N° 395
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Débat. Aux origines de la polémique Zafzaf
Reportage. Casanegra à Paris
LE MAG CULTURE



Pages coordonnées par Maria Daif

Danse. Marche avec elle

Meryem Jazouli danse Kelma. (DR)

Meryem Jazouli est l’une des chevilles ouvrières de la danse contemporaine au Maroc. Son dernier solo sera en tournée en France tout le mois de novembre.

A la tête de l’association “les rencontres de la danse” qu’elle a créée en 2002 avec son acolyte Mouna Sekkat, Meryem Jazouli s’attelle, presque dans l’ombre, au développement de la danse contemporaine au Maroc. Et ce n’est pas tâche aisée : “Nous ne bénéficions d’aucun soutien et les programmateurs au Maroc sont frileux dès qu’il s’agit de danse contemporaine”, explique la chorégraphe. A l’association, Meryem
Jazouli et les danseurs indépendants qui l’accompagnent (en plus d’une poignée d’amoureux de la danse) ont un credo, amener la danse vers les jeunes, dans leurs espaces (écoles, universités, orphelinats), mais aussi mener des actions sociales (ateliers de danse à Anaïs, association pour les enfants handicapés mentaux). En 2008, toujours avec Mouna Sekkat, Meryem Jazouli inaugure l’espace de danse Darja : “Un espace qui accueille des résidences d’artistes marocains et étrangers, des stages, et, de temps en temps, des petites représentations”. C’est d’ailleurs à Darja que la chorégraphe a imaginé et travaillé son dernier solo Kelma, en tournée en France pendant tout le mois de novembre. Et au Maroc ? “Une représentation est prévue pendant la 5ème édition du festival de danse On marche… Si je veux le montrer ailleurs, je devrais l’auto-produire”, conclut Meryem. Nul n’est prophète en son pays, hélas. M.D.


Cinéma. L’Esav savante
Pour sa quatrième rentrée, l’Ecole supérieure des arts visuels (Esav) de