N° 383
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Viva Casa
Je n'avais plus participé au Festival de Casa depuis l'édition 2007, l’une des premières. L'année dernière, la programmation ne m'avait pas convaincu et je pensais, comme beaucoup de sceptiques, que le Festival, après des débuts brillants, n'était plus qu'un fourre-tout à fort relent de chaâbi et de populisme. Cette année, je suis exactement convaincu du contraire. Tant mieux. Je viens de vivre quatre jours absolument magiques, en totale liberté dans les rues de Casa. Ce qui n’est pas si évident, comme peuvent s’en douter tous les Casablancais. Je m’explique : la parade d'ouverture, déjà, était d'une poésie à couper le souffle. Les concerts de Haoussa et des Brésiliens de CSS, place Rachidi, ont tout de suite donné le ton d'une culture alternative joyeuse et forte en couleurs. Vendredi, j'enchaînais avec les vieux reggaemen de Third World dont j'ai redécouvert avec beaucoup de plaisir les tubes d’hier et de toujours (Try Jah love, Dancing on the floor). Samedi, place à mon grand coup de cœur du Festival : la métisse Nneka, mi-Nigériane, mi-Allemande, qui a ouvertement incendié les VIP de l'espace réservé devant la scène en leur chantant le bras levé sa haine de tous les privilégiés qui méprisent le petit peuple. Carrément. Une vraie rebelle avec du coffre et du talent, à revoir et à réécouter d’urgence. Dimanche, pour le final, je me suis encore régalé avec le phénomène Busta Rhymes qui a littéralement enflammé le public : une vraie bête féroce, dans le bon sens du terme, avec une voix puissante et des textes rageurs. Sans doute le meilleur concert de rap qu’il m’ait jamais été donné de voir. Vivement l'année prochaine, Casa !
Mohamed Idrissi, Casablanca


Zone interdite
Bonne nouvelle. La remuante association Reporters sans frontière se joint avec force aux journalistes marocains dans leur appel à ouvrir les frontières algériennes pour exercer leur travail. Nos voisins continuent de faire la sourde oreille, bien que leurs journalistes soient libres d’accès au territoire national, où ils peuvent faire leur travail sans la moindre restriction. Mais, en général, les choses peuvent prendre des allures surprenantes, parfois dangereuses, car loin de s’arrêter à une simple fermeture de frontières aux journalistes marocains. Ces derniers, en effet, sont malmenés par les services de sécurité algériens qui les soumettent sans raison valable à des interrogatoires dans l’objectif de les intimider, voire de les humilier. Dernier cas de figure, Yahya Bentahar, d’Assahra Al Ousbouia, a été refoulé d’Alger où il était arrivé pour faire son travail : un reportage sur la situation politique dans le pays. La raison ? Mystère et boule de gomme. Les policiers à l’aéroport d’Alger se sont contentés de répondre qu’il s’agit “d’instructions” venant du Palais Mouradia, c'est-à-dire de la présidence algérienne. L’incident, loin d’être un cas isolé, intervient après l’arrestation le 9 avril dernier de Hicham Madraoui et Mahfoud Aït Salah. A l’époque RSF s’était montrée plus ou moins optimiste, espérant malgré tout que la presse internationale serait autorisée à couvrir l’actualité politique algérienne (le troisième mandat de Bouteflika) dans de meilleures conditions. Aujourd’hui, l’optimisme n’est plus de rigueur.
Ali Hassan Eddehbi, Rabat


Crise ou pas crise ?
Dans les pages “Economie” du dernier numéro de TelQuel (n°382), le Centre marocain de conjoncture (CMC) confirme bien que le Maroc est touché par la crise économique mondiale. Ce qui est tout à fait crédible. Le même jour, j’entendais à la radio notre ministre des Finances expliquer tant bien que mal que le Maroc, hamdoulillah, est épargné par ladite crise. Qui croire, alors ? Si on attend encore un peu, dans quelques jours, nous aurons droit aux chiffres, plus ou moins rassurants, du Haut commissariat au plan, peut-être aussi du ministère du Commerce et de l’Industrie, de l’Office des changes, etc. C’est chacun ses chiffres, ses critères, sa vérité. Mais qui a raison finalement ? Le citoyen marocain est un peu perdu au milieu de tout cela. Monsieur tout le monde fait selon le vieux dicton de Aynek Mizanek (littéralement “Tes yeux sont ta balance”). Il ne se fie à personne, mais à ce qu’il voit, à ce qu’il “sent” selon ses propres critères à lui. Mais il sait bien que le Maroc fait partie du village mondial. Et si notre pays est touché par la grippe porcine ou le sida, il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas touché par la crise économique. Nous ne sommes pas des extraterrestres.
Mohamed Hachimi, Marrakech

 
 
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