N° 381
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

REMANIEMENT. C’est dans l’air
FOOT. Lemerre, the end
GRIPPE A. Les millions du Tamiflu
DROITS HUMAINS. Maroc, voie sans issue
MAROC-ALGÉRIE. A la frontière de l’irréel
L'ACTU MAROC




Aboubakr Jamaï. “Je suis chroniqueur”
Aboubakr Jamaï (AFP)

De retour des Etats-Unis où il enseignait, l’ancien directeur de publication du Journal Hebdomadaire revient à ses premières amours. Le journalisme.


Après deux ans d’absence, pourquoi revenir au Journal Hebdomadaire ?
Je vais y tenir une chronique, je participe aussi aux réunions avec les journalistes. Mais je n’aurai aucun titre officiel au sein de la rédaction. Condamné à une amende impossible à payer, j’ai démissionné pour
sauver Le Journal de la saisie. Aujourd’hui, je ne peux pas redevenir directeur de la publication, car j’exposerais l’hebdomadaire à des poursuites judiciaires.

Une chronique ? ça ne serait pas un édito qui ne porte pas son nom ?
L’éditorial doit tenir compte du contenu du journal et donner la position de la rédaction. Ce ne sera pas le cas dans ma chronique. Certes, je commenterai l’actualité, mais avec une marge de manœuvre plus large que ne l’autorise le genre. Ce sera ma vision personnelle et elle n’engagera que moi. Qui plus est, en cas de position forte du Journal, elle apparaîtra dans l’édito, mais pas dans ma chronique.

Justement, quelle est votre vision personnelle des amendes exorbitantes qui se sont abattues sur la presse ?
Nous sommes face à un pouvoir qui ne tolère pas l’élargissement de l’espace public, ni de coexister avec des médias indépendants. Pour lui, une amende exorbitante est la meilleure arme pour asphyxier économiquement la presse. Cette épée de Damoclès continuera à peser sur les journalistes tant que la justice ne sera pas indépendante.
Propos recueillis par Hassan Hamdani


Oujda. La défaite islamiste
Enfin un maire pour Oujda. Après une rude bataille entre le PJD et le PAM, la capitale de l’Oriental est tombée entre les mains de l’Istiqlal. C’est Omar Hejira, frère du ministre de l’Habitat, qui est finalement porté président du conseil de la ville. Ce pharmacien de profession (élu à la tête d’une liste qui a remporté 13 sièges) a profité d’une alliance de son parti avec le PAM et le MP pour obtenir 36 voix à l’issue du vote qui s’est tenu le 3 juillet, après deux reports. Son challenger du PJD, Abdellah El Hamel, n’a pu obtenir que 6 voix, en plus des 21 qui lui étaient déjà acquises à l’issue du scrutin. La mobilisation des cadors du parti islamiste qui ont fait le déplacement jusqu’à Oujda n’aura donc servi à rien. Mostafa Ramid et Saâd Eddine El Othmani n’ont pu que constater la défaite et goûter à l’ambiance électorale locale : ils ont fait les frais des incidents qui ont marqué cette élection à l’issue de laquelle Noureddine Boubker, conseiller islamiste de la ville, a été admis en salle de réanimation pour traumatisme crânien. Une vraie bataille, on vous disait… Mohammed Boudarham


Fait divers. Meurtres en famille
Dans la nuit du dimanche 5 juillet, les contrôleurs des trains reliant Fès à Casablanca et Casablanca à Marrakech ont fait une sordide découverte. Les fonctionnaires de l'Office national des chemins de fer (ONCF) ont retrouvé, dans des valises, des corps en morceaux, appartenant à un homme et une femme. Lundi 6 juillet, d'autres bouts de cadavres sont retrouvés à Meknès, devant plusieurs hammams de la cité ismailienne. Quelques jours plus tard, l'enquête de la police scientifique apporte ses premières conclusions. Ce sont bien un frère et une sœur, originaires de Meknès, qui ont été découpés en morceaux. A l’origine, il s'agirait d'un fratricide, au mobile encore inconnu : le frère, âgé de 31 ans, aurait tué sa sœur de 27 ans, avant d'être lui-même assassiné par sa propre mère, témoin du premier massacre. La mère aurait été assistée par un autre de ses fils pour dépecer les corps et se débarrasser des cadavres. Mehdi Sekkouri Alaoui


Diplomatie. Lettres d’Amérique…
En attendant une rencontre au sommet, le roi et le nouveau président des Etats-Unis multiplient les échanges de courrier officiel. Lecture entre les lignes.

