Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.
E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca). |
Musulmans, juifs, athées…
J'ai lu avec un grand intérêt votre dernier dossier sur“Le premier Imam” (TelQuel n°383). N'étant pas croyant, le sujet m'intéresse dans la mesure où je suis un Marocain ayant des droits et des obligations. La Constitution indique clairement que“l'Islam est la religion de l'Etat”. Il est vrai qu'au Maroc on n’exécute pas les apostats, mais la pression sociale qui oblige à cacher ses convictions est, en soi, un harcèlement. On est obligé de vivre une double vie : une de façade avec le commun des mortels, et l'autre avec soi ou avec les intimes. Cette disposition de la Constitution est une discrimination pour les libres penseurs, mais aussi pour d'autres citoyens qui ont contribué à la grandeur de ce pays : les juifs. D’ailleurs, même l'histoire officielle enseignée à nos enfants n'est pas reconnaissante à leur égard.
Ahmed Houssine, Rabat
|
Le roi et nous
TelQuel est une revue qui a stimulé nos envies de comprendre ce qui se passe chez nous. Elle a toujours exprimé les non-dits et brisé les tabous. TelQuel n’est pas et ne doit pas être que l’ombre du roi et de ses caprices, dépenses, loisirs, etc. Le lecteur marocain a besoin de vous pour lui parler de ses souffrances et de ses bonheurs. Rappelez-vous votre engagement, au début de votre revue, à traiter des sujets qui touchent la société marocaine. Concentrez-vous un peu plus sur nous, Marocain(e)s. Merci.
Widad Benhimoud, Casablanca
|
Derniers exilés ?
Chaque fois que j’allume ma télé sur 2M (Monde), on ne parle que des chantiers commémorant les 10 ans de règne du roi et des grandes avancées que notre pays a réalisées. Sauf que cela n'a pas grand impact sur le quotidien des simples citoyens. Pire encore, la liberté d’expression est en recul. Au lieu d’avancer, on se trouve contraint de consolider les minces acquis de la dernière décennie. Les récentes condamnations de certains journaux à des sommes colossales sont abominables, tout le monde doit s’unir pour faire face à ce grand danger, qui peut pousser nos meilleurs journalistes à l’exil plus ou moins forcé.
Chafik Moustaid, Montréal, Canada
|
2009, année de plomb ?
Ce qui vient d'arriver à Oujda (article“Où est passée Fedoua Menouni, TelQuel n° 383) nous renvoie directement aux pages sombres des lointaines années de plomb. J'ai beaucoup de mal à croire qu'un enlèvement et une intimidation aient été d’une manière ou d’une autre commandités, ou couverts, par l'Etat. Car cela signifierait que l’administration, dans le sens large du terme, incarnerait le rôle du méchant dans l'histoire, un peu comme dans un film de Batman. L'Etat serait alors une entité qui ne cherche pas à rendre ses sujets plus heureux mais à poursuivre son intérêt propre, sans se soucier d'aucune éthique ou morale. C’est trop dur, c’est carrément insupportable. Mon esprit refuse cette idée. Je me dis que le Maroc est un pays avec des imperfections, des injustices et même des bavures. Mais pas à ce point, désolé, non.
Hamza Moutmir, Sydney, Australie
|
Feuilleton royal
Je dois avouer que les derniers numéros de TelQuel m’ont donné de la matière à lire, des choses que je savais, mais d’autres, plus nombreuses, que je ne savais pas. Je dois dire aussi que je trouve originale l’idée de nous parler des dix ans de règne en plusieurs épisodes, tout aussi intéressants les uns que les autres. je suis même étonné que l’on ne vous ait pas censurés. Est-ce à dire que le Makhzen devient plus raisonnable ? Ou peut-être veut-il donner du Maroc l’image de ce pays ouvert, démocratique ? Dans tous les cas, continuez à descendre en flèche tous ces politicards qui ne cherchent qu’à se remplir la poche ou jouir de la proximité du roi. Je me demande d’ailleurs pourquoi. A bon entendeur.
Abdellah Ferhat, Oujda
|
Relire le Coran
Je souhaite réagir au courrier intitulé“Touche pas à mon Islam” de Abou Kastit (TelQuel n°382). Ce lecteur cite, à juste titre d’ailleurs, des passages très violents de l’Ancien Testament et d’une des épîtres de Saint-Paul pour défendre le Coran. Mais, à mon avis, il a omis de préciser que les Occidentaux ne s’identifient plus, dans leur écrasante majorité, à leurs textes sacrés. Ils ne cherchent plus à déformer ou à faire parler (sous contrainte) ces mêmes textes pour trouver des réponses à toutes les questions de leur vie courante. Ils ne collent pas non plus à leurs Livres la prétention de répondre à tout. Voilà la différence. Et elle est énorme. Sans verser dans une apologie aveugle du mode de pensée occidental, je plaide, au même titre que tous les modernistes de ce pays, voire du monde arabo-musulman, pour une nouvelle lecture de notre texte sacré. C’est ce que prône un certain nombre de penseurs et de chercheurs intéressants (Arkoun, Benzine, Bidar, etc.). A condition d’être armés de courage, il est temps pour nous de relire le Coran avec un esprit de critique rationnelle. C’est le seul moyen, concrètement, de neutraliser nombre d’anachronismes et de préceptes contre-productifs, liés tant à la lettre qu’à l’esprit. Sincèrement.
Ouadia Satori, Rabat |
|