N° 380
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

PRESSE. Procès absurdes, amendes records
AVORTEMENT. "Le roi doit donner un signal"
COMMUNALES. La grande bataille d’Oujda
PORTRAIT. Qui est Samir Abdelmoula ?
L'ACTU MAROC




GRIPPE A. Plus de peur que de mal ?
La grippe porcine continue
d’inquiéter. (AFP)

Aux dernières nouvelles, 18 cas de grippe A(H1N1) ont été enregistrés. Une propagation du virus est redoutée à l’occasion du Hadj.

Premier cas marocain mortel du virus, une jeune femme, Dalila Mimouni, résidente à Madrid, a succombé le mardi 30 juin, le jour de ses 20 ans. Enceinte de 7 mois, elle est décédée à la suite d’une maladie respiratoire provoquée par le virus, enregistrant ainsi le premier décès A(H1N1) en Espagne. Sur le territoire marocain, aucun mort mais 18 cas comptabilisés, dont 14 rétablis et 4 encore en
observation. Noureddine Chaouki, épidémiologiste au ministère de la Santé, se veut rassurant : “La situation est stable, il n’y a pas lieu de s'inquiéter”. La grippe porcine perturbe tout de même les esprits. Déclarée pandémie mondiale, elle a déjà fait 311 morts et contaminé 70 893 personnes. Face à ce virus qui se répand à grande vitesse, le monde musulman se pose une seule question : Haj ou pas Haj pour cette saison ? La Tunisie a d'ores et déjà suspendu toute organisation de voyage vers les lieux saints et l'Arabie Saoudite a appelé les personnes âgées ou malades et les femmes enceintes à éviter la Omra, très prisée pendant le ramadan. Mais l'épidémiologiste est serein: “Le virus ne peut être considéré comme une bonne raison d’annulation”. Le Maroc est donc loin de suivre l'exemple tunisien : “On attend les décisions du monde musulman dans son ensemble pour trancher”, conclut l’expert. Sonia Terrab


Football. Pros, prêts, partez !
Avec les 250 millions de dirhams accordés à la Fédération royale marocaine de football (FRMF) la semaine dernière, la team de Ali Fassi Fihri a désormais les moyens de s’attaquer aux gros dossiers. Premier challenge : la professionnalisation du championnat national. Une décision vient d’être prise dans ce sens : la suppression pure et simple du Groupement national de football (GNF). Créée en 1999, cette instance, qui regroupe les clubs de 1ère et de 2ème divisions, cède la place à une commission spéciale où devraient siéger des membres fédéraux et des présidents de club. “Le président est un diplomate. Pour ne pas entrer en confrontation directe avec les dirigeants du GNF, il a mis en place cette commission pour gérer la transition en douceur. Mais il est clair que c’est une rupture avec l’amateurisme du passé”, nous explique un membre fédéral. En plus de la gestion courante des compétitions durant la prochaine saison, la “commission spéciale” devra surtout s’atteler à la transformation de la Botola en ligue professionnelle dès septembre 2010.
Fadoua Ghannam


Constitution. L’Istiqlal amnésique
Rappelez-vous du printemps 2008. Campagne préélectorale oblige, les deux partis historiques, USFP et Istiqlal, s’étaient alors lancés dans une surenchère au sujet de la réforme constitutionnelle. Aujourd’hui que les communales sont dans le rétroviseur, que reste-t-il de ce débat ? Pas grand-chose. Le parti de Abbas El Fassi semble même avoir définitivement fait marche arrière. Oublié le mémorandum qu’il était prêt à présenter au roi avec ses alliés de la Koutla après les élections. “Une telle question n’est pas à l’ordre du jour du parti”, affirme un dirigeant de l’Istiqlal. “Nos alliés à la Koutla ne veulent pas admettre notre postulat de départ qui fait le constat d’une crise politique”, réagit un responsable de l’USFP. Le parti socialiste avait effectivement transmis un mémorandum sur la Constitution au cabinet royal, à la veille du scrutin du 12 juin. Sans aucun feed-back, depuis, du Palais. Ce n’est pas la performance électorale de l’USFP aux communales, très décevante, qui risque de changer la donne. Retour donc à la case départ ! Mohammed Boudarham


Mohamed Sebbar. “La torture, encore”
A l'occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, le 25 juin, onze ONG ont annoncé la création d’un Comité marocain contre la torture. Explications de Mohamed Sebbar, président du Forum vérité et justice (FVJ).

