N° 380
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Démocratie bien méritée
En lisant l'édito de votre numéro n°379 (“Dégoût”), et particulièrement sa conclusion : “Les Marocains méritent-ils la démocratie ? Personnellement, j’ai de sérieux doutes”, je n’ai pu m'empêcher de constater que c'est exactement ce que recherche le système mis en place. A mon avis, les Marocains et Marocaines méritent mille fois un régime démocratique, à l'instar des grandes démocraties occidentales. De grâce, ne vous trompez pas de cible. La corruption est devenue une institution, et, en laissant faire, le régime fait croire à la majorité silencieuse que la seule voie "salutaire" est le régime actuel.
Yassine Yahya, Rabat

La race marocaine
“Les Marocains méritent-ils la démocratie ?”, écrit Ahmed Réda Benchemsi dans son dernier édito. La réponse est un Non retentissant, irrévocable et affligeant. Les élections communales, avec leurs scénarii rocambolesques, ubuesques et révoltants, l’ont confirmé, si besoin était. Alors, à ceux qui appellent encore au vote, je leur offre ce petit passage de mon dernier roman qui sortira bientôt : “La race marocaine, nous disent les nouveaux sous-fifres du pouvoir, est une belle race, la plus belle de toutes dans le plus beau pays du monde... Mon œil ! Au Maroc, là où tu mets le doigt, sort le pus. Les abcès sont innombrables, des phalanges aux oreilles. L’Etat s’ingénie à épargner le visage. Il réussit tant bien que mal, rendant les abcès moins écœurants et plus supportables à la vue. Mais il y a le soleil ! S’il sèche le pus, il laisse des crevasses…”.
Mokhtar Chaoui, Tanger

Arabisation
Je voudrais revenir sur un commentaire concernant notre système éducatif paru dans votre dernier courrier des lecteurs. Je pense qu'il est inutile aujourd'hui de s'acharner sur ce qui a été fait auparavant. Certes notre système d'éducation nationale est désastreux, en perdition voire perdu, mais ne serait-il pas plus judicieux d'arrêter de le critiquer et au contraire essayer d'œuvrer à ce que les choses aillent mieux. A mon avis, l'arabisation n'est pas la cause de cet échec. Prenons l'exemple des Emirats arabes unis qui ont un système d'éducation entièrement arabisé, sans que cela ne cause le moindre souci. Le problème chez nous, c’est que le processus d'arabisation n'a pas été correctement mis en place. En effet, il aurait été, et il serait aujourd'hui plus judicieux d'arabiser notre enseignement supérieur afin d'harmoniser notre système éducatif, pour que cette politique d'arabisation soit plus cohérente. Car, ne l'oublions pas, l'arabe est notre langue officielle et maternelle.
Fayçal Laraki, Casablanca

A l’abordage
J’écoutais récemment Nabil Ayouch sur la station Atlantic Radio défendre son projet de lutte contre le piratage et je dois dire que notre ami est déconnecté de la réalité. Quand il dit qu’il faut trouver des solutions, et il en trouve à la pelle et tout de suite, afin que les artistes marocains ne crèvent pas la dalle, il dit aussi, et c’est louable, qu’on doit en trouver pour les petits vendeurs de DVD à la sauvette. Par exemple, acheter les droits d’auteur, éditer des DVD originaux qu’on vendrait par exemple à 50 Dirhams pièce (contre 7 à 10 DH piraté), et rappelle que du temps du VHS, le piratage n’existait pas et les Marocains payaient leurs cassettes à 100 DH. Donc, ils achèteraient des DVD à 50 DH. CQFD.
Quels sont les artistes qu’on ruine ? Sait-il seulement que les petits vendeurs (et leurs fournisseurs) vivent surtout de productions étrangères ? Que notre ami Nabil Ayouch comprenne une chose : ce n’est pas le petit peuple qui achète des films piratés, ce sont des gens aisés, et il n’a qu’à faire un tour un dimanche à Derb Ghallef ou à Souika. C’est un peu le même problème partout : celui qui roule en Mercedes 500 CLS paie son carburant au même prix que celui qui roule en 4L, tous deux achètent leur pain à 1,20 DH, et leur DVD au même prix. Comme quoi, la situation est beaucoup plus complexe que la vision de notre cinéaste, malgré toute sa bonne volonté.
Yassine Boukadi, Casablanca

Pavillon bleu ?
Comment peut-on, en 2009, laisser nos plages dans un état franchement catastrophique ? A Aïn Diab, à Casablanca, le panneau “Protéger l'environnement” jouxte… des ordures. Qui dit mieux ? La plage de Bouznika, qui pourtant a eu droit au Pavillon bleu, regorge aussi d'immondices. Nos responsables doivent prendre cela au sérieux sachant qu'une bouteille de plastique a des dizaines d'années de vie et qu'un sac plastique peut être ingurgité par un dauphin qui en périra. A bon entendeur.
Annick Sebti, Casablanca

 
 
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