Variétés
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Ahmed R. Benchemsi
(ALEX DUPEYRON)
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Hassan II, dans une“interview imaginaire” :“on m’a demandé un jour si mon fils avait besoin, pour s’affirmer, de“tuer le père”. J’ai répondu que Freud n’avait pas cours au Maroc”.
C’est une tradition que j’ai le plaisir, chers lecteurs, de reconduire cet été. Alors que vous vous apprêtez à aller bronzer sur une plage, les doigts de pieds en éventail (si vous n’y êtes pas déjà), je ne voudrais surtout pas vous alourdir l’esprit par des histoires politiques tordues, comme c’est souvent le cas dans cet éditorial. Pour accompagner le jus de fruit bien frais que vous devez sûrement siroter (b’sahtkoum !), voici
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donc une sélection de variétés qui vous informeront, je l’espère, tout autant qu’elles vous divertiront.
Commençons par Fouad Ali El Himma (désolé, je ne peux pas m’en empêcher mais ça va être léger, promis !) L’“ami du roi”, député des Rhamna et officiellement n°18 du PAM (si, si !), a donc eu la peau du wali de Marrakech Mounir Chraïbi. Après une impitoyable inspection du ministère de l’Intérieur, il a été démontré que la wilaya n’avait pas été assez vigilante, et avait laissé passer des irrégularités qui ont fini par invalider l’élection du maire de Marrakech. Il se trouve que ce maire, une femme, est encartée au PAM. Une élue du peuple qui obtient la tête d’un wali, c’est du jamais vu. Vive la démocratie ! On aurait juste aimé que tous les walis de toutes les régions où des irrégularités ont été constatées (c’est-à-dire un peu partout) subissent le même sort… Non, le prochain limogé dont on parle est plutôt… Chakib Benmoussa, le ministre de l’Intérieur en personne ! Lui aussi a plus ou moins gêné l’ascension fulgurante de“l’ami du roi”, alors forcément… Si Fouad, puisque vous êtes député, profitez-en d’ici la rentrée pour déposer un projet de loi : toute entrave à votre parti devrait être considérée illégale, yallah ! Comme ça au moins, les choses seront claires.
Les déboires conjugaux de l’ancien champion olympique Khalid Skah ont été à l’origine d’une crise diplomatique entre le Maroc et la Norvège. Rappel des faits : l’ancienne épouse norvégienne de Skah (ils ont divorcé en 2009, après 16 ans de mariage) voulait récupérer la garde de ses deux enfants (mineurs), qui vivaient avec leur père à Rabat. Le hic, c’est que les enfants ont quitté le domicile paternel et ont été cachés pendant 4 jours dans la résidence de l’ambassadeur de Norvège, avant de quitter clandestinement le territoire. Or, les deux petits Skah sont de nationalité marocaine. Le fait que l’ambassade de Norvège les ait cachés, et peut-être même aidés à fuir le pays, est une violation claire de toutes les règles diplomatiques. Du coup, l’ambassadeur a été convoqué par notre ministre des Affaires étrangères qui l’a sèchement sermonné, avant de publier un communiqué incendiaire contre la Norvège et ses représentants. Qui a raison et qui a tort dans la famille Skah ? Cela ne concerne qu’eux. En revanche, c’est la première fois que notre gouvernement pèse de tout son poids pour défendre un citoyen marocain isolé, quitte à risquer le conflit avec un pays tiers. Il est vrai que le Maroc a un lourd passif avec la Norvège, accusée de soutenir le Polisario. Mais bon… même si c’était l’occasion de régler un vieux compte, ne boudons pas notre plaisir. Maghribouna watanouna !!
Jeune Afrique a publié une “interview imaginaire” de Hassan II. Un exercice sympathique, maintes fois réalisé pour d’autres chefs d’Etat décédés, par ce magazine dont j’étais correspondant au Maroc avant la création de TelQuel. D’ailleurs, j’avais proposé à JA de le faire pour Hassan II, en 2000. On m’avait répondu que c’était“prématuré”. C’était sans doute vrai. 9 ans plus tard, ça ne l’est plus, et c’est mon aîné et ami Hamid Barrada qui s’y est collé. Quelques perles du fantôme de Hassan II :“On m’avait demandé un jour si mon fils avait besoin, pour s’affirmer, de“tuer le père”. J’avais répondu que Freud n’avait pas cours au Maroc”. Puis, plus loin :“Jamais je n’aurais fait l’IER*. Ce n’est pas mon genre, et puis il faut être cohérent : on ne peut pas être le père fouettard et la mère consolatrice”. Surtout quand la mère consolatrice“tue” le père fouettard en réparant les dégâts qu’il a causés. Finalement, Freud n’est pas si hors sujet que ça…
La semaine dernière, Rachid Nini a consacré 3 chroniques de suite (l’équivalent de 8 pages de TelQuel) à votre serviteur. Sachant que depuis 3 ans, il m’insulte en moyenne 2 à 3 fois par semaine (photo à l’appui) dans son journal Al Massae, on peut considérer cela comme un pic. Les centaines de malédictions qu’il m’adresse sont résumables en un mot : Ahmed Benchemsi est“le diable” (dans le texte). Un ami psychiatre, que j’ai consulté, a diagnostiqué une haine obsessionnelle doublée d’un délire paranoïaque cas fréquent entre voisins (les immeubles d’Al Massae et TelQuel sont en effet mitoyens). Ça se soigne, paraît-il, par un voyage loin de la zone du litige, et du repos. Je souhaite donc bon rétablissement à mon confrère. Et à vous tous, de très bonnes vacances.
* Instance équité et réconciliation, créée par Mohammed VI pour réhabiliter et indemniser les victimes des années de plomb hassaniennes
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