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Météo. Premières pluies, premiers dégâts
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Par Driss Bennani

Météo. Premières pluies, premiers dégâts

(AIC PRESS)

Les premières précipitations de la saison ont causé d’importants dégâts dans plusieurs régions du pays. Faut-il craindre un nouveau scénario catastrophe ?


Rabat s’est réveillée les pieds dans l’eau, ce mardi 15 septembre. Des pluies d’une rare intensité se sont en effet abattues sur la capitale durant toute la soirée. Résultat : des quartiers et des carrefours submergés et des installations stratégiques paralysées. C’est le cas de la gare de Rabat Agdal par exemple. Les photos et vidéos qui ont circulé sur Facebook et d’autres sites de partage sont édifiantes. On y
voit des voyageurs (des navetteurs pour la plupart) marchant pieds nus dans le hall de la gare ou traversant l’une des voies inondées sur des petits ponts de fortune. La circulation des trains a évidemment été grandement affectée et plusieurs retards ont été enregistrés durant la journée. Au centre-ville, la situation n’était pas moins catastrophique. L’une des principales trémies de la ville (celle reliant l’Agdal à Hay Ryad) a, elle aussi, été inondée, bloquant des centaines d’automobilistes pendant plus de trois heures. Un concours d’entrée à la faculté de pharmacie a même dû être annulé. Les cours ont également été interrompus dans plusieurs établissements scolaires de la ville et certaines administrations, dont le ministère de l’Intérieur, ont enregistré des coupures de courant durant toute la matinée du mardi 15 septembre.
“Rabat a connu ce qu’on appelle des averses orageuses et les précipitations ont atteint 32 millimètres en deux heures, ce qui est exceptionnel”, explique Mohamed Bellaouchi de la Météorologie nationale qui poursuit : “Il est tout à fait normal qu’il pleuve en cette période de transition entre l’été et l’automne. Généralement, cette pluie est fine et continue. Cette année, ce sont des précipitations orageuses que plusieurs zones montagneuses ont enregistrées.” Car avant Rabat, il y a eu Errachidia (avec trois personnes portées disparues) et la région de Ouarzazate, où plusieurs accidents ont été signalés sur différents tronçons routiers, en plus de quelques inondations signalées dans les régions d’Azrou et de Beni Mellal.

M6 bloqué à Marrakech
La semaine dernière, Marrakech a eu, à son tour, son lot “d’inondations urbaines”. Au quartier Al Massira par exemple, un fourgon de police a été piégé par la montée subite du niveau des eaux. Le véhicule a finalement été dégagé par les habitants à l’aide de cordes de fortune. Selon certaines sources locales, Mohammed VI, qui se trouvait à Marrakech lors de cette période, est entré dans une colère noire, en constatant l’inefficacité des infrastructures de la ville ocre. Lors de l’un de ses déplacements, le roi aurait même été obligé de changer de véhicule pour dépasser un tronçon inondé au niveau de la gare routière Bab Doukkala. Arrivé à l’aéroport, Mohammed VI avait droit à une nouvelle (mauvaise) surprise, puisque le hall de l’aéroport Marrakech Menara était, lui aussi, entièrement envahi par les eaux, causant l’annulation (ou le report) de plusieurs vols. “Ce n’est pas une affaire d’infrastructusre défaillantes mais de surprise, explique ce cadre chez la Lydec à Casablanca. En cette période de l’année, des travaux d’entretien et de curage des canaux d’évacuation sont généralement effectués en prévision de la saison des pluies. Le problème, c’est qu’on ne s’attendait pas à des précipitations aussi fortes. Plus concrètement, on a eu en trois heures l’équivalent d’un mois pluvieux. Ce n’est donc pas affaire de taille du réseau, mais d’intensité des précipitations”, conclut le responsable.
Soit, mais ces précipitations seraient-elles annonciatrices d’une nouvelle saison pluvieuse au Maroc ? Mohamed Bellaouchi reste prudent sur cette question. Selon lui, “cette année démarre de la même manière que la précédente. En plus, ajoute-t-il, les archives de la météo nationale prouvent que nous pouvons enregistrer jusqu’à trois saisons pluvieuses consécutives”.
L’année dernière, les pluies (de septembre à février) avaient causé de grands dégâts un peu partout dans le pays, notamment à Tanger, dans la région d’Errachidia et dans le Gharb. Une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort, et plusieurs milliers de personnes ont perdu leur logement. Et à ce jour, plusieurs familles (notamment dans la région de Missour) attendent d’être relogées dans des habitations en dur.

 
 
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