|
Coordonné par Samir Achehbar
Algérie. Raison dEtat
|
Les moines de Tibéhirine. (AFP)
|
Le témoignage dun général français relance le dossier sur la mort des sept moines français de Tibéhirine, tués en 1996 durant la guerre civile. Il dénonce une bavure.
Les sept moines français de Tibéhirine, dans les montagnes de lAtlas, morts en mars 1996 en pleine guerre civile algérienne, nauraient pas été massacrés par le GIA (Groupe islamique armé) mais abattu par des militaires algériens, qui croyaient avoir repéré un campement de terroristes. Cest ce qua affirmé le général François Buchwalter, attaché militaire à Alger entre 1995 et 1998, à un juge dinstruction |
|
| antiterroriste le 25 juin, selon Le Figaro du 6 juillet. Cest pourquoi seules les têtes des moines trappistes avaient été retrouvées, leurs corps, criblés de balles, auraient constitué une pièce à conviction en cas dautopsie. Pire encore, au général qui informait sa hiérarchie, il a été demandé de garder le silence pour que les relations entre la France et lAlgérie nen pâtissent pas. La version officielle a donc été entérinée et définitivement classée des deux côtés de la Méditerranée. Mais après treize de silence, le général Buchwalter, aujourdhui à la retraite, brise ce secret-défense, et dit détenir la bonne version de la bouche même dun proche du pilote incriminé dans le massacre. Nicolas Sarkozy, qui veut laisser la justice faire son travail, a promis de lever le secret-défense. Côté algérien, aucune réaction officielle na encore été enregistrée. |
Italie. Encore un G8 pour rien ?
Cest à LAquila, une ville encore meurtrie par le tremblement de terre davril 2009, qui a fait plus de 300 morts, que Silvio Berlusconi a choisi de recevoir ses invités, mercredi 8 juillet, pour le sommet du G8, regroupant les 8 pays les plus riches du monde (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Japon, Canada et Italie), les cinq pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique) en plus de seize pays asiatiques et africains. Lordre du jour du sommet, étalé sur trois jours, était surbooké : crise économique mondiale, réchauffement climatique, sécurité alimentaire en Afrique, et lIran, pointée du doigt pour la répression des manifestations postélectorales, ainsi que pour son programme nucléaire. Mesure-phare : les chefs dEtat et de gouvernement doivent octroyer une aide de lordre de 7 à 10 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire. On estime aujourdhui quun habitant de la planète sur six est empêtré dans un cycle interminable de crises alimentaires. |
honduras. Les démons du passé
La tension monte dun cran. Le Honduras a accusé, mardi 7 juillet, tous ses voisins de fomenter et darmer une rébellion, après léchec de la tentative du président déchu du Honduras de regagner son pays. Manuel Zelaya a été renversé par la droite (qui lavait porté au pouvoir et vu, progressivement, rejoindre la gauche latino-américaine), après avoir proposé damender la Constitution pour briguer un deuxième mandat. Dimanche 28 juin, Manuel Zelaya est arrêté par larmée et expulsé vers le Nicaragua, sur ordre de la Cour suprême. La communauté internationale, de manière presque unanime, avait aussitôt condamné ce renversement. Fort de cet appui, le président destitué a tenté, le 2 juillet, de rentrer dans son pays, mais son appareil a été empêché datterrir à Tegucigalpa, la capitale. Il a finalement regagné le Salvador, où lattendaient plusieurs chefs dEtat de la gauche latino-américaine. Le Honduras renouera-t-il avec les démons de la guerre civile qui a ravagé le pays pendant les années 1980 et fait des milliers de morts ? |
LU POUR VOUS. Terrorisme artistique
Bête et méchant est tout racisme. Encore plus stupide, pernicieux et condamnable est-il cependant, lorsqu'il se trouve assorti de mensonges, de grossières falsifications et de menaces, tels ceux proférés par la chaîne de télévision du Hezbollah contre l'artiste français d'origine marocaine Gad Elmaleh. Doublement préjudiciables par ailleurs pour l'économie locale - c'est-à-dire pour l'ensemble des Libanais, toutes appartenances confondues - sont de telles dérives quand elles surviennent aux portes d'une saison touristique des plus prometteuses. En 2006, c'était une guerre provoquée à la frontière, deux ans plus tard c'était une razzia sur la ville ; et pour cette année, c'est un échantillon de l'obscurantisme le plus étranger à nos traditions que l'on vient de nous servir. Que les trois ministres de la Culture, de l'Information et du Tourisme se soient joints hier à la présidente du Comité du Festival de Beiteddine pour dénoncer l'imposture est réconfortant, certes. La République s'est engagée à traquer impitoyablement les pistoleros de rues, mais quid des faussaires fourvoyés sur le terrain de la culture ? Terrorisme intellectuel ? Il y a désormais plus pointu hélas, c'est le terrorisme artistique.
Issa GORAIEB, LOrient Le Jour (Liban), 1er juillet |
|