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Censure zélée
A vec la nouvelle ère Mohammed VI, nous remarquons la montée de nouveaux gardiens du temple, zélés, plus royalistes que le roi. Les Marocains ont le droit de dire “nous sommes mécontents de ce qu’a fait notre aimable roi”. Justement, parce qu’ils l'aiment mais sans zèle narcissique. TelQuel est la revue qui a eu l'idée de donner un sens journalistique créatif aux dix ans de règne du roi, loin du conformisme rituel plutôt dévaluant et abrutissant à force de saupoudrer des épices artificiellement patriotiques. Boujemaa Kharraj, Guelmim
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De l’air !
Nous étouffons à Casablanca, et rien n'est prévu pour atténuer cette atmosphère lourde et irrespirable, si ce n'est l'espoir de voir surgir quelques arbres susceptibles de nous apporter un peu d'air frais et moins d'allergie de toutes sortes. Mais, ô désespoir, devant chaque projet nous assistons à la destruction d'arbres pour laisser place à la construction de bunkers, comme c'est le cas pour ce théâtre formé de blocs qui n'ont rien à voir avec l'architecture déjà existante (Casablanca, remise en scène, TelQuel n° 386). Mais nous, impuissants, que pourrions-nous faire, face à une décision dont nous sommes exclus ? Casablanca continuera à produire des blocs à la place de jardins, à faire fi de l'opinion publique, elle continuera à faire dans la poussière, la saleté et l'insécurité. Maria Faroul, Casablanca
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Belles lettres
L’ouvrage collectif Lettres à un jeune marocain (offert aux lecteurs de TelQuel avec le numéro 386), dirigé par Abdellah Taïa, est vraiment bon. J’ai été ravi de voir que, avec ces très belles lettres, de grands écrivains pensaient la même chose que moi. Je recommande la lecture de cet ouvrage comme un véritable document. Je souhaiterais toutefois répondre à Tahar Ben Jelloun et affirmer que, si, un livre peut changer la vie de quelqu'un. Même pour les illettrés, des images peuvent leur donner des idées nouvelles, des rêves nouveaux et un simple magazine féminin peut aider une pauvre femme, qui voit toute la journée ses 4 murs et ses 3 chèvres. Daniel Villedieu, Essaouira
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Ramdam
Tout le monde le sait. Durant le mois de ramadan, on ne travaille pas fort. Un ventre qui crie famine n’incite pas à l’effort. Tout vit au ralenti. On veille tard et le matin, au moment de se mettre à l’ouvrage, on baîlle déjà. Tout le monde surveille sa montre. Les magasins baissent leur rideau. Les chauffeurs de taxi refusent les clients. Mine de rien, les conducteurs de bus augmentent la vitesse en dépit des règles de sécurité. On regarde sans voir, on travaille sans conviction. Cette situation me fait me demander s’il ne serait pas plus judicieux de donner un congé général durant ce mois sacré ? Nabil Taki, Rabat
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Je suis médecin spécialiste…
Pour la première fois dans l’histoire du Maroc, le chômage touche des bac+15, médecins spécialistes de surcroît. C’est une blague ? Non : madame Yasmina Baddou ministre de la Santé et ex ministre de la Famille, a décidé que ces “misérables” médecins du secteur public ne méritaient plus d’avoir une vie de famille. Puisqu’ils ont choisi le métier le plus noble du monde, ils doivent se sacrifier jusqu’au bout. Ainsi, depuis 2 ans, les promotions de médecins spécialistes n’ont plus le droit au regroupement familial, que ce soit les couples de médecins spécialistes ou les femmes mariées avec enfants. Le tout sans assurance de retour de la zone périphérique, sans logement sécurisé, sans indemnité de transport, etc. “Continuez à vous sacrifier, vous devez sauver des vies humaines. C’est vous qui avez choisi cette voie”, nous explique en substance Madame la ministre.
Pour votre information, un médecin spécialiste du secteur public touche un salaire de 9000 DH par mois, soit le salaire d’un bac + 2 du secteur privé. Réponse : “Mais qui parle d’argent ? Les médecins sont là pour sauver l’humanité, point à la ligne”.
Voilà donc où nous en sommes. Quant à moi, je suis médecin spécialiste au chômage. Car je ne peux quitter mon mari et mes enfants. S.M., Rabat
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La revanche d’une blonde
Mon séjour de deux années au Maroc s’achève sous peu. Quelle belle aventure, que de découvertes, que de rencontres ! Il n’y a aucun doute, le bilan est plutôt positif, et soyez-en sûrs, je pars avec un petit pincement au cœur. Malgré tout, je ne pouvais quitter le pays sans vous faire parvenir quelques gros coups de gueule. En tant que jeune femme, européenne, et blonde de surcroît, mon quotidien à Casablanca a été pourri par un bataillon d’hommes ; du jeune pré-pubère au vieux pervers en passant par le “gentil” père de famille sorti pour boire un jus avec ses mioches, ou encore le groupe de jeunes trentenaires en période de rut. Combien de fois en deux ans j’ai été assaillie de chuchotements salaces, de tentatives d’approche minables, et de regards écœurants. Combien de courriers de lectrices indignées faudra-t-il encore lire dans la presse marocaine pour que leur message soit entendu et considéré ? A quand une loi condamnant cette pollution publique ? Céline Lang, Paris |
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