Le FVJ fait partie des ONG de droits de l’homme à l’origine de la création du Comité marocain contre la torture. De quoi s’agit-il au juste ?
C’est une entité qui coordonnera l’action de différentes associations (Amnesty Maroc, AMDH, Adala, CMDH, etc.). Car, aujourd’hui, aucune association ne planche spécifiquement sur la question de la torture. A cet effet, un Observatoire de la torture au Maroc devrait voir le jour au mois de décembre 2009.

A quoi servira cet observatoire ?
Il devra produire des rapports annuels sur la torture au Maroc, parce qu’aujourd’hui il est difficile de déterminer l’ampleur du phénomène. L’Observatoire devra aussi accompagner les victimes sur le volet psychologique et juridique.

Quel bilan faites-vous des 10 ans de règne de Mohammed VI au niveau des droits de l’homme ?
Le Maroc de Mohammed VI fait parfois un pas en avant, souvent deux pas en arrière. Moralité, il y a quelques avancées, c’est indéniable, mais pas véritablement de rupture. Dans l’appel que nous avons lancé au roi, nous réclamons aussi que la lumière soit faite sur les exactions du passé. Aujourd’hui, il existe une loi censée punir les tortionnaires, mais pour l’instant, le texte n’est pas appliqué. Il est temps que cela change.
Propos recueillis par Youssef Ziraoui


Cinéma. Hollywood aime Casanegra
Carton plein pour Casanegra et son réalisateur Noureddine Lakhmari. Numéro 1 des entrées en salles au Maroc; primé à deux reprises pour la meilleure réalisation, en Italie et aux Pays-Bas ; 3ème au box office hollandais, après deux films américains ; et actuellement en compétition au festival de Munich, où il a fait salle comble… Le film s'est vu consacrer un article des plus élogieux dans The Hollywood Reporter. Le quotidien californien, bible de l’industrie du cinéma, salue la mise en scène, l’originalité et, surtout, le réalisme du scénario et le jeu des acteurs dans Casanegra. Lakhmari y est même comparé aux célèbres frères Coen… Et ça ne le laisse pas de marbre : “C'est l'occasion de dire au monde entier que le Maroc est moderne, loin des clichés touristiques. Et que Casablanca vaut aussi bien Paris que New York”, nous explique-t-il. Le film sera présenté à l'occasion de 13 festivals à travers le monde. “C’est un début, à nous de continuer de travailler pour espérer mieux”, promet le cinéaste qui monte, qui monte. S.T.


Melilia. Franco, l’indéboulonnable
Voilà des mois qu’on annonce régulièrement sa chute… mais la statue du dictateur espagnol est toujours debout dans le préside.

La Loi “de mémoire historique” adoptée par l’Espagne en 2007 est très claire : tous les symboles du coup d’Etat et de la dictature franquiste doivent disparaître. Pourtant, en se promenant dans la vieille ville de Melilia, les touristes tombent toujours sur la statue du “Caudillo” érigée en 1977. “Les autorités de Melilia ne veulent pas la faire enlever, sous le prétexte que cette statue n’est pas celle du dictateur, mais du militaire qui a lutté contre les rebelles rifains, explique José Alonso, secrétaire général de l’association pour les droits humains. Pourtant, l’acte officiel marquant l’érection de la statue mentionne bien qu’il s’agit du ‘Généralissime’ Franco”. Pour lui, cette résistance passive n’a rien d’étonnant : si le Parti populaire est au pouvoir depuis des années à Melilia, c’est parce qu’il a récupéré le vote des très nombreux franquistes qui y vivent. José Palazon, un défenseur bien connu des droits des étrangers dans l’enclave, va plus loin : “A Melilia, Franco n’est toujours pas mort, dit-il. Cette statue est le symbole d’une mentalité encore bien vivante. Ce n’est pas un hasard si beaucoup de lois espagnoles qui aident à lutter contre les discriminations ne sont pas appliquées ici”. Ces associations attendent toujours la réponse du président de la ville à leur lettre demandant le retrait de la statue… Zoé Deback
 
 
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