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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Moncef Belkhayat. Un ministre dans le vent
Le nouveau ministre des Sports est, à 39 ans, le plus jeune membre du gouvernement. Qui est-il, d’où vient-il ?
Le 29 juillet, Mohammed VI a pris tout le monde de court. Depuis plusieurs semaines, Moncef Belkhayat, président du directoire d’Atcom (filiale de Finance.com dont le patron est Othman Benjelloun), est pressenti pour reprendre en mains Wana, voire Meditel dont il a été le numéro 2 quelques années auparavant. C’est pourtant lui que choisit le roi pour succéder à l’ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, |
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Nawal El Moutawakkil. “Pourquoi lui ? Pour ses talents de manager et son expérience dans les milieux sportifs où il s’est beaucoup investi quand il était chez Méditel, et plus récemment avec le FUS”, commente l’un des proches du nouveau ministre.
Précoce, rapide
Natif de Rabat en 1970, Moncef Belkhayat est un pur produit du système éducatif marocain. Fils d’un grand avocat de la capitale, d’origine fassie, il a fait ses classes au lycée Dar Es-Salam, où les princes et princesses avaient pour habitude de passer leurs épreuves du baccalauréat. Pas très studieux, le jeune Moncef développe rapidement deux passions : les échecs et les voyages. Encore adolescent, il traverse toute l’Europe, avec son sac à dos. “J’étais précoce, j’ai toujours besoin d’aller plus vite que la musique”. Sans trop forcer, Moncef Belkhayat décroche donc son bac en 1988, spécialité sciences expérimentales. Contrairement à ses camarades de promotion qui optent, eux, pour les grandes écoles de commerce françaises ou les universités nord-américaines, lui “se contente” d’intégrer l’ISCAE (Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises) à Casablanca.
Mais le jeune étudiant s’ennuie un petit peu. La théorie n’est pas trop son truc. Lui, c’est la pratique qui l’intéresse. Et il sera servi. Lors des stages de 3ème année, il déniche un emploi à temps partiel chez IMM, filiale marocaine du géant industriel Procter & Gamble. A 21 ans, il est assistant-chef de produit. Sa mission : faire le tour des souks du pays pour promouvoir et vendre deux marques de shampoing. “Cela m’a permis, en me frottant au quotidien du consommateur marocain, de le cerner, de le comprendre”.
Ascension expresse
Signe du destin, la première saillie professionnelle de Moncef Belkhayat est en rapport avec le sport. En 1992, à peine confirmé chez IMM, le jeune homme réussit à imposer le logo d’une marque de lessive dont il est responsable sur les maillots de l’équipe nationale de football. C’était parti. Le jeune cadre passe très vite chef de région, puis directeur du merchandising, avant d’être envoyé en Arabie Saoudite où il se voit confier la direction région des ventes (avec un budget annuel de 200 millions de dollars à gérer) et enfin la direction du développement pour l’ensemble de l’Afrique et du Moyen-Orient. Entre-temps, il décroche un diplôme de Senior Executif Program à la Harvard Business School.
En 2000, Moncef Belkhayat est approché par l’actionnariat de Méditel qui vient de décrocher la deuxième licence GSM du royaume. Il se voit proposer un contrat en or : le poste de directeur central commercial. “En plus de l’aspect financier, il y avait un challenge à relever dans un pays en plein mouvement, le mien. Et puis, sur un plan plus personnel, j’avais envie de retourner au Maroc et de fonder une famille, enfin”. Belkhayat est chargé de mettre sur pied le réseau de distribution de l’opérateur téléphonique. “Il fallait partir de zéro. Aujourd’hui Méditel compte 1200 points de vente et 3000 collaborateurs directs et indirects”, lâche-t-il, fièrement.
En 2005, il est nommé vice-président en charge du commercial, marketing et clientèle, devenant ainsi le numéro 2 de Méditel. Dans ses nouvelles fonctions, Moncef Belkhayat, toujours pressé, fait vite et investit beaucoup dans le sponsoring culturel et sportif. “C’est son idée à lui de sponsoriser à la fois des cinéastes, des comiques, des musiciens, des footballeurs, etc”. explique l’un de ses anciens collaborateurs. En 2006, Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohammed VI, fait appel à lui pour intégrer Maroc Culture, une association dédiée à Rabat, avant de lui proposer la direction marketing du festival Mawazine. Deux ans plus tard, le même Majidi l’invite à rejoindre cette fois ci le comité directeur du Fath de Rabat, dont il est le président. Et ça marche.
Quelques couacs
En 2007, Moncef Belkhayat démissionne de Méditel. La place de numéro 1, tant attendue, ne vient toujours pas. Il se tourne alors vers Othman Benjelloun, un des actionnaires de Méditel. Un an plus tôt, les deux hommes s’étaient déjà associés via le projet Hanouty. Le banquier propose au transfuge de Méditel le poste de président du directoire de Atcom, une nouvelle filiale de Finance.com au capital de 100 millions de dirhams, qui s’apprête à opérer à travers toute l’Afrique dans trois secteurs d’activité : les télécommunications, la distribution et les médias. Comme pour Hanouty, la réussite n’est pas tout à fait au rendez-vous. La pièce centrale du projet, portant le nom de La3, une des chaînes candidates pour les nouvelles licences télé, ne verra pas le jour. Du moins pas pour le moment.
Les ambitions de notre homme ne sont pas enterrées pour autant. Son nom figure dans la short-list des candidats à des postes de responsabilité publique. Moins d’un an plus tard, Moncef Belkhayat se retrouve ainsi au sein du gouvernement. Laissant derrière lui son bureau spacieux et cossu au Twin Center, et un salaire quatre fois plus important, d’après une source bien informée. “Ce n’est pas le plus important. C’est un nouveau challenge à relever. Participer à un chantier d’envergure nationale, voilà le genre d’offre qui ne se refuse pas”, explique celui qui avoue avoir toujours rêvé d’être ministre. La fonction publique lui réussira-t-elle autant que le privé ? L’avenir nous le dira. |
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BIO.
1970. Naissance à Rabat
1988. Obtient son bac
1992. Décroche son diplôme à l’ISCAE et intègre Procter and Gamble
2000. Devient directeur central commercial à Méditel
2007. Nommé président du directoire de Atcom
2009. Intègre le gouvernement Abbas El Fassi. |
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