N° 380
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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AVORTEMENT. "Le roi doit donner un signal"
COMMUNALES. La grande bataille d’Oujda
PORTRAIT. Qui est Samir Abdelmoula ?
L'ACTU MAROC



Par Mohammed Boudraham

COMMUNALES. La grande bataille d’Oujda
Les dirigeants du PAM n’ont
pas fini d’en découdre avec
les islamistes. (TNIOUNI)

Jusqu’au bout, le match PAM-PJD a tenu toutes ses promesses. Dans la capitale de l’Oriental, les services de sécurité ont joué aux arbitres. A leur manière…


C’est finalement à Oujda que vient de se jouer ce qu’on peut appeler la balle de match entre le PAM et le PJD, au titre des communales 2009. Les deux formations politiques se sont livré une bataille sans merci pour la présidence de la ville, qui devait être tranchée en fin de semaine.
Forts de 21 sièges (sur 65), les islamistes ont commencé par jeter les
ponts en direction de l’Istiqlal (13 sièges), pour espérer une alliance. Mais le projet tombe à l’eau, malgré une rencontre entre les directions des deux partis. Et pour cause : PI et PJD convoitaient, tous les deux, le fauteuil de président mettant Omar Hejira face à Abdellah Hamel. Une nouvelle alliance voit donc le jour, entre le PI, le PAM et le MP, avec la promesse que la présidence revienne à l’Istiqlal, soutenu par 16 élus d’El Himma et 14 conseillers harakis.
La formation de Benkirane ne tarde pas à riposter et réussit à sceller une nouvelle alliance en débauchant 6 conseillers MP et autant du PAM, qui ne voulaient rien savoir des décisions de leurs directions centrales. “Comment un parti qui prône son attachement à l’éthique peut-il se permettre d’ouvrir ses portes à des gens élus sous d’autres couleurs, dont un mandataire de liste ?”, se révolte un dirigeant de l’Istiqlal qui fait allusion à Mostafa Benabdelhak, tête de liste MP devenu islamiste du jour au lendemain. Passons. L’alliance des 33 élus en faveur du PJD est renforcée par une autre transfuge : la seule élue RNI de la ville. Le compte est bon.

Séquestration électorale
Tous se présentent, jeudi 25 juin, au siège de la municipalité pour élire le président du conseil de la ville. Mais coup de théâtre : le pacha, représentant l’autorité, décide de reporter le vote, pour une question de quorum, au lundi suivant. Les élus du PJD protestent et organisent un sit-in sur les lieux avant de rejoindre le domicile d’Abdelaziz Aftati, député de la ville et responsable local du parti de la lampe. La demeure de Aftati est alors encerclée le jour même par des centaines de policiers, qui investissent les lieux. “Le PJD a débarrassé ses invités de leurs téléphones portables avant de leur faire prêter serment”, indique une source policière sur place, qui parle de “séquestration” pour justifier l’intervention. Les douze élus sont emmenés au commissariat. Dans la soirée, sept d’entre eux sont relâchés. Ils enchaînent alors les déclarations médiatiques sur la nature des interrogatoires qu’ils ont subis d’abord chez la PJ, puis les RG. Une phrase revient inlassablement : on leur aurait signifié que le Palais ne voulait pas d’une présidence PJD pour la ville d’Oujda. Carrément. Le responsable local du parti islamiste, qui a même déposé une plainte contre la police et les autorités de la ville, s’alarme par ailleurs du sort de trois conseillers harakis et deux PAM portés disparus depuis leur convocation chez la police.

Les patrons arrivent
Lundi 29 juin, c’est reparti pour un tour. Mohamed Cheikh Biadillah et Fouad Ali El Himma débarquent à Oujda. Mohand Laenser fait de même et Abbas El Fassi, en déplacement en Italie, se fait représenter par Ahmed Taoufik Hejira, membre du Comité exécutif de l’Istiqlal. Objectif : ressouder l’alliance de leurs partis. Le PJD réplique et Abdelilah Benkirane débarque à son tour à Oujda. Pendant ce temps-là, les 5 conseillers sont toujours portés “disparus” et le vote est à nouveau reporté au vendredi 3 juillet. Vous avez dit
désordre ?

 
 
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