De retour des Etats-Unis où il enseignait, lancien directeur de publication du Journal Hebdomadaire revient à ses premières amours. Le journalisme.
Après deux ans dabsence, pourquoi revenir au Journal Hebdomadaire ? Je vais y tenir une chronique, je participe aussi aux réunions avec les journalistes. Mais je naurai aucun titre officiel au sein de la rédaction. Condamné à une amende impossible à payer, jai démissionné pour
sauver Le Journal de la saisie. Aujourdhui, je ne peux pas redevenir directeur de la publication, car jexposerais lhebdomadaire à des poursuites judiciaires.
Une chronique ? ça ne serait pas un édito qui ne porte pas son nom ? Léditorial doit tenir compte du contenu du journal et donner la position de la rédaction. Ce ne sera pas le cas dans ma chronique. Certes, je commenterai lactualité, mais avec une marge de manuvre plus large que ne lautorise le genre. Ce sera ma vision personnelle et elle nengagera que moi. Qui plus est, en cas de position forte du Journal, elle apparaîtra dans lédito, mais pas dans ma chronique.
Justement, quelle est votre vision personnelle des amendes exorbitantes qui se sont abattues sur la presse ? Nous sommes face à un pouvoir qui ne tolère pas lélargissement de lespace public, ni de coexister avec des médias indépendants. Pour lui, une amende exorbitante est la meilleure arme pour asphyxier économiquement la presse. Cette épée de Damoclès continuera à peser sur les journalistes tant que la justice ne sera pas indépendante.
Propos recueillis par Hassan Hamdani
Oujda. La défaite islamiste Enfin un maire pour Oujda. Après une rude bataille entre le PJD et le PAM, la capitale de lOriental est tombée entre les mains de lIstiqlal. Cest Omar Hejira, frère du ministre de lHabitat, qui est finalement porté président du conseil de la ville. Ce pharmacien de profession (élu à la tête dune liste qui a remporté 13 sièges) a profité dune alliance de son parti avec le PAM et le MP pour obtenir 36 voix à lissue du vote qui sest tenu le 3 juillet, après deux reports. Son challenger du PJD, Abdellah El Hamel, na pu obtenir que 6 voix, en plus des 21 qui lui étaient déjà acquises à lissue du scrutin. La mobilisation des cadors du parti islamiste qui ont fait le déplacement jusquà Oujda naura donc servi à rien. Mostafa Ramid et Saâd Eddine El Othmani nont pu que constater la défaite et goûter à lambiance électorale locale : ils ont fait les frais des incidents qui ont marqué cette élection à lissue de laquelle Noureddine Boubker, conseiller islamiste de la ville, a été admis en salle de réanimation pour traumatisme crânien. Une vraie bataille, on vous disait Mohammed Boudarham
Fait divers. Meurtres en famille Dans la nuit du dimanche 5 juillet, les contrôleurs des trains reliant Fès à Casablanca et Casablanca à Marrakech ont fait une sordide découverte. Les fonctionnaires de l'Office national des chemins de fer (ONCF) ont retrouvé, dans des valises, des corps en morceaux, appartenant à un homme et une femme. Lundi 6 juillet, d'autres bouts de cadavres sont retrouvés à Meknès, devant plusieurs hammams de la cité ismailienne. Quelques jours plus tard, l'enquête de la police scientifique apporte ses premières conclusions. Ce sont bien un frère et une sur, originaires de Meknès, qui ont été découpés en morceaux. A lorigine, il s'agirait d'un fratricide, au mobile encore inconnu : le frère, âgé de 31 ans, aurait tué sa sur de 27 ans, avant d'être lui-même assassiné par sa propre mère, témoin du premier massacre. La mère aurait été assistée par un autre de ses fils pour dépecer les corps et se débarrasser des cadavres. Mehdi Sekkouri Alaoui
Diplomatie. Lettres dAmérique En attendant une rencontre au sommet, le roi et le nouveau président des Etats-Unis multiplient les échanges de courrier officiel. Lecture entre les lignes.
