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Par Meryem Saadi
Télévision. Nessma à la conquête du Maroc
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Le talk-show
Ness Nessma. (DR)
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La chaîne tunisienne à vocation maghrébine lance une grande offensive en direction du public et des annonceurs nationaux. Avec, dès le ramadan, une programmation qui fait la part belle au Maroc.
2M et Al Aoula ont une nouvelle concurrente, satellitaire. La nouveauté, c’est qu’il ne s’agit pas, cette fois, d’une chaîne du Moyen-Orient spécialisée en fiction ou en sport, mais d’une télévision généraliste, qui se veut “la chaîne du Grand Maghreb”. Et qui a de grandes ambitions concernant le Maroc. Nébil Karoui, le Pdg de la chaîne, a annoncé la |
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couleur lors de la conférence de presse de lancement de la grille de ramadan, courant juillet à Casablanca :“Notre objectif est de récolter, à moyen terme, 15% des recettes publicitaires au Maroc”, a-t-il affirmé. De quoi déranger les deux chaînes nationales, qui se taillent la part du lion dans le marché publicitaire audiovisuel marocain, celui qui draine le plus de recettes des trois marchés publicitaires maghrébins. En 2008, 2M et Al Aoula ont perçu, à elles seules, près de 900 millions de dirhams, soit 83,5 % des recettes totales du marché publicitaire audiovisuel.
D’après des chiffres annoncés par les responsables de la chaîne, Nessma serait particulièrement bien perçue par les Marocains. En juin, le taux de pénétration annoncé est de 38,7% au Maroc, contre 34% en Tunisie, et 15,4% en Algérie. Ce n’est peut-être qu’un début.“Pour que Nessma perce sérieusement au Maroc, elle doit proposer une grille dans laquelle le spectateur marocain se retrouve. C’est le seul moyen pour arriver à fidéliser les téléspectateurs et, du même coup, les annonceurs”, souligne un responsable au sein d’une agence conseil en communication.
Foot, fiction et talk-show
“Le téléspectateur marocain est un grand zappeur. Nous allons lui offrir sur notre chaîne tout ce qu’il a l’habitude de regarder à la fois sur 2M et Al Aoula, mais également sur les chaînes françaises et arabes”, explique Moez Sinaoui, le directeur de communication de la chaîne basée à Tunis. Dirigée par les frères Nébil et Ghazi Karoui, qui travaillent depuis une quinzaine d’années dans la publicité, la chaîne a concocté une grille plutôt diversifiée, réunissant football, émissions de divertissement et fictions. Avec une évidente touche marocaine.
Il suffit de jeter un coup d’œil à Ness Nessma, l’émission phare de la chaîne, pour s’en rendre compte : depuis son lancement il y a quelques semaines, ce talk-show a reçu plusieurs invités marocains, comme Saïd Taghmaoui, Noureddine Lakhmari, Khansa Batma ou encore Hassan El Fed. Sans oublier que l’émission compte une animatrice marocaine : Kao Boudarraja (ancienne participante à la Star Academy Maghreb). Une autre tête rejoindra bientôt la“Moroccan connection” de Nessma, pour présenter la version maghrébine de Qui veut gagner des millions, dont la chaîne a racheté le concept il y a quelques semaines.
La chaîne tunisienne entend également suivre de très près l’actualité marocaine. Un bureau est sur le point d’ouvrir ses portes à Casablanca. Son objectif ?“Produire des émissions et reportages dédiés à la vie culturelle marocaine”, confie Simo Benbachir, l’attaché de presse de la chaîne au Maroc.
Casanegra à la télévision
“Notre point fort par rapport aux chaînes marocaines, c’est notre audace et notre marge de manœuvre”, affirme Moez Sinaoui. Pour annoncer la couleur, la chaîne a acheté les droits de Casanegra, le film de Noureddine Lakhmari, qui a explosé le box-office vert et rouge en 2009, mais qu’aucune chaîne marocaine n’est près de diffuser, étant donné les dialogues corrosifs et le ton généralement irrévérencieux du produit. Pour sa grille de ramadan, la chaîne a également programmé la série parodique Zorroh, du jeune Mohamed Achaour. Chaque soir pendant 5 minutes, les téléspectateurs maghrébins auront rendez-vous avec les aventures du célèbre justicier, campé par Omar Lotfi, acteur révélé d’ailleurs par Casanegra. Le reste du casting est composé de Driss Roukh, Fahd Benchemsi ou encore Oum.
Quand Mohamed Achaour a tourné un épisode pilote il y a quelques mois, il était loin de penser qu’une chaîne étrangère achèterait la série, lui qui tablait plutôt sur le tandem 2M - Al Aoula.“Je suis vraiment sur la même longueur d’ondes que l’équipe de Nessma. Pour donner une dimension plus maghrébine à la série, nous avons ensemble pensé à ajouter deux personnages, joués par l’Algérienne Beyouna et le Tunisien Lotfi Abdelli”, détaille Achaour.
L’expérience mettra, sans aucun doute, la puce à l’oreille de plusieurs réalisateurs et boîtes de productions marocaines, qui vont voir en Nessma une nouvelle alternative pour la diffusion de leurs œuvres. De leur côté, les responsables de la chaîne pensent aussi à l’après ramadan et essaient de nouer le maximum de liens avec les producteurs, réalisateurs et annonceurs marocains. Une chose est sûre : l’heure de la concurrence est enfin arrivée. Et le ramadan sera révélateur en termes d’audience. |
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Capital. Le tour de table
A ses débuts en mars 2007, Nessma était détenue par Karoui & Karoui, le groupe publicitaire appartenant aux deux frères tunisiens. Après l’expérience réussie de la Star Academy Maghreb, la chaîne a décidé de marquer une pause pour mieux redéfinir sa stratégie et son identité pour devenir réellement une télévision s’adressant au Maghreb, du Maroc à la Libye. Nébil et Ghazi Karoui cherchent alors de nouveaux partenaires. Opération réussie puisqu’en 2008, le capital est détenu par les frères Karoui à hauteur de 50% (25 millions de dollars), mais aussi par le groupe italien Médiaset, dirigé par l’homme politique italien Silvio Berlusconi, et le groupe franco-tunisien Quinta Communications, appartenant au producteur de cinéma Tarek Ben Ammar, à hauteur de 25% chacun. Un tour de table qui leur permet de s’appuyer “sur le savoir-faire du groupe italien, et sur le carnet d’adresse immense du producteur tunisien”, affirme Moez Sinaoui. |
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