N° 392
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.

E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca).



Je suis optimiste, mais je me soigne
Permettez-moi de ne pas partager le pessimisme de votre dernier édito intitulé “L’avenir s’annonce sombre” (TelQuel n°391). Et ce pour plusieurs raisons. Il est vrai que notre société était plus tolérante il y a trente ans, mais cela ne veut pas dire qu’elle va évoluer dans le même sens, d’une façon linéaire. Je pense qu’une société bien dans sa peau, ayant une foi apaisée, n’a pas besoin d’être intolérante. L’intolérance est un symptôme de malaise. En effet, autrefois, nous pratiquions notre religion dans une certaine sérénité, sans trop nous poser de questions. Or, actuellement, avec la mondialisation de l’information, cette sérénité est malmenée, ce qui fait que nous sommes fatalement obligés de nous poser des questions qui nous dérangent et de faire des choix. Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer. Par ailleurs, vous reprochez au Pouvoir de manquer de courage. Je ne suis pas de votre avis. Au contraire, il a fait preuve de beaucoup d’audace quand c'était nécessaire (vous avez vous-même cité l’exemple de la Moudawana), et, dans le cas qui nous intéresse, je pense qu’il est prématuré d’agir au risque d’aggraver la situation. Enfin, vous vous inquiétez de la violence de certaines personnes quand il s’agit de religion, de mœurs, etc. Permettez-moi de vous donner un exemple : quand, lors d’une psychothérapie le psychanalyste s’approche de la cause du mal, le patient devient très souvent violent vis-à-vis du médecin. Est-ce que notre société, qui est restée fermée pendant des siècles, n’est pas en face de ses névroses ? Et c’est peut être aux médias de l’aider à se décomplexer. J’espère que dans trente ans notre société sera moins intolérante qu’il y a une génération. Vu mon âge, j’ai très peu de chance d’être là pour vérifier, mais je compte sur vous pour le faire. Lahcen Ghazi, Rabat


Lecteurs, consommateurs
En réponse à votre éditorial “Fonds de commerce” (TelQuel n°390), je tiens à dire que je suis particulièrement d’accord. Comme tout produit, l’actualité est créée par l’homme, relayée par les médias et consommée par le public. Je me demande lequel de ces trois acteurs est le maillon fort de la chaîne, et lequel d’entre eux décide des sujets d’actualité et de ce qui sera imprimé sur le papier. Si le seul indice qu’on prend en compte est le chiffres des ventes, la question sur vos motivations se pose raisonnablement. Est-ce que la presse marocaine est arrivée à maturité ? Bien sûr que non. Ce qu’il manque à notre presse, c’est de se positionner et d’assumer. Fidèle lecteur de TelQuel, je me fais mon idée de l’actualité après avoir lu votre journal. En d’autres termes, je me construis une opinion en vous lisant, et mes pensées s’inspirent de vos avis. Mehdi Rami, Rabat


Je dé-jeûne
Votre magazine, comme à l’accoutumée, a donné une profonde analyse sur l’affaire des six courageux dé-jeûneurs de MALI. Personnellement, j’adhère à leur cause et je condamne fermement la réaction puérile de la grande majorité des Marocains, ainsi que celle des autorités. Cette réaction négative traduit la schizophrénie de notre société : combien de Marocains s’abstiennent de faire la prière ou de donner la “zakat” sans que personne ne les juge ? Notre société, dite démocratique et tolérante, altère la pratique des libertés individuelles. Je m’interroge : comment un Etat peut-il nous forcer à avoir une certaine “croyance” ? Pourquoi ce fameux article 222 de la loi doit-il continuer à enchaîner notre liberté de choisir ?
Mehdi Bousfiha, Fès


Liberté
La liberté de chacun s'arrête aux portes de la liberté des autres. Je souhaite à travers cette phrase synthétiser ma pensée. En effet, libre à chacun de faire le ramadan ou de ne pas le faire. Nous ne pouvons pas nous prétendre juges, chacun sera jugé par son créateur le moment voulu. Néanmoins, je souhaiterais souligner que nous sommes dans un pays musulman et qu’il est dans nos us et coutumes de respecter les croyances de chacun sans les heurter. A bon entendeur. Mounir Khaldi, Paris


Dessine-moi un mouton
Si ma propre foi est sereine, et qu’un acte, une attitude différente ou contraire à mes convictions se présente devant moi, ma réaction première et naturelle devrait être la compassion. C’est une forme de “pitié” pour l’égarement ou la souffrance de l’autre. Me mettre dans des états hystériques trahirait au contraire mon trouble et ma jalousie, donc mon absence totale de foi véritable. Et puis, les choses que nous considérons comme transcendantales et sacrées ont-elles besoin réellement de nos gesticulations pour triompher ? Admettons avec Nietzsche que “tout ce qui a besoin d’être défendu est faible”. Tous ceux qui se sont exprimés contre la décision du groupe des dé-jeûneurs au grand jour ont évoqué “la majorité des Marocains”, comme si cet argument se suffisait à lui-même. Admettons que la majorité des Marocains soit contre, cela signifie-t-il que ladite majorité a toujours raison ? Lahoussine Moukhliss, Casa.
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés