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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
FOOT. Lemerre, the end
La Fédération royale marocaine de football a prématurément mis fin au contrat la liant au sélectionneur des Lions de lAtlas. Pourquoi ce limogeage, combien nous a-t-il coûté et qui va prendre la relève ? Eclairage.
Lundi 6 juillet, fin de matinée. Une énième rumeur annonçant le limogeage de Roger Lemerre se répand partout comme une traînée de poudre. Alors que tout le monde attend une éventuelle confirmation ou infirmation de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le très |
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officiel Matin du Sahara et du Maghreb prend tout le monde de court en publiant en Une de son édition du soir, un article au titre explicite : Bye bye Roger Lemerre. Sur un ton affirmatif, le quotidien francophone affirme que la FRMF a mis fin au contrat du coach français suite aux mauvais résultats enregistrés par léquipe nationale lors des éliminatoires combinées du Mondial et de la CAN 2010. Dans la foulée, la chaîne sportive Arryadia bouleverse sa programmation et relaye immédiatement linformation, sur un bandeau en bas de lécran, avant de lui consacrer quelques heures plus tard une émission spéciale. Nous avons, bien sûr, recoupé linformation auprès dune source bien informée au sein de la FRMF, explique ce journaliste dArryadia. Jeudi, la Fédération sort enfin de son mutisme. Juste après une réunion extraordinaire de son bureau fédéral, linstance dirigée par le nouveau patron du football marocain, Ali Fassi Fihri, confirme que Roger Lemerre a bel et bien été remercié. Tout comme son adjoint marocain, Fethi Jamal.
Lâché par ses propres joueurs
Le limogeage de Roger Lemerre nest pas vraiment une surprise. Le bilan catastrophique du sélectionneur, depuis sa nomination à la tête des Lions de lAtlas en juillet 2008, jouait clairement en sa défaveur. En trois rencontres officielles, comptant pour les éliminatoires combinées du Mondial et de la CAN 2010, le Maroc na enregistré aucune victoire, se contentant à ce stade de la compétition de deux matchs nuls devant le Cameroun (0-0) et le Togo (0-0), et une défaite surprenante à domicile face au Gabon (1-2). Des résultats désastreux qui compromettent (très) sérieusement les chances de la sélection marocaine de décrocher son ticket pour les deux tournois. Autre grief fait à lancien sélectionneur des Tricolores et des Aigles de Carthage : son impopularité. Dabord auprès du public qui réclamait sa tête à chaque sortie de léquipe nationale. Ensuite, auprès des médias avec lesquels les relations ont été franchement exécrables. Enfin, et surtout, auprès des joueurs eux-mêmes, qui auraient dans leur écrasante majorité menacé de boycotter la sélection nationale au cas où il serait maintenu à son poste.
Mais, en fin de compte, Roger Lemerre est-il lunique responsable de léchec de léquipe nationale ? Bien sûr quil assume à lui seul une grande part de responsabilité, répond, catégorique, ce membre fédéral. Avant de poursuivre : Alors quil avait tous les moyens à sa disposition, Lemerre na jamais réussi à mettre sur pied une équipe compétitive. Comment voulait-il réussir en convoquant des joueurs qui ne le méritaient pas, quil avait des problèmes avec certains internationaux, en gérant mal son vestiaire, en optant pour des choix tactiques défaillants, etc. Un avis que ne partage pas le vétéran de la presse sportive et de lOpinion, Najib Salmi. Tout ce qui est arrivé était prévisible. Roger Lemerre ny est pour rien. Si le football marocain va mal, ce nest pas à cause de lui, mais de lensemble dun système irrémédiablement voué à léchec.
Rupture à lamiable
Cétait rude, mais nous avons pu nous arranger avec lui à lamiable, reconnaît un membre fédéral qui a participé aux négociations avec Roger Lemerre, entamées le 27 juin, soit une semaine après le 0-0 concédé à domicile contre le Togo. Une semaine, donc, durant laquelle le staff de Ali Fassi Fihri a passé au peigne fin les modalités du contrat liant la Fédération au sélectionneur des Lions de lAtlas, à la recherche de failles éventuelles. En vain. Le contrat négocié un an plus tôt par Roger Lemerre est en béton. En cas de rupture, la FRMF doit lui verser la coquette somme de 1,7 million deuros (20 millions de dirhams).
