N° 380
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

PORTFOLIO. Souira l'gnaouia
LITTÉRATURE. Un Marocain dans le cosmos
LE MAG CULTURE



Par Hicham Oulmouddane

LITTÉRATURE. Un Marocain dans le cosmos
Mohammed Bennani,
écrivain et chirurgien. (DR)

Avec L’Arc (Ed. Velours), Mohammed Suerte Bennani livre son premier roman de science-fiction. A découvrir.


Mehdi Bennix, Marocain de Derb El Kabir à Casablanca, est le premier arabe à embarquer dans une navette spatiale. Tel est le pitch de L’Arc, fiction signée Mohammed Suerte Bennani, chirurgien à Casablanca et romancier de science-fiction (ou plutôt de “science et fiction”, comme le précise l’auteur pour marquer son penchant pour la science) à ses heures perdues. Nous sommes en 2013, le monde a quelque peu
évolué : le président des Etats-Unis est une femme, l’Iran s’est débarrassé des mollahs suite à une révolution estudiantine, l’islam modéré est vainqueur dans tous les pays arabes, des scientifiques de la Nasa découvrent une planète viable baptisée NW55. Voilà pour le décor.
Sur ce, la Nasa décide d’y envoyer un équipage composé de 5 astronautes et 13 passagers venus du monde entier, après avoir été triés sur le volet. Mehdi Bennix, notre heureux élu national, use alors de son génie informatique made in Derb Ghallef pour cracker le système électronique de triage et réussit à intégrer la dream team comme représentant de l’Afrique. Il y sème un peu la pagaille, mais à sa manière, toute marocaine.
Entre Tintin, Jules Verne et même le Loft, L’Arc s’attaque aux excès de notre époque : l’extrémisme religieux, le sida, la drogue, la course à l’armement, etc. “Abstraction faite du côté Star Wars du livre, j’ai voulu construire des personnages qui résument la condition humaine”, affirme Mohammed Suerte Bennani, qui livre son premier roman dans la pure tradition de la science-fiction.

Médecin et touche-à-tout
A priori le parcours de ce Rbati de naissance, fils de médecin, est d’un classicisme déconcertant : lycée Descartes, études de médecine à Bruxelles et Paris, et même service militaire. Maintenant, à côté de l’exercice de la chirurgie, l’homme au bistouri ressent le besoin de cultiver d’autres facettes de sa personnalité. Pour commencer, il s’installe à Casablanca. “C’est là où ça se passe”, affirme-t-il avec passion. Puis Bennani voyage beaucoup, gratte un peu la guitare, s’intéresse au cinéma, et réussit même à décrocher un petit rôle de figurant (médecin, évidemment) aux côtés de Brad Pitt dans Babel (2006), le blockbuster dont une partie a été tournée au maroc. Mais Bennani ne s’arrête pas là. En 2005, il se met au travail pour réaliser un projet qu’il nourrit depuis l’âge de 25 ans. “Le cinéma, la musique, l’art de façon générale nourrit mon imaginaire, c’est ce que j’essaie de restituer dans la création de mes personnages”, confie-t-il.
En 2007, le livre est fin prêt, commence alors le marathon avec les éditeurs. “Je ne voulais pas contacter une maison d’édition de la place, par crainte que mon projet ne soit mort-né”, souligne Bennani, non sans une pointe d’exagération, indiquant que l’industrie de l’édition au Maroc est encore frileuse. Avant que les éditions Velours retiennent son projet, Bennani envoie son manuscrit à une quarantaine de maisons d’éditions en France, sous le nom Mohamed Bennani, estampillé Suerte (souirti, en darija), qui veut dire chance. “C’est mon thème de prédilection”, explique-t-il. Et de conclure : “La chance, c’est l’arc tendu qui a envoyé Mehdi Bennix dans l’espace, comme une flèche, et qui lui a fait dépasser sa fragilité et sa précarité”.

 
 
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