N° 395
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Sécuritaire. Sahara Le tour de vis

Politique. Un ouragan nommé PAM

Phénomène. Les Tansikiyatede la colère
L'ACTU MAROC



Interview. “L’IRCAM mérite mieux”

Ahmed Aassid (TNIOUNI)

Ahmed Aassid, chercheur à l’IRCAM, analyse les réalisations et les défis du mouvement amazigh, dans un ouvrage synthétique : La gestion politique du fait amazigh au Maroc.

Huit ans après le discours d’Ajdir et la création de l’Institut royal de la culture amazighe, où en est la politique de l’Etat sur la question amazighe ?
La politique de l’Etat est hésitante. La transition n’aboutit toujours pas et de nombreux blocages sont apparus. De l’ère Hassan II, nous avons hérité d’un système très centralisé et d’institutions rouillées qui freinent
le changement. Tout doit se faire par le roi. Or, si l’on n’implique pas les partis politiques, on ne peut pas créer de consensus.

L’IRCAM a-t-il échoué dans son rôle d’institution médiatrice entre le mouvement amazigh, l’Etat et les partis ?
Oui. Depuis 2007, ce rôle de médiation est en recul, car des lobbies ont réussi à le bloquer. L’IRCAM n’exerce pleinement que ses attributions académiques. 150 livres de référence ont été publiés, des centres de formation créés, mais l’administration résiste. Au Conseil supérieur de l’enseignement, certains veulent revenir en arrière en remettant en cause l’enseignement obligatoire de l’amazigh.

La revendication de la Reconnaissance constitutionnelle est-elle aujourd’hui lettre morte ?
Au contraire, plus que jamais la reconnaissance constitutionnelle de la langue amazighe comme langue officielle du Maroc est nécessaire pour protéger les acquis. Aujourd’hui, le gouvernement ne prend pas l’IRCAM au sérieux. Le discours du roi à Ajdir a eu une portée symbolique forte. Il faut aller plus loin.
Propos recueillis par Youssef Aït Akdim


Procès. Al Michaâl, encore
Le procès engagé par “l’Association de défense des intérêts de la famille Amahzoune contre le journal Al Michaâl et l’AMDH suit, de report en report, son chemin tortueux. Le 20 octobre, le juge a annoncé son verdict pour le 27, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur le fond du dossier (les insultes présumées envers la famille Amahzoune, dans l’édition du 27 novembre 2008 d’Al Michaâl). “On a senti un net changement de ton chez le juge, déclare Mustapha Addari, président de la section de Khenifra de l’AMDH. Au lieu de m’interroger sur les plaintes des victimes que j’avais relayées dans mon entretien avec Al Michaâl, il m’a interrogé sur ma légitimité pour en parler en tant que militant de l’AMDH et même sur le titre de l’interview !”. Quant à l’autre accusé, Driss Chahtane (directeur de publication d’Al Michaâl), le juge n’a pas hésité à blâmer son absence. Ignorait-il que Chahtane avait été incarcéré 5 jours auparavant pour son article sur la santé du roi ? Aujourd’hui, les accusés ne savent plus sur quel pied danser : “Soit le juge s’apprête à clore le dossier, soit il veut nous incriminer à tout prix”, conclut Addari. Zoé Deback


Grève. Rbatis, à vos souliers
5000 employés de neuf sociétés de bus à Rabat observent un arrêt de travail. Ils craignent de ne pas être réemployés par le nouveau concessionnaire de transports en commun.

Depuis lundi dernier, il n’y a presque plus aucun bus dans les artères de la capitale. La raison ? Les salariés de neuf sociétés de transports en commun (désormais regroupés dans Stareo, un consortium regroupant Veolia transports, les sociétés Bouzid et Hakam) observent une grève, car ils risquent de ne pas être réembauchés par le nouveau concessionnaire de bus. D’après la wilaya, Stareo, qui détiendra la gestion exclusive des transports en commun à Rabat à partir du 1er novembre, s’était engagée à embaucher un total de 3200 salariés sur les 5000 enregistrés précédemment, ce qui n’est pas du goût de ceux qui risquent de se retrouver au chômage. Un responsable de Stareo s’explique : “Il n’est pas possible de prendre plus d’effectifs que ce que nécessite le fonctionnement de la société. Et puis, le conflit actuel ne nous regarde pas. C’est l’affaire des anciens employeurs”. Les syndicats sont d’un autre avis et revendiquent l’intégration de la totalité des salariés, appelant à préserver des acquis, dont la comptabilisation des années d’ancienneté : “Le wali nous a promis une entrevue, mais nous attendons toujours”, regrette un des responsables syndicaux des transports en commun. “Si nous n’obtenons pas gain de cause, nous maintiendrons la grève”, poursuit notre source. Les habitants de Rabat, pénalisés, sont dans l’expectative, d’autant que la grève risque de durer jusqu’au 1er novembre. Mohammed Boudarham


Polémique. L’art et la manière
En début de semaine, Omar Balafrej, à l'origine de “l'appel à un réveil du peuple de gauche”, est contacté par de jeunes médecins de l'hôpital des enfants de Rabat. “Ils m'ont interpellé suite à la disparition d'un tableau du défunt Miloud Labied, offert en 1994 à l'hôpital, vendu par le biais d'une galerie à la Trésorerie générale du royaume”, explique Balafrej. Pour Mohamed El Khorassani, directeur de l'hôpital et à l'initiative de la transaction, cette vente n'est pas sujette à polémique : “L'hôpital manque de matériel, et la vente de cette œuvre a permis de retaper le service de réanimation”, argue-t-il. “C'était un cadeau pour les enfants”, rétorque Omar Balafrej, qui envisage de saisir les ministères de la Santé et de la Finance. Réponse d'El Khorassani : “L'argent de la vente est aussi pour les enfants, nous avons des documents qui l’attestent”. Mohamed El Khorassani pense d'ailleurs à procéder, dans les prochains mois, à une vente aux enchères des tableaux offerts, avec autorisation des peintres, pour réaménager l'hôpital. “Les acheteurs pourront décider de laisser les tableaux
exposés”, conclut-il. Ayla Mrabet


Belgique. La première juge marocaine
Le 5 octobre, à Liège, Najat Arbib a juré fidélité à la Constitution, aux lois et au roi… de Belgique. La Cour d’appel vient de nommer la première magistrate belge issue de deux parents marocains. Un parcours étonnant pour cette jeune femme de 34 ans, mère de trois enfants. Najat est une bosseuse, comme peuvent en produire les “quartiers de l’immigration”. Sa vocation, elle la doit à un voisin peu amène. “Je l’ai entendu lancer un jour à des Marocains : ‘De toute façon, vous n’aurez jamais les mêmes droits que nous !’, se souvient-elle. Du coup j’ai choisi des études de droit”. Pour ne pas être une charge pour son père, ouvrier chez Ford, elle finance ses études en travaillant dans un grand magasin. Elle exerce pendant des années comme avocate, avant de passer le concours de juge. Mais Najat n’a pas la grosse tête. “Mes parents m’ont bien élevée, au sens premier du terme, “portée plus haut”, a t-elle déclaré au quotidien belge Le Soir. Je veux rester connectée avec le monde”. Le monde, au sens large : Najat a un lien fort avec ses racines, elle part régulièrement au Maroc avec ses enfants. Z.D.

 
 
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