Ali Fassi Fihri, qui conduit les négociations côté marocain, invite alors Lemerre à trouver un arrangement à lamiable. Chaque jour, au siège de la Fédération, les réunions entre les deux parties sétalent sur plusieurs heures. Avec un Lemerre plutôt inflexible. Il navait jamais imaginé que son séjour au Maroc allait être aussi court. Il avait pris toutes ses dispositions pour vivre au moins quatre ans ici, où il a scolarisé ses enfants en bas âge, confie notre source.
Samedi 4 juillet, au bout dâpres négociations, les deux parties parviennent enfin à un accord, en présence de lavocat parisien de Roger Lemerre, arrivé la veille en renfort. Coût du divorce ? Les versions divergent. On a fait la meilleure affaire possible, se targue une source au sein de la FRMF, qui avance la somme de 429 000 euros (près de 4,5 millions de dirhams). Il a touché au moins le double, croit savoir, pour sa part, une autre source dans lHexagone, qui connaît parfaitement le coach français. Et de poursuivre : Roger Lemerre est quelquun de dur, qui ne renonce jamais à rien. Je le vois très mal abandonner ses droits, surtout dans un cas pareil.
Et maintenant ?
Qui succèdera donc à Roger Lemerre ? Contrairement aux rumeurs, le choix du nouveau coach des Lions de lAtlas nest pas encore arrêté. La FRMF vient à peine de mettre sur pied une commission pour étudier la question. Nous allons définir le profil idéal du futur sélectionneur et étudier les candidatures qui nous sont déjà parvenues, explique ce membre fédéral. Et le verdict ? Dans les deux ou trois semaines à venir.
Deux choix soffrent à la Fédération. Elle peut opter pour un pompier, un sélectionneur local ou un étranger qui connaît bien le football marocain, dont la mission sera de poursuivre les éliminatoires du Mondial et de la CAN 2010. Et que lon pourrait prolonger sil réussit à nous qualifier, précise notre source. Mais la Fédération peut aussi faire le choix du long terme en nommant un coach de calibre international, sans obligation de résultats immédiats, avec la mission de bâtir une équipe pour lavenir. Une chose est sûre, nous allons être beaucoup plus exigeants que par le passé. prévient notre interlocuteur. |
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Succession. Un poste, trois prétendants
Baddou Zaki. Le favori
Considéré comme lhomme de la situation par le public (et une partie des médias), lancien sélectionneur, qui a réussi une bonne CAN 2004, est le plus proche de succéder à Roger Lemerre, même sil vient de reconduire dune année son contrat avec le Wydad de Casablanca. Le président des rouge et blanc, Abdelilah Akram, a récemment déclaré quil ne voyait aucun inconvénient à le libérer sil était amené à prendre en main les Lions de lAtlas.
José Romao Loutsider
Fin technicien, et très populaire, le coach portugais na plus rien à prouver au niveau national. Il est le premier entraîneur à gagner le titre de champion avec les deux grands clubs du royaume : le Wydad (2006), et le Raja (2009). Un hic quand même, José Romao se serait déjà engagé avec un club émirati.
Philippe Troussier Le revenant
Cest sans aucun doute lentraîneur étranger qui connaît le mieux le Maroc et son football. Marié et père adoptif dune petite fille marocaine, Philippe Troussier, qui a gardé une maison à Rabat, a déjà coaché le Crédit agricole (1995-96), puis le FUS (1996-97), avant de prendre en charge les Lions de lAtlas, mais pour deux mois seulement, en 2005. Entraîneur aux compétences reconnues et au fort vécu international, celui quon surnomme le sorcier blanc a les moyens de remettre sur pied léquipe nationale marocaine. |
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