Mohammed VI et Barack Obama s’aiment bien, s’échangent beaucoup de lettres depuis l’élection du président américain. Mais ils ne parlent pas forcément de tout ni des mêmes choses. Dans une récente missive, Barack Obama a demandé au souverain de contribuer à la résolution du conflit israélo-arabe. Selon le président américain, Mohammed VI peut, en sa qualité de président du Comité Al Qods, “contribuer à ce que ses membres agissent de manière constructive en vue de la réalisation de nos objectifs communs”. Un clin d’œil à peine déguisé d’Obama au rôle joué dans le passé par Hassan II. Cette partie du message du président américain a été reçue 5/5 par Mohammed VI qui, dans sa réponse, abonde dans le même sens. Par contre, le reste du courrier d’Obama est resté lettre morte pour le souverain. L’occupant du bureau ovale y évoque le conflit au Sahara, approuvant les “négociations menées sous les auspices des Nations Unies”. Rien de révolutionnaire en somme, Obama s’en tenant à la langue de bois officielle. Mais dans sa réponse, Mohammed VI a tout de même préféré s’abstenir de tout commentaire sur la question. Même pas un petit mot gentil et sans conséquence. Serait-ce la politique du wait and see ? Hassan Hamdani


Think tank. Rapport anti-crise
L’Institut royal d’études stratégiques (IRES) n’avait jusqu’à présent pas beaucoup fait parler de lui. Ce think tank, créé il y a un an et demi et adossé au cabinet royal, préfère apparemment travailler en toute discrétion. Le dernier rapport élaboré par ses soins tranche pourtant avec cette approche. Dans ce document intitulé “Le Maroc face à la crise financière et économique mondiale, enjeux et orientations de politiques publiques”, l’organisme dirigé par le polytechnicien Tawfik Mouline fait une analyse exhaustive de la situation économique du pays, en dressant l’inventaire des mesures déjà mises en œuvre (cellule de veille stratégique, dispositif de monitoring) dans les domaines déjà touchés et en livrant ses recommandations pour une meilleure gestion de la crise, dont l’impact ne se serait pas encore fait sentir. Si le rapport de l’IRES relève ainsi, qu’en 2009, les effets de la crise seront atténués par les résultats de la campagne agricole et la bonne tenue de la demande intérieure, il souligne néanmoins que le taux de la croissance non agricole baissera de manière significative (estimé à 3% au lieu de 5% en moyenne pour la période 2004-2008). Souleiman Bencheikh


Communales. Décompte audiovisuel
“Les règles de pluralisme ont été globalement respectées par les médias audiovisuels publics”. C’est en ces termes que la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle) a évalué l’accès des partis politiques aux médias publics durant la dernière campagne électorale. En tout, les chaînes et radios du pôle public ont consacré 21 émissions à ce rendez-vous électoral, offrant aux Marocains près de 59 heures de débats politiques. Les radios privées, également suivies par la HACA, ont été plus actives en diffusant 75 heures de programmes dédiés aux communales. Elles ont même été saluées par le gendarme des médias pour leur “encouragement à la participation aux élections”. Mais la HACA ne distribue pas que des bons points. Durant la dernière campagne électorale, les sages ont été saisis à trois reprises. Deux plaintes ont été prises en compte et une seule, émanant du PAM, a fait l’objet d’un avertissement destiné à la SNRT et 2M.
Fadoua Ghannam


low-cost. L’arnaque Rifjet
Le patron de la compagnie aérienne RifJet a mis la clé sous la porte… et la main à la caisse. Les Rifains avaient salué, en mars dernier, l’arrivée de cette compagnie low-cost basée à Malaga, qui reliait Nador à Barcelone, Girona et même Palma de Majorque. Mais le 27 juin, les voyageurs espérant rentrer au pays ont découvert que leurs vols étaient annulés, ainsi que les 40 vols suivants (dont les places ont déjà été vendues). L’arnaque affecte environ 1500 personnes. Le 8 juillet, le quotidien El Pais a révélé que Hakim Moullal, le propriétaire de RifJet, s’était enfui avec l’argent de la compagnie au lieu de payer la location des avions. Il est pointé du doigt par Hossein Mourabiti, le directeur d’agence de Salt (près de Girona). “Je ne suis qu’un employé, je n’ai pas de quoi rembourser les voyageurs, a-t-il déclaré au journal. Mais c’est vraiment dommage : la compagnie commençait à bien marcher”. Déjà, au début de l’été 2007, près de 4000 Marocains avaient été arnaqués par un tour-operator allemand, qui assurait lui aussi des vols entre le Rif et l’Espagne. Zoé Deback
 
 
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