N° 381
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

DIPLOMATIE. Obama chez les Russes
L'ACTU MONDE



Par Samir Achehbar

DIPLOMATIE. Obama chez les Russes
(AFP)

La première visite à Moscou du président démocrate a réactivé les relations russo-américaines, en rupture avec l’ère Bush-Poutine.


La tâche était énorme. Barack Obama, arrivé en début de semaine à Moscou, devait remettre un peu d’ordre dans tout le fatras, plutôt politique qu’économique, des relations entre la Russie et les Etats-Unis. Dans la continuité de son discours du 4 juin au Caire, où il a tendu la main de l’Amérique au monde musulman, le président américain a
déclaré vouloir troquer les pages sombres du passé contre des relations bilatérales plus saines. Car, entre les deux pays, c’est l’histoire d’un amour impossible, écrite par les dirigeants “historiques” des deux côtés, de Staline et Roosevelt, à Bush et Poutine, faite de tension, guerre froide, course à l’armement, et même menace nucléaire.
“Nous voulons d’une Russie forte, pacifique et prospère”, a clamé Obama devant les étudiants de l’Ecole économique de Moscou. La requête n’est pas innocente. Une Russie forte, proche et surtout en bons termes avec les Etats-Unis (qui se battent sur plusieurs fronts), pourrait ajouter sa pierre à l’édifice et contribuer à la paix mondiale, au lieu de continuer à tirer les ficelles de certains conflits, comme l’en accusait ouvertement l’administration Bush.
Premier pas de cette amélioration des relations bilatérales, les deux pays ont prolongé, sans difficulté, les accords Start, qui arrivent à échéance en décembre 2009, sur la réduction des armements nucléaires et stratégiques. Un accord qui conforte la Russie dans son statut de superpuissance avec qui il faut compter. “La Russie doit occuper son rang de superpuissance”, a déclaré Obama, pour que tous les défis auxquels est confrontée la communauté internationale soient relevés, du programme nucléaire iranien au dossier nord-coréen, en passant par l’Irak et surtout le terrorisme. Pour le président américain, cette vision de complémentarité entre la Russie et les Etats-Unis doit remplacer celle d’un monde bipolaire où chacun a sa place, sa sphère d’influence, “car l’époque est révolue où des empires pouvaient manipuler des Etats souverains”. Autre accord entre Washington et Moscou : soldats et armes américains pourront transiter par la Russie vers le territoire afghan. Mais c’est à peu près tout.

Géorgie, Iran, etc.
Attendu sur plusieurs dossiers, Obama ne pouvait pas tout évoquer sans heurter la sensibilité de ses hôtes : le président Dimitri Medvedev et, surtout, plus intransigeant que jamais, Vladimir Poutine, aujourd’hui Premier ministre nostalgique de la puissance de la défunte URSS. Le président américain n’a pourtant pas reculé d’un pouce sur deux dossiers brûlants d’actualité : la Géorgie et l’Iran. Obama a soutenu, indirectement, l’intégration de l’Ukraine et la Géorgie à l’Otan, estimant que “tous les pays doivent avoir des frontières sûres et décider de leur politique étrangère”. Il a également défendu le bouclier antimissiles, que les Etats-Unis comptent installer en République Tchèque et en Pologne, pour “contrer les missiles iraniens”, selon l’administration américaine, mais que la Russie considère comme une menace directe pour sa sécurité. “Si la menace du programme nucléaire iranien disparaît, le bouclier antimissiles n’a plus raison d’être”, a rassuré Obama, tout en souhaitant que la Russie fasse pression sur l’Iran pour que ce programme soit arrêté.
Mis à part les sourires officiels affichés lors de cette visite, et les déclarations de bonne intention, des divergences de taille demeurent donc. Pour le grand bonheur des nostalgiques de la guerre froide.

 
 
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