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Par Samir Achehbar
CHINE. Une mosaïque fragile
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Près de 186 personnes ont trouvé la mort lors des affrontements. (AFP)
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La province du Xinjiang, à majorité musulmane, a été le théâtre de violences ethniques. Détails.
A près le Tibet, en mars 2008, voici venu le tour du Xinjiang (région à majorité musulmane du nord-ouest de la Chine), dêtre endeuillé par des émeutes. Près de 186 personnes ont trouvé la mort dimanche 5 juillet dans la capitale de la province, Urumqi, selon un bilan officiel, dans ce qui semble être le premier incident ethnique depuis très longtemps. En encourageant des Chinois de lethnie Hans, majoritaire |
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dans toute la Chine, à sinstaller dans la province, pour diluer la masse musulmane des 8 millions de Ouïgours turcophones, le pouvoir central a créé une situation explosive. De plus, les velléités séparatistes des musulmans de la province du Xinjiang, qui jouit dune large autonomie mais toujours sous surveillance du pouvoir central, sont vues dun mauvais il par les autorités chinoises, qui nhésitent pas à employer la force pour les réprimer.
Deux versions sopposent pour expliquer lorigine des émeutes. Les populations locales pointent du doigt les autorités, coupables selon elles davoir réprimé une manifestation pacifique, qui demandait que la lumière soit faite sur lassassinat de deux Ouïgours, survenu la même semaine. Lautre version, celle de Pékin, accuse la population locale de sêtre livrée à des pillages et davoir attaqué des passants appartenant à lethnie Hans. Les autorités voient derrière ces troubles la main des Ouïgours de létranger, représentés par Rabiya Kadeer, porte-parole de la communauté installée aux Etats-Unis. Voire la main dAl Qaïda. Mais les Ouïgours de la province, qui ont manifesté en brandissant le drapeau chinois, réfutent les accusations de séparatisme, demandant simplement que leur communauté ne soit plus la cible de discrimination.
Les silences de la communauté internationale
Vu la gravité de la situation, le président Hu Jintao a quitté précipitamment le G8 qui se tenait en Italie le 6 juillet. Les autorités ont déployé un impressionnant dispositif de sécurité, instauré un couvre-feu, encore en vigueur dans Urumqi, capitale de la province et théâtre des événements, et même interdit la prière du vendredi en fermant les mosquées le vendredi 10. Mais, les incidents ont repris le week-end du 11 et 12 juillet. Et si, aujourdhui, les choses se sont tassées, elles ne sont pas pour autant réglées. Les deux communautés, ouïgoure et han, se regardent désormais en chiens de faïence, dans lattente du moindre relâchement sécuritaire pour passer à lattaque.
Pendant ce temps, la communauté internationale observe un silence pour le moins inquiétant. Car, désormais, la Chine est une puissance économique et militaire que lOccident doit ménager. Les événements du Xinjiang nont ainsi déclenché aucune réaction officielle. Mis à part quelques ONG, telles Amnesty International ou Human Rights Watch, qui ont dénoncé les massacres et le double jeu des autorités chinoises, seule la Turquie a dénoncé ce que son Premier ministre Tayyip Erdogan a qualifié de génocide. |
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