauds. Malgré quelques couacs…

“Avec près de 100 000 voitures qui convergent chaque jour au rond-point du Megarama, et plus d’un demi-million de piétons qui arpentent la nouvelle esplanade, l’engouement des Casablancais est clairement au rendez-vous”, se félicite Rachid Haouch, l’architecte attitré du réaménagement de la Corniche de Casablanca. Depuis quelques semaines, la côte casablancaise s’est refait une santé. Complètement reliftée, elle fait le bonheur des badauds avec une
esplanade de près de 20 mètres de large, des dizaines de lampadaires et de mâts d’éclairage, des centaines de palmiers et de bancs publics. “L’ouverture sur l’Atlantique est la philosophie qui a inspiré la conception de ce projet”, souligne l’architecte du projet. Rien n’a été laissé au hasard pour doter Dar Beida d’une promenade digne des standards internationaux, où piétons et cyclistes sont rois. L’artère principale, de 30 mètres de large, est désormais à sens unique. Et même si, à terme, la mairie a prévu des centaines de places de parking et l’arrivée du tramway, l’accès à la côte reste, pour l’heure, fortement embouteillé. Des désagréments qui ne sont pas du goût de tous les Casablancais, déjà échaudés par les travaux, commencés à l’été 2008 sur l’avenue Biarritz et prolongés cet hiver sur l’avenue de la Corniche. Le lifting avait réduit la circulation au strict minimum et engendré un manque à gagner considérable pour les commerces et lieux de divertissement du “Casa by night”.

Un circuit de Formule 1
Le projet, cheval de bataille de la mairie sortante de Casablanca, qui a coûté la bagatelle de 85 millions de dirhams, ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté des urbanistes. Un architecte de la place, fin connaisseur du paysage urbanistique de Casablanca, crie au scandale : “C’est devenu un circuit de
Formule 1. Les automobilistes ne font que passer, puisqu’il n’y a rien à voir, et les places de parking sont limitées. Tandis que le monde entier se dirige vers des espaces ouvert s aux piétons, ici, le tout-automobile est confirmé”.
Autre sujet de polémique, les deux grandes fontaines, initialement prévues sur les ronds-points du Megarama et de l’hôtel Suisse, mais qui n’ont toujours pas vu le jour. Le plan en prévoyait une avec des jets d’eau en forme de bateau et une seconde dans le style andalou. Ce volet du projet ne laisse pas indifférent, sachant que la majorité des fontaines casablancaises se sont transformées en pissotières faute d’entretien régulier. “On érige des fontaines dans des lieux fermés pour adoucir l’air, pas à coté de la mer”, ajoute notre source. De son côté, Rachid Haouch préfère relativiser. “Ces deux parties du projet n’ont pas été gelées à cause du budget, mais simplement parce que leur finalisation devra prendre plus de temps, puisqu’elle pourrait impliquer, une réorganisation des commerces environnants”. Affaire à suivre.

coût global 85 millions de dirhams (moins que les 100 millions prévus au départ)
13
mâts d’éclairage de 25 mètres
90 mâts d’éclairage de 12 mètres pour éclairer la plage
750 palmiers washingtonia Robusta (30 ans d’âge) de la région de Machraâ ben Abbou,
irrigués au goutte-à-goutte
250 lampadaires
200 double-bancs publics
100 poubelles

 
 
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