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Par Samir Achehbar
DIPLOMATIE. Obama chez les Russes
La première visite à Moscou du président démocrate a réactivé les relations russo-américaines, en rupture avec lère Bush-Poutine.
La tâche était énorme. Barack Obama, arrivé en début de semaine à Moscou, devait remettre un peu dordre dans tout le fatras, plutôt politique quéconomique, des relations entre la Russie et les Etats-Unis. Dans la continuité de son discours du 4 juin au Caire, où il a tendu la main de lAmérique au monde musulman, le président américain a |
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déclaré vouloir troquer les pages sombres du passé contre des relations bilatérales plus saines. Car, entre les deux pays, cest lhistoire dun amour impossible, écrite par les dirigeants historiques des deux côtés, de Staline et Roosevelt, à Bush et Poutine, faite de tension, guerre froide, course à larmement, et même menace nucléaire.
Nous voulons dune Russie forte, pacifique et prospère, a clamé Obama devant les étudiants de lEcole économique de Moscou. La requête nest pas innocente. Une Russie forte, proche et surtout en bons termes avec les Etats-Unis (qui se battent sur plusieurs fronts), pourrait ajouter sa pierre à lédifice et contribuer à la paix mondiale, au lieu de continuer à tirer les ficelles de certains conflits, comme len accusait ouvertement ladministration Bush.
Premier pas de cette amélioration des relations bilatérales, les deux pays ont prolongé, sans difficulté, les accords Start, qui arrivent à échéance en décembre 2009, sur la réduction des armements nucléaires et stratégiques. Un accord qui conforte la Russie dans son statut de superpuissance avec qui il faut compter. La Russie doit occuper son rang de superpuissance, a déclaré Obama, pour que tous les défis auxquels est confrontée la communauté internationale soient relevés, du programme nucléaire iranien au dossier nord-coréen, en passant par lIrak et surtout le terrorisme. Pour le président américain, cette vision de complémentarité entre la Russie et les Etats-Unis doit remplacer celle dun monde bipolaire où chacun a sa place, sa sphère dinfluence, car lépoque est révolue où des empires pouvaient manipuler des Etats souverains. Autre accord entre Washington et Moscou : soldats et armes américains pourront transiter par la Russie vers le territoire afghan. Mais cest à peu près tout.
Géorgie, Iran, etc.
Attendu sur plusieurs dossiers, Obama ne pouvait pas tout évoquer sans heurter la sensibilité de ses hôtes : le président Dimitri Medvedev et, surtout, plus intransigeant que jamais, Vladimir Poutine, aujourdhui Premier ministre nostalgique de la puissance de la défunte URSS. Le président américain na pourtant pas reculé dun pouce sur deux dossiers brûlants dactualité : la Géorgie et lIran. Obama a soutenu, indirectement, lintégration de lUkraine et la Géorgie à lOtan, estimant que tous les pays doivent avoir des frontières sûres et décider de leur politique étrangère. Il a également défendu le bouclier antimissiles, que les Etats-Unis comptent installer en République Tchèque et en Pologne, pour contrer les missiles iraniens, selon ladministration américaine, mais que la Russie considère comme une menace directe pour sa sécurité. Si la menace du programme nucléaire iranien disparaît, le bouclier antimissiles na plus raison dêtre, a rassuré Obama, tout en souhaitant que la Russie fasse pression sur lIran pour que ce programme soit arrêté.
Mis à part les sourires officiels affichés lors de cette visite, et les déclarations de bonne intention, des divergences de taille demeurent donc. Pour le grand bonheur des nostalgiques de la guerre froide. |
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