N° 381
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.

E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (05 22 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca).



Salafistes d’hier et d’aujourd’hui
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre enquête sur “Pourquoi et comment Hassan II a islamisé la société” (TelQuel n°379). Ce thème de recherche m'inspire les remarques suivantes. Il est vrai que tous les régimes arabes ont choisi, à un moment donné, l'islamisme pour combattre les idées de gauche. Et le Maroc n'a pas échappé à la règle. On se rappelle le triste assassinat de Omar Benjelloun, figure de la gauche et du syndicalisme, par les sbires de la Jeunesse Islamique, ancêtre du PJD. Mais, attention, à la confusion entre le salafisme tel qu'il était enseigné par Al Afghani, Abdou, et leurs disciples marocains (qui, à mon avis, présentait une vision tolérante et ouverte sur la modernité) et le salafisme des “Frères musulmans” ou le wahhabisme, plus rigoureux.
Chakib Abouzaid, Dubai

Instruction islamique
Je suis un pur produit de notre système d'éducation nationale, et notamment de la fameuse instruction islamique. Je dois beaucoup à cette matière qui m'a accompagné durant mon cursus scolaire. Sans elle, mes connaissances religieuses seraient presque inexistantes. C'est le cas de la plupart des gens nés en ville où les traditions -et la religion- sont marginalisées petit à petit. L'importance stratégique de cette connaissance fait qu'elle doit être régulée rigoureusement. Les préceptes dispensés doivent être sûrs et accompagnés d’un encardrement à la hauteur.
Hamza Moutmir, Paris

Drague intempestive
Les dragueurs sont parfois plus lourds qu’un gâteau à la crème enrobé de mayonnaise. Le problème, qui a toujours existé au Maroc, est même devenu tendance. Lorsqu’une représentante de la gent féminine (de préférence entre 15 et 40 ans) se promène dans les rues de notre beau pays, elle se fait immanquablement et irrémédiablement interpeller, héler, ou siffler. Elle se fait accoster au moins une bonne dizaine de fois durant une promenade de 20 minutes en ville. De la drague discrète au coin de la rue, à la “collante” tout au long du trajet, en passant par la stressante dans les rues sombres ou l’intempestive dans les rues peuplées. Peut-être que ces messieurs pensent-ils nous flatter, ainsi ? Non, non, bien au contraire. Alors, de grâce, économisez votre énergie, retenez-vous.
Laïla Legsayer, Rabat

Arabisation
J’ai été interpellé par un commentaire sur notre système éducatif, dans votre courrier des lecteurs du numéro précédent. Certes, ce système souffre de plusieurs contraintes : programmes trop chargé, manque de formation pédagogique sérieuse des enseignants, etc. Mais l’arabisation n’est pas non plus innocente. Il existe une forte corrélation dans le temps et dans l’espace entre le processus d’arabisation et la décadence de notre système éducatif. Aujourd’hui, un bachelier marocain arabisé (à la différence de son homologue de la mission ou des autres établissements non arabisés) n’a aucune chance de poursuivre ses études à l’étranger. Il n’aura que la chance d’être un cadre moyen ou inférieur.
Lhoussine El Mhaimar, Fes

Vous avez dit islamiste ?
Je me permets de réagir aux propos de Mohamed Darif (L’interrogatoire, TelQuel n°379). J’ai été déconcerté par la façon dont il dit, en substance : “Je ne suis pas islamiste mais musulman”. Cela me désole de lire une telle affirmation, qui plus est émanant d’un islamologue. Islamiste a aujourd’hui une connotation extrémiste. C’est un amalgame bien regrettable. Le mot islamiste renvoie à l’islam, à une appartenance. Donc dire “je suis islamiste” signifie que j’appartiens à l’islam, donc, que je suis musulman. Logique.
Mounir Moumni, Paris

Al Jazeera, quand tu nous tiens
Les régimes qui ne sont pas en phase avec la politique du Qatar sont régulièrement vilipendés sur les plateaux de la chaîne Al Jazeera, alors que les pays amis sont régulièrement caressés dans le sens du poil. Le traitement des derniers événements en Iran vient, malheureusement, de nous le rappeler. Le manque d’objectivité est flagrant. Des images montrant la cruauté du régime, diffusées sur d’autres chaînes, sont systématiquement censurées et les invités triés sur le volet de manière à donner plus de crédibilité au partisans des mollahs. Pendant ce temps-là, Robert Ménard, à la tête du Centre de Doha pour la liberté d'information, a claqué la porte de l’organisme. Le fondateur de RSF s'est plaint de “la réticence de certains responsables à accepter la liberté du Centre”, citant notamment le président de son conseil d'administration, qui n’est autre… que le président du conseil d’administration d’Al Jazeera. Cela vous étonne ?
Bouiamrine El Houssine, Meknès

Désarroi
Dans une Europe où le chômage devient peu à peu la règle, que nous reste-il à faire, nous les étrangers ? Coincé entre le marteau et l’enclume, avec le devoir de réussir et d’envoyer de l’argent au bled, l’immigré est tiraillé. Pendant ce temps-là, les licenciements se multiplient. Je le répète : que faire ? Rentrer au pays, et tout recommencer en affrontant le regard de la famille et de l’entourage, ou vivre caché en Europe, dans la précarité totale ?
Lahcen Hajaj, Paris

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés