N° 388
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Wilcoume au plus beau pays du monde

Zakaria Boualem, on le savait, est un fainéant.
Il est en congé jusqu’en novembre. D’ici là,
Wilcoume prend le relais du Guercifi à tendance
paranoïaque. Lui est plutôt du genre schizo…


Maykel dialna
Les Marocains aiment Michael Jackson, certains sont persuadés que son “Hii Haa” strident est un sample de la “haïha” bien de chez nous. Ils lui ont tout pardonné. Qu’il soit noir, blanc, gris, qu’il aime les enfants d’un peu trop près… Tta ra Maykel hadak ! Et voilà qu’on vient tout juste d’apprendre que Maykel, toujours pas enterré, que Dieu le conserve meskine, aimait les hommes. D’après le livre de Ian Halperin, “Michael Jackson. Les dernières années” (éd. Transit), le King of pop aurait entretenu une liaison avec un basketteur noir américain qu’il rêvait d’épouser, propos confirmés par le clan Jackson selon le biographe. “Awah, Maykel kant fih l3ayba ?”. Auto-racisme, pédophilie présumée, tout ça, ce n’est pas grave. La rue marocaine a même absous le roi de la pop de ses péchés, se persuadant qu’il s’est converti à l’islam à la fin de sa vie, “Allah irahmo, au moins slem avant de mourir”. Mais ce péché ultime, fatal, impardonnable, qu’est l’homosexualité, pas sûr que ça passe. Hii Haa !

La Blague du DVD
Quelle est la différence entre un fonctionnaire marocain et une mauvaise herbe ? Aucune, selon un biologiste nihiliste. Les deux ne servent à rien, et peuvent parfois être nuisibles. On a beau les couper, ils repoussent. La preuve par les chiffres : en 2005, on comptait 270 000 fonctionnaires. On leur a alors proposé beaucoup d’argent, à condition de choisir
l’option du départ volontaire, joliment dite DVD. Et hamdoullah merci, 43 000 mouwadafs des plus respectables ont dignement fait leurs cartons. Mais en quatre ans, on en a recruté 53 000 nouveaux. Pis, la masse salariale publique a augmenté, entre-temps, de 20 milliards de dirhams. Il est donc évident que le programme DVD a été un fiasco monumental. Et pourquoi à votre avis ? Eh ben… il a été mis en œuvre par des fonctionnaires !
NDLR : D’accord, c’est une blague pourrie, pardon aux fonctionnaires parmi nos lecteurs. Mais les chiffres sont vrais !

Artistes en chair et en os
Le Bahreïn a expulsé 500 “artistes” marocaines depuis le début du ramadan, selon la presse locale. “Artistes” est un doux euphémisme puisque ces filles ne poussaient pas la chansonnette dans l’émirat. Elles ont été condamnées à des amendes allant de 1000 à 10 000 dollars pour prostitution et proxénétisme. En ce mois sacré, elles ont été priées de cacher ce sein qu’on ne saurait voir. Mais que les défenseurs de la culture marocaine se rassurent, la religiosité n’a qu’un temps là-bas. Une fois passée la période d’abstinence, nos “artistes” pourront à nouveau étaler leurs talents. Sans qu’on leur demande si c’est de l’art ou du cochon.

L’œil du tigre
Pour un non-jeûneur, le bonheur c’est simple comme une pizza. Pour un livreur de pizzas, dûment jeûneur, lui, c’est l’enfer garanti. Il s’attend le plus souvent à tomber nez à nez avec une femme indisposée ou un blond bon chic bon teint. Mais quand c’est un musulman pur jus qui lui ouvre la porte, c’est automatique, il lui sert un prêche sans parole, juste avec ses yeux revolver et son regard qui tue. En période de ramadan, la pizza quatre saisons, c’est vraiment le choc des civilisations livré à domicile.

Parlons la France
Leurs ancêtres les Gaulois doivent faire des saltos arrière dans leurs tombes. Au plus beau pays du monde, la langue française est un jeu de passe-passe où l'orthographe, la grammaire et autres détails linguistiques sont troqués, bon gré mal gré, contre des néologismes chantants. La pétillance maghrébine, que voulez-vous. Avez-vous déjà croisé une fille “mignante”, vécu une situation “rigolante” ? On vous a peut-être demandé, mesdames, si vous étiez “au courante” de telle ou telle affaire, et peut-être dit qu'il ne fallait pas exagérer “comme même”, ou alors qu'il fallait éviter les problèmes “familieux”. Au casting de Studio 2M, une pauvre candidate au chant chaotique et à la chorégraphie épileptique a fort intrigué le jury. Interrogée sur sa gestuelle douteuse, la chanteuse en herbe, sûre d'elle, a répondu : “C'est le geste qui compte”. Fallait la trouver.

 
 
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