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Par Hicham Oulmouddane
LITTÉRATURE. Un Marocain dans le cosmos
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Mohammed Bennani,
écrivain et chirurgien. (DR)
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Avec LArc (Ed. Velours), Mohammed Suerte Bennani livre son premier roman de science-fiction. A découvrir.
Mehdi Bennix, Marocain de Derb El Kabir à Casablanca, est le premier arabe à embarquer dans une navette spatiale. Tel est le pitch de LArc, fiction signée Mohammed Suerte Bennani, chirurgien à Casablanca et romancier de science-fiction (ou plutôt de science et fiction, comme le précise lauteur pour marquer son penchant pour la science) à ses heures perdues. Nous sommes en 2013, le monde a quelque peu |
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évolué : le président des Etats-Unis est une femme, lIran sest débarrassé des mollahs suite à une révolution estudiantine, lislam modéré est vainqueur dans tous les pays arabes, des scientifiques de la Nasa découvrent une planète viable baptisée NW55. Voilà pour le décor.
Sur ce, la Nasa décide dy envoyer un équipage composé de 5 astronautes et 13 passagers venus du monde entier, après avoir été triés sur le volet. Mehdi Bennix, notre heureux élu national, use alors de son génie informatique made in Derb Ghallef pour cracker le système électronique de triage et réussit à intégrer la dream team comme représentant de lAfrique. Il y sème un peu la pagaille, mais à sa manière, toute marocaine.
Entre Tintin, Jules Verne et même le Loft, LArc sattaque aux excès de notre époque : lextrémisme religieux, le sida, la drogue, la course à larmement, etc. Abstraction faite du côté Star Wars du livre, jai voulu construire des personnages qui résument la condition humaine, affirme Mohammed Suerte Bennani, qui livre son premier roman dans la pure tradition de la science-fiction.
Médecin et touche-à-tout
A priori le parcours de ce Rbati de naissance, fils de médecin, est dun classicisme déconcertant : lycée Descartes, études de médecine à Bruxelles et Paris, et même service militaire. Maintenant, à côté de lexercice de la chirurgie, lhomme au bistouri ressent le besoin de cultiver dautres facettes de sa personnalité. Pour commencer, il sinstalle à Casablanca. Cest là où ça se passe, affirme-t-il avec passion. Puis Bennani voyage beaucoup, gratte un peu la guitare, sintéresse au cinéma, et réussit même à décrocher un petit rôle de figurant (médecin, évidemment) aux côtés de Brad Pitt dans Babel (2006), le blockbuster dont une partie a été tournée au maroc. Mais Bennani ne sarrête pas là. En 2005, il se met au travail pour réaliser un projet quil nourrit depuis lâge de 25 ans. Le cinéma, la musique, lart de façon générale nourrit mon imaginaire, cest ce que jessaie de restituer dans la création de mes personnages, confie-t-il.
En 2007, le livre est fin prêt, commence alors le marathon avec les éditeurs. Je ne voulais pas contacter une maison dédition de la place, par crainte que mon projet ne soit mort-né, souligne Bennani, non sans une pointe dexagération, indiquant que lindustrie de lédition au Maroc est encore frileuse. Avant que les éditions Velours retiennent son projet, Bennani envoie son manuscrit à une quarantaine de maisons déditions en France, sous le nom Mohamed Bennani, estampillé Suerte (souirti, en darija), qui veut dire chance. Cest mon thème de prédilection, explique-t-il. Et de conclure : La chance, cest larc tendu qui a envoyé Mehdi Bennix dans lespace, comme une flèche, et qui lui a fait dépasser sa fragilité et sa précarité. |
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