Mohammed VI et Barack Obama saiment bien, séchangent beaucoup de lettres depuis lélection du président américain. Mais ils ne parlent pas forcément de tout ni des mêmes choses. Dans une récente missive, Barack Obama a demandé au souverain de contribuer à la résolution du conflit israélo-arabe. Selon le président américain, Mohammed VI peut, en sa qualité de président du Comité Al Qods, contribuer à ce que ses membres agissent de manière constructive en vue de la réalisation de nos objectifs communs. Un clin dil à peine déguisé dObama au rôle joué dans le passé par Hassan II. Cette partie du message du président américain a été reçue 5/5 par Mohammed VI qui, dans sa réponse, abonde dans le même sens. Par contre, le reste du courrier dObama est resté lettre morte pour le souverain. Loccupant du bureau ovale y évoque le conflit au Sahara, approuvant les négociations menées sous les auspices des Nations Unies. Rien de révolutionnaire en somme, Obama sen tenant à la langue de bois officielle. Mais dans sa réponse, Mohammed VI a tout de même préféré sabstenir de tout commentaire sur la question. Même pas un petit mot gentil et sans conséquence. Serait-ce la politique du wait and see ? Hassan Hamdani
Think tank. Rapport anti-crise LInstitut royal détudes stratégiques (IRES) navait jusquà présent pas beaucoup fait parler de lui. Ce think tank, créé il y a un an et demi et adossé au cabinet royal, préfère apparemment travailler en toute discrétion. Le dernier rapport élaboré par ses soins tranche pourtant avec cette approche. Dans ce document intitulé Le Maroc face à la crise financière et économique mondiale, enjeux et orientations de politiques publiques, lorganisme dirigé par le polytechnicien Tawfik Mouline fait une analyse exhaustive de la situation économique du pays, en dressant linventaire des mesures déjà mises en uvre (cellule de veille stratégique, dispositif de monitoring) dans les domaines déjà touchés et en livrant ses recommandations pour une meilleure gestion de la crise, dont limpact ne se serait pas encore fait sentir. Si le rapport de lIRES relève ainsi, quen 2009, les effets de la crise seront atténués par les résultats de la campagne agricole et la bonne tenue de la demande intérieure, il souligne néanmoins que le taux de la croissance non agricole baissera de manière significative (estimé à 3% au lieu de 5% en moyenne pour la période 2004-2008). Souleiman Bencheikh
Communales. Décompte audiovisuel Les règles de pluralisme ont été globalement respectées par les médias audiovisuels publics. Cest en ces termes que la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle) a évalué laccès des partis politiques aux médias publics durant la dernière campagne électorale. En tout, les chaînes et radios du pôle public ont consacré 21 émissions à ce rendez-vous électoral, offrant aux Marocains près de 59 heures de débats politiques. Les radios privées, également suivies par la HACA, ont été plus actives en diffusant 75 heures de programmes dédiés aux communales. Elles ont même été saluées par le gendarme des médias pour leur encouragement à la participation aux élections. Mais la HACA ne distribue pas que des bons points. Durant la dernière campagne électorale, les sages ont été saisis à trois reprises. Deux plaintes ont été prises en compte et une seule, émanant du PAM, a fait lobjet dun avertissement destiné à la SNRT et 2M. Fadoua Ghannam
low-cost. Larnaque Rifjet Le patron de la compagnie aérienne RifJet a mis la clé sous la porte et la main à la caisse. Les Rifains avaient salué, en mars dernier, larrivée de cette compagnie low-cost basée à Malaga, qui reliait Nador à Barcelone, Girona et même Palma de Majorque. Mais le 27 juin, les voyageurs espérant rentrer au pays ont découvert que leurs vols étaient annulés, ainsi que les 40 vols suivants (dont les places ont déjà été vendues). Larnaque affecte environ 1500 personnes. Le 8 juillet, le quotidien El Pais a révélé que Hakim Moullal, le propriétaire de RifJet, sétait enfui avec largent de la compagnie au lieu de payer la location des avions. Il est pointé du doigt par Hossein Mourabiti, le directeur dagence de Salt (près de Girona). Je ne suis quun employé, je nai pas de quoi rembourser les voyageurs, a-t-il déclaré au journal. Mais cest vraiment dommage : la compagnie commençait à bien marcher. Déjà, au début de lété 2007, près de 4000 Marocains avaient été arnaqués par un tour-operator allemand, qui assurait lui aussi des vols entre le Rif et lEspagne. Zoé Deback