N° 388
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Liberté de la presse et démocratie
A la suite de la censure qui a frappé les derniers numéros de TelQuel, Nichane et Le Monde, je souhaite ajouter ma voix à celles de tous les esprits épris de liberté et de justice en condamnant fermement ces actes d’un autre âge et leurs justifications incongrues, sachant que la liberté d’opinion constitue l’élément-clé de toute démocratie qui se respecte. Le processus décisionnel chez nous se trouve constamment confronté à une confusion, voire à un conflit, entre deux aspects d’une structure gouvernementale particulière au Maroc. Un : le côté symbolique d’une monarchie de droit de divin qui, malgré sa rigidité, a toutefois l’avantage d’unifier les Marocains autour d’une autorité suprême acceptée par tous. Deux : l’aspect “responsabilisation” dans l’exercice du pouvoir moderne qui ne peut être garanti que par une vraie démocratie. Le premier aspect ne tolère pas la critique car celle-ci dissipe la sacralité, alors que le deuxième a besoin de la critique pour s’orienter. Parler de la liberté de la presse dans le contexte marocain reste intimement lié à la question plus globale de la nature du pouvoir. Il faudra que toutes les forces vives du pays entament au plus vite le débat sur une répartition des pouvoirs au Maroc parce qu’il y va des intérêts du pays. Il faudra cesser d’invoquer la notion trompeuse de “monarchie exécutive” et travailler à instaurer une vraie monarchie constitutionnelle moderne, porteuse de développement et d’égalité. Paradoxalement, l’initiation d’une telle entreprise devra venir du roi lui-même, car les partis politiques sont dépourvus de leadership dans le contexte actuel. Parmi les grands chantiers que Mohammed VI a entrepris ces dix dernières années, celui-ci serait, s’il se concrétise un jour, de loin le plus important de toute l’histoire de la dynastie alaouite. Le jour où la monarchie marocaine osera suivre le modèle espagnol, japonais ou britannique dans ses aspects démocratiques, tout en gardant l’authenticité marocaine en matière de culture, elle garantira sa pérennité ainsi que la stabilité et la prospérité du pays. Ce jour-là, tous les Marocains diront fièrement et de bon cœur : “Vive le Roi”. Pour toujours.
Mohammed Boukkouri, Ottawa, Canada


Mauvaise blague
C’est une blague, n'est ce pas ? Zakaria Boualem ne va pas s'absenter durant deux mois et nous priver de ce bol d'air frais et pur, indispensable à notre équilibre. Faites-lui changer d'avis. Ce grand blagueur nous fait rêver tout en nous brossant les problèmes, ô combien nombreux, de notre pénible existence. Au nom de ses très nombreux admirateurs, je demande à la direction de notre hebdomadaire de vouloir bien user de son pouvoir, comme on le pratique chez nous à chaque coin de rue, et convaincre Zakaria Boualem de nous revenir le plus vite possible.
Yassine Yahya, Casablanca


Reviens ZB, reviens !
Fervente lectrice des malheurs de Zakaria Boualem et de notre chère société marocaine, je voudrais vous adresser un remerciement. Zakaria Boualem a toujours les mots pour dire les choses avec une langue que nous autres pouvons comprendre. Merci donc. Mais si Zakaria Boualem abandonne la partie, que nous reste-t-il à nous, simples citoyens, simples rêveurs d’un Maroc meilleur. Plus sérieusement, si Zakaria Boualem ne prend plus la parole pour nous, qui le fera ? Où irons-nous ? Regarder les séries aberrantes du mois de ramadan ? Zakaria Boualem, son cynisme, son sarcasme et sa vision du Maroc doivent rester, peu importe les amendes, les censures, les critiques, et le reste. Tout cela ne compte pas. Allez ZB, passe de bonnes vacances et, à ton retour, n’oublie pas de nous raconter toutes les aberrations qui nourrissent ce pays.
Soulaf Slaoui, Rabat


Génération TelQuel
La jeunesse des années de plomb a connu Lamalif, celle des années 2000 a connu TelQuel. Alors que, comme des milliers de jeunes Marocains, je fête mes 20 ans, Mohammed VI fête le dixième anniversaire de son intronisation. Et l'on ne peut laisser passer inaperçu le bonheur que nous a donné la lecture de TelQuel depuis sa création. Je me rappelle particulièrement des débats intenses, pendant mes années de lycée, à propos des sujets que vous traitiez. Je me rappelle que l'on n'arrêtait pas de vanter la chance qui s'offrait à nous, jeunes collégiens et lycéens, d'accéder à une analyse profonde, à des points de vue audacieux et à une expression libre. Je me rappelle aussi du nombre impressionnant d'exemplaires de votre magazine qui circulaient secrètement entre les casiers des élèves lorsque vous abordiez des sujets liés à la sexualité. Durant ces années passées, vous avez stimulé et nourri notre réflexion, reflétant les déchirements auxquels nous étions confrontés. Des jeunes aspirant à la liberté, à leur propre construction individuelle, qui demeuraient fortement associés à une génération encore attachée à des modes de pensée traditionnels, s'ouvrant progressivement mais en résistant à des valeurs modernes.
Fatima Zahra Benfkira, Paris
 
 
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