N° 382
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Touche pas à mon islam
Votre dossier “Pourquoi et comment Hassan II a islamisé la société” (TelQuel n°379) m’a inspiré certaines réflexions. Lisez ceci : “Le seigneur ton Dieu te livrera ces nations et jettera sur elles une grande panique jusqu’à ce qu’elles soient exterminées. Il livrera leurs rois entre tes mains, tu feras disparaître leur nom de sous le ciel, aucun ne tiendra devant toi, jusqu’à ce que tu les aies exterminés”. Cet appel au génocide se dissimule-t-il dans le Coran ? Non, il est extrait de l’Ancien Testament (Deutéronome 7, 23 et 24). “Le chef de la femme, c’est l’homme (...). Si la femme ne porte pas le voile, qu’elle se fasse tondre. (...) L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image de la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l’homme. (...) Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance”. Cette “injonction” a été énoncée par l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens. Alors voilà : depuis les attentats du 11 septembre, des intellectuels et des experts cherchent à nous persuader que le Coran recèle les sources des maux des pays d’islam. Ce qui n’est pas vrai. De telles théories reposent sur des clichés et des raccourcis de l’histoire.
Abdou Kastit, Rabat

Le piratage, une fatalité ?
Je souhaite réagir, mais avec une certaine distance, à un courrier des lecteurs intitulé “A l’abordage” (TelQuel n°380) et relatif au piratage. Ce fléau peut être combattu si on y met de la bonne volonté et un peu de matière grise. Alors rêvons un peu et commençons, si vous le voulez bien, par le DVD pirate. Le disque est minuscule, facilement dissimulable ? Remplaçons-le par un bon vieux vinyle, un 33 tours donc, enrichi d’une bande image et porté à un mètre de diamètre. C’est lourd à transporter, encombrant et dissuasif pour les pirates. C’est surtout facilement repérable pour les brigades anti-piratage. Dans la foulée, les autorités peuvent ordonner aux citoyens de restituer leurs lecteurs DVD sous peine de prison, puisque la plupart des appareils ne “lisent” que des pirates. Les millions de lecteurs ainsi récupérés pourraient même être offerts aux pays voisins, encore plus pauvres que nous, et donc friands de piratage. Cela nous permettrait du coup d’améliorer nos relations de voisinage. En faisant preuve d’imagination, on peut envisager l’étape suivante : raser tout Derb Ghallef, carrefour et centre nerveux de tous les piratages possibles. Et puis, tant qu’on y est, et pour couper le mal à la racine, invitons les cinéastes du monde entier à ne plus produire de bons films, de manière à ne plus nous tenter de les pirater… Bon, tout cela n’est évidemment pas sérieux. Le piratage est un problème, un vrai. Mais il n’est pas le seul. Combattre le piratage sans proposer d’alternative crédible, sans créer de vrais réseaux de distribution de films, sans faciliter l’accès à ce même produit-film, sans rehausser le pouvoir d’achat de Monsieur tiout le monde, ne sert à rien. Sincèrement. Les consommateurs, c'est-à-dire la majorité des citoyens, auront juste l’impression d’être pénalisés, en étant privés de leur “droit au plaisir” de suivre de près l’actualité cinématographique. Ce serait injuste, vous ne trouvez pas ?
Abdou Arafaoui, Casablanca

Tendre déclaration
Je suis d'origine marocaine et de nationalité française, une Marocaine de là-bas, ou une Française d’ici. Bref une “zmagria” comme on dit. Et le meilleur moyen que j'ai trouvé pour connaitre les mœurs et mentalités marocaines est de lire régulièrement TelQuel. Et de vous écrire de temps en temps. C'est le cordon ombilical qui me relie à la mère-patrie. Un grand merci donc, à vous tous, et une dédicace spéciale à mister Zakaria Boualem de Guercif.
Rachida Bouakyoud, Nice

Au nom de la liberté
Je joins ma voix à celles des journalistes et de tous les citoyens qui se battent pour la liberté de la presse, pour condamner la hausse vertigineuse et inconsidérée des amendes infligées à des organes de presse. Il faut absolument qu'un interlocuteur crédible et disposant de l'autorité nécessaire soit désigné par le gouvernement pour négocier, en partenariat avec les syndicats professionnels, la réforme du Code de la presse. Je milite, enfin, pour qu'un plan et des actions d'ensemble soient menés dans le but d'encadrer, sans l’étouffer, l'épanouissement d'une presse de qualité, qui respecte à la fois ses lecteurs et ses codes déontologiques. Parce que, au final, y a-t-il besoin de rappeler qu’il ne peut y avoir de démocratie sans liberté de presse.
Chakib Abouzaid, Dubai

Le retour des années de plomb…
Le consulat du royaume du Maroc à Montpellier, en France, pourrait devenir le musée des nostalgiques des années de plomb. Cette villa, qui n'a tout de même rien à voir avec Derb Moulay Chrif, réunit tous les ingrédients du Maroc des années 1970. La démocratie reste à la porte, comme les babouches devant une mosquée. Atmosphère lourde, regards inquisiteurs, langage discourtois... le Makhzen est présent dans toute sa splendeur. Il suffit parfois de ces petits riens pour vous replonger dans le cauchemar des années de plomb.
Ali Sbaii, montpellier

 
 
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