N° 381
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

FESTIVAL. Bienvenue à Casa
MUSIQUE. Mademoiselle chante la soul
PORTFOLIO. La classe amazighe
LE MAG CULTURE



Par Meryem Saadi

MUSIQUE. Mademoiselle chante la soul
(DR)

Oum, l’une des plus belles voix marocaines du moment, vient enfin de sortir son premier album, intitulé Lik’Oum. Portrait d’une artiste éclectique.


“Lorsque je me suis lancée dans la musique, je n’avais jamais imaginé qu’un jour la sphère musicale marocaine connaîtrait une telle effervescence”, avoue Oum, confortablement installée dans le salon coloré de son joli appartement, aussi chaleureux qu’elle. La trentenaire n’est pas une nouvelle venue dans le monde de la musique, bien au
contraire. Cela fait presque six ans qu’elle s’y consacre. Et a mis de coté tout le reste.
Oum vit pleinement sa passion, et ne fait pas les choses à moitié. “Je me dévoile à travers ma musique. Chacune de mes chansons est une partie de moi que je livre au public”, explique-t-elle. Lorsque la chanteuse, originaire de Marrakech, commence à s’intéresser sérieusement à la musique, elle est étudiante à l’Ecole nationale d’architecture de Rabat. Dès sa troisième année, elle est contactée pour des petits concerts et fait quelques passages remarqués à la télévision. A cette époque, la jeune chanteuse est surtout connue pour ses excellentes reprises de divas de la soul comme Whitney Houston ou Aretha Franklin. Mais tout s’accélère en 2003, lorsqu’elle fait la connaissance de musiciens casablancais aussi passionnés qu’elle. Parmi eux, le chanteur fusion Barry. Dès leur première rencontre, Oum sent “qu’ils sont sur la même longueur d’ondes”. Elle met alors en veilleuse ses études, et enregistre avec lui un single, Dear Mama, ainsi qu’un clip vidéo. Ils se produisent sur la scène de plusieurs festivals, comme L’Boulevard, le Festival Gnaoua d’Essaouira ou encore le Festival de Casablanca. L’occasion pour elle de découvrir le public marocain, qui est très vite séduit par cette chanteuse au look coloré, à la voix puissante et groovy.

Aventure solo
Entre-temps, la jeune chanteuse compose ses propres chansons, en darija. Habituée à chanter en anglais, le changement de langue n’est pas évident. A l’été 2006, elle sort le morceau Hamdoullah, suivi de Daym Lah. Ces deux titres en darija sont très branchés soul, avec une petite touche jazzy. Très vite, ils passent en boucle sur les radios marocaines. La chanteuse récidive quelques mois plus tard avec la chanson Humilité, délaissant la darija pour quelque temps. Un choix un peu déstabilisant pour les auditeurs, mais totalement assumé par la chanteuse. “Je refuse de m’enfermer dans une langue ou dans un style musical particulier. Je me fais plaisir avant tout”, affirme-t-elle sans détour. Et l’album dans tout ça ? Oum y pense, mais préfère laisser mûrir le projet. Pour faire patienter son public, la jolie brunette n’hésite pas, en juillet 2008, à collaborer avec le groupe de rap H-Kayne sur le morceau La Tiass. Une chanson assez différente des habitudes de la chanteuse, mais qui prouve, encore une fois, qu’elle a plus d’une corde à son arc : de la fusion à la soul, en passant par le hip hop ou la variété. Oum diversifie encore son répertoire, en sortant en octobre 2008 le tube Shine (et sa version remixée). Interprété totalement en anglais cette fois-ci, ce morceau lui permet de séduire un public différent, à des années-lumière de la soul, beaucoup plus attiré par la pop ou le r’n’b “made in USA”.

Opération album
En avril dernier, la chanteuse sort enfin son premier opus Lik’Oum (jeu de mot entre son prénom et “likoum”, pour vous). Cet album, composé de 10 titres, mêle plusieurs univers musicaux différents. Là encore, la chanteuse n’a pas voulu se cantonner à un seul style. “L’histoire de cet album se trouve à la fois au Maroc, en Italie et en France”, explique l’intéressée. Pourquoi ? Parce qu’il est le fruit de plusieurs rencontres. Principalement avec Kermit, ingénieur de son italien croisé lors d’un concert à Udine, en 2007. Entre eux, l’entente est immédiate et il lui propose naturellement de travailler avec elle sur son album. “Nous avons des influences musicales complètement différentes, mais nous savions que notre collaboration donnerait des résultats étonnants. Nous n’avions pas tort”, analyse Oum. C’est alors pour eux le début d’une série de voyages entre le Maroc et l’Italie, mais aussi la France, l’album étant totalement mixé à Paris. Pour lancer sa sortie au Maroc, le tandem propose le titre Lik aux radios marocaines. Cette ballade sentimentale en darija séduit très rapidement les auditeurs. A la veille de la sortie d’un deuxième single, Oum enchaîne les concerts, au Maroc et à l’étranger. Pour ses dates en Espagne, elle n’a pas hésité à faire traduire en espagnol certaines de ses chansons. Un planning chargé, qui n’effraye pas cette jeune maman, qui a des projets plein la tête (lire encadré). “Ce n’est pas évident pour moi de voyager pendant plusieurs jours loin de mon mari et de mon fils d’un an. J’attends juste qu’il commence à marcher pour pouvoir les emmener tous les deux avec moi !”, explique la chanteuse, sourire aux lèvres. Pleine d’énergie, elle essaie de vivre au maximum toutes ses passions. Elle n’a par exemple toujours pas oublié l’architecture. Et compte s’y replonger, et finir son mémoire sur la Casbah de Telouat, un patrimoine historique qui lui tient énormément à cœur. Oum ne fait décidément jamais les choses à moitié.

Projet. Oum, bientôt actrice ?
Avis aux réalisateurs marocains. Oum est très motivée pour se lancer dans une carrière cinématographique. “Le cinéma me tente énormément. Et pas forcément pour interpréter des rôles de chanteuse”, explique-t-elle. Pour le moment, cette jeune trentenaire a déjà quelques expériences à son actif. En 2008, elle interprète un rôle secondaire dans le téléfilm Bila Houdoud (Sans frontières), réalisé par Nassim Abassi et diffusé sur la chaîne 2M. Quelques mois plus tard, elle fait une apparition dans Vux, le court-métrage muet, plutôt expérimental, de la photographe Lamia Naji. Elle a également été sollicitée par le réalisateur Simo Achaour pour jouer dans l’épisode-pilote d’une série comique, intitulée Zorroh, aux côtés de Driss Roukh, Omar Lotfi et Fahd Benchemsi. “J’ai adoré l’expérience, et j’aimerais bien que mon personnage devienne récurrent si la série a une suite”, affirme-t-elle. Et le fait de n’avoir jamais pris de cours de théâtre est loin de la démotiver. Bien au contraire. “J’ai vraiment envie d’apprendre ! Je promets d’être une très bonne élève si jamais un réalisateur veut me prendre sous son aile”, s’enflamme Oum. A bon entendeur…

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés