Wilcoume au plus beau pays du monde
Zakaria Boualem, on le savait, est un fainéant.
Il est en congé jusqu’en novembre. D’ici là,
Wilcoume prend le relais du Guercifi à tendance
paranoïaque. Lui est plutôt du genre schizo…
Plan virtuel
Le gouvernement vient de lancer le “Maroc numeric 2013”, un plan censé faire sauter le pays à pieds joints dans le 21ème siècle des NTI. Pour une fois, nos décideurs ont évité les couleurs teintant en temps ordinaire leurs projections de développement : plan azur, plan vert, plan jaune devant et marron derrière… Sans doute avaient-ils épuisé la palette de l’arc-en-ciel. C’est à vrai dire la seule originalité de “Maroc numeric 2013”. Pour le reste, rien de vraiment nouveau sous le soleil. Le projet est magnifique sur papier journal média antédiluvien quand il s’agit de NTI. Comme Wilcoume est un petit vicieux, il a cherché les détails du plan sur Internet. Mais le site du ministère des Nouvelles technologies, chargé de nous faire sauter à pieds joints dans le Web 2.0, ne s’est jamais affiché à cause d’une connexion aussi lente qu’un escargot sous Valium. Classique… ça n’arrivera plus, promis, puisque le gouvernement s’en occupe. Rendez-vous donc… en 2013.
Présumé terroriste
ça se passe dans une brasserie traditionnelle en Allemagne. Des touristes exotiques aux cheveux noirs et aux passeports verts sont attablés avec des résidentes blondes, aux yeux bleus et à la beauté angélique. Ça mange du cuissot de halouf à rassasier Obélix. Ça boit de la chope de bière à assommer un viking. Et ça parle un cocktail de langues latines écorchées. Bref, un dialogue de saouls, inintéressant mais jovial, qui attire la curiosité de tout le bar. Et |
|
voilà qu’un des sarrasins lance la mauvaise blague : il est question d’Al Qaïda et du 11 septembre. D’un coup, un silence abyssal s’installe dans la salle. Même les mouches allemandes s’arrêtent de voler pendant trois secondes. Trois secondes pendant lesquelles notre héros a cru qu’une brigade antiterroriste allait débouler dans la brasserie. Maintenant, il connaît cette règle d’or de la géopolitique : en Occident, on ne lance pas de vanne sur Ben Laden quand on a une tête à s’appeler Oussama.
Métier d’avenir
Nos mendiants sont passés experts dans le marketing de l’émotion. Pour arracher une larme au passant et le délester de quelques pièces, il y a la méthode classique qui consiste à exhiber Ventoline, certificat médical, chaise roulante... Mais plus il y a de mendiants, plus il faut ruser. Tendance en vogue, depuis quelques années : les vendeurs de mouchoirs en papier ou de chewing-gums. Si vous leur répondez que vous n’en avez pas besoin, merci, ils insistent quand même. Genre “je ne mendie pas, moi, je fais du commerce, ça mérite encouragement, non ?” D’après une étude du ministère du Développement social, le Maroc compte environ 120 000 mendiants professionnels (soit 1% de la population active du royaume !) dont le revenu moyen s’élève à 8000 DH par mois. Net d’impôts, évidemment. Et avec ça, il y a encore des diplômés chômeurs qui réclament des postes de fonctionnaires à 3000 DH… Ils n’ont vraiment rien compris !
Circulez, y a rien à boire
Un camion de trente tonnes transportant des canettes de bière s’est renversé sur l’autoroute Casablanca-Marrakech. On a bien dit l’autoroute. Vous savez, cette voie où les piétons sont interdits parce que les voitures circulent à (au moins) 120 km/h… Ça n’a pas empêché un attroupement monstre : des dizaines de voitures sur le bas-côté et une bonne centaine de badauds (dont des enfants des douars voisins qui ont allègrement enjambé les barbelés de l’autoroute), occupés à rafler toutes ces canettes de bière gratuitement envoyées par le bon Dieu. Réflexe de pauvres ? Attendez voir. Il y a quelques années, un transporteur de vin s’était échoué sur une artère du très chic Hay Ryad de Rabat, et certains fûts percés fuyaient. Eh ben, les cadres cravatés et leurs femmes en tailleur avaient réagi pareil. Il fallait les voir vidant des bidons d’eau pour radiateur, des bouteilles de Coca ou de Sidi Ali, tout ce qu’ils trouvaient dans leurs voitures, pour les remplir de pinard en se poussant comme des malotrus. Ah oui, elles sont mortelles, nos routes ! Et ce n’est pas une question de classe sociale. |