N° 388
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Drogue. Et voilà Triha !
Fait-divers. Juge et bourreau ?
Grippe A. La fièvre hivernale
Phénomène. 9% ou bikheer
Visite guidée. Une journée avec les gendarmes du ciel
L'ACTU MAROC



Grâces. Un record et un privilégié

Plus de 16 000 graciés
ont été libérés. (AFP)

Mohammed VI a gracié près de 25 000 personnes cet été à l’occasion de la fête du trône. L’ampleur du pardon royal a surpris et remis à l’ordre du jour la réforme du système carcéral.

Comme de coutume, un communiqué du ministère de la Justice a donné les détails de la grâce royale : près des deux tiers (16 018) des graciés ont pu quitter la prison, alors que les 8732 restants ont bénéficié d’une remise de peine. Dans le lot, 32 condamnés à mort ont vu leur peine commuée en perpétuité, ce qui accrédite la thèse de
l’abolition de fait de la peine de mort dans le royaume. Pour Abdelaziz Nouaydi, président de l’association Adala, “les grâces permettent de soulager la surpopulation carcérale, de réparer des injustices, de libérer des innocents ou des détenus provisoires qui n’auraient pas dû se retrouver en prison”. Néanmoins, le flou qui entoure la procédure, les soupçons de corruption et de favoritisme demeurent des préoccupations constantes pour les associations des droits humains. Des accusations de népotisme qui entachent ce système de grâces, autant que les cas de récidive, parfois quelques jours seulement après la libération. Une réforme du système des grâces est attendue. La situation actuelle a en tout cas profité à Abdelmoughit Slimani, gracié le 20 août dernier après seulement cinq années de prison sur les seize de sa condamnation pour dilapidation de fonds publics. L’ancien président de la communauté urbaine de Casablanca et beau-frère de Driss Basri avait été condamné en même temps que son comparse Abdelaziz Laâfora, libéré de la prison de Salé en juillet dernier. Youssef Aït Akdim


Palais. La maladie du roi
Cela fait déjà longtemps que les Marocains s’inquiètent pour la santé de leur roi, et les apparitions télévisées de Mohammed VI, qui a visiblement pris du poids, ne sont pas faites pour rassurer. Pour la première fois, le Palais a décidé de jouer la transparence sur la santé du chef de l’Etat. Mercredi 26 août, un communiqué signé par le Pr Abdelaziz Maânouni, médecin personnel de Mohammed VI, et relayé par la MAP, a annoncé que le souverain chérifien avait été placé en convalescence de cinq jours pour une infection qui ne présentait “aucune inquiétude sur sa santé”. Atteint d’un rotavirus (qui touche habituellement les enfants de moins de cinq ans), Mohammed VI souffrait de “déshydratation aiguë”. Il a finalement pu reprendre ses activités normales au bout de quatre jours de convalescence. Le bon peuple de Tétouan a ainsi pu apercevoir (et saluer) son roi conduisant une belle berline dans les avenues les plus fréquentées de la ville. Tout est bien qui finit bien ! Souleïman Bencheikh


Sahara. Le dialogue interdit
On vous l’avait annoncé, des jeunes Marocain(e)s devaient rencontrer leurs “homologues” des camps de Tindouf, du 5 au 19 août à Oxford. L’Etat en a décidé autrement. Tandis que la fondation Talk Together (parler ensemble) recevait les étudiants de Tindouf, mais aussi de 8 pays différents (Grande-Bretagne, Norvège et même Philippines), les jeunes Marocains ne sont jamais arrivés. Un premier groupe, après avoir enregistré ses bagages le 5 août, a subitement quitté l’aéroport de Casablanca. L’ambassade du Maroc à Londres a déclaré à Talk Together que ces jeunes (restés injoignables) avaient tous des “problèmes familiaux”. Un second groupe de 6 étudiants de Laâyoune devait s’envoler d’Agadir le même jour. Empêchés d’embarquer, ils ont entamé un sit-in à l’aéroport, assorti d’une grève de la faim. Mais dès le lendemain, d’après un rapport de Amnesty International, ils ont été ramenés de force à Laâyoune. Le voyage incluait une pause dans un commissariat où ils ont été interrogés. Zoe Deback


Fait-divers. La bonne tueuse
Le meurtre de deux enfants par une employée de maison a consterné le Maroc et suscité de vives émotions à Inezgane où s’est déroulé le drame.

Inezgane ne parle plus que d’eux. Sara et Adam, les jumeaux de trois ans, découverts étranglés, le 21 août dernier. Constatant leur disparition la veille, les parents avaient distribué leurs portraits à la population dans les artères de la ville. Ils avaient aussi lancé des SOS sur les ondes de la radio locale Agadir Plus. Bref, toute la petite localité était en alerte quand la police a retrouvé les corps de Sara et Adam, dans le sous-sol de la maison des parents. La tête recouverte d’un sac en plastique, leurs dépouilles étaient rangées dans un carton, sous un entassement d’objets. L’employée de maison, qui travaillait pour les parents des jumeaux depuis des années, a avoué aux enquêteurs être l’auteur du double meurtre. Selon une source policière, qui décrit la jeune femme de vingt ans comme dépressive, elle aurait justifié son acte par les mauvais traitements qu’elle aurait subis. L’âge des victimes, les détails sordides, la proximité du criminel... tout était réuni pour frapper les esprits. La reconstitution, qui a été couverte par Agadir Plus, a attiré près de 300 habitants d’Inezgane. Autant de curieux massés autour de la maison du crime. Hassan Hamdani


Athlétisme. Rien ne sert de courir…
L’essentiel c’est de participer. Les athlètes marocains ont fait leur la devise du baron de Coubertin. Lors des championnats du monde d’athlétisme de Berlin (du 15 au 23 août), les 21 sportifs qui ont représenté le royaume sont revenus d’Allemagne avec zéro médaille et… deux cas de dopage : Jamal Chatbi et Mariem Alaoui Selsouli, contrôlés positifs par la Fédération internationale d’athlétisme. A Berlin, les (éternellement prometteurs) Amine Laâlou, Mohamed Moustaoui et Abdelaati Iguider, finalistes du 1500?m, sont restés en bas du podium. Quant à Hasna Benhassi, vice-championne du monde du 800?m, elle est sortie par la petite porte du stade olympique de Berlin. Résultat : une piètre 30ème place pour le Maroc, le plus mauvais classement des 20 dernières années. Depuis la retraite de Hicham El Guerrouj en 2006, l’athlétisme marocain traîne des pieds (une petite 28ème place aux Mondiaux d’Osaka en 2007). La Fédération consomme les directeurs techniques (trois DTN depuis 2006) et cumule les mauvaises performances. Mais rien de bien grave puisque le communiqué de la Fédération marocaine d’athlétisme conclut que les résultats… sont “conformes aux pronostics”. Youssef Ziraoui


Evasion. Tandem à la marocaine
Avant de débarquer dans le royaume début août, deux détenus d’origine marocaine s’étaient fait la malle de la prison de Bruges, à bord d’un hélicoptère. Le 9 août dernier, la police marocaine a mis le grappin sur Ashraf Sekkaki, à Al Hoceïma, suite à un mandat d'arrêt international émis depuis la Belgique par le biais d’Interpol. Interpellé à bord d’un taxi alors qu’il se dirigeait vers Tétouan, Sekkaki, 25 ans, est désigné comme “un des criminels les plus dangereux de Belgique”. Brrr… Selon les sécuritaires marocains, il a franchi la douane sous la fausse identité d’Alain Belaser. Mohamed Johry, son comparse, a été arrêté quelques jours plus tôt à Berkane, pendant qu’il se rendait chez sa famille. Bruxelles soupçonne le duo d’avoir commis plusieurs braquages dans le plat pays, après s’être fait oublier quelques temps aux Pays-Bas. “Des images des gangsters ont été enregistrées dans un hôtel d'Amsterdam par une caméra de surveillance le 29 juillet”, pouvait-on lire sur un avis de recherche publié par la police belge. Les évadés devraient être jugés au Maroc pour les faits qu’ils auraient commis en Belgique : prise d’otage, évasion, braquages. Y.Z.


Polémique. Morte faute de visa
L’affaire a déjà fait grand bruit : le journaliste Khalid Jamaï s’est fendu d’une lettre ouverte à l’ambassadeur de France, l’AMDH lui a emboîté le pas en publiant coup sur coup deux adresses, l’une au président français Nicolas Sarkozy, l’autre au Premier ministre Abbas El Fassi. Retour sur les faits. Il y a un peu plus de deux ans, Aïcha Mokhtari, citoyenne marocaine atteinte d’un cancer et décédée le 15 août dernier, demandait un visa pour la France, suite aux conseils de ses médecins, incapables de la soigner au royaume. Un dossier a été déposé au consulat de France à Fès qui, selon les autorités françaises, a souligné des “insuffisances en termes de prise en charge financière”. Un complément de dossier aurait été demandé, mais sans réponse. Autre version côté associatif. Abdelaziz Mokhtari, soutenu par l’AMDH, dénonce le refus de visa que s’est vu infliger sa sœur : “Elle a été confondue avec une autre Aïcha Mokhtari, Algérienne et interdite de séjour en France. Je compte en apporter toutes les preuves, au roi s’il le faut”, nous a-t-il déclaré. S.B.
 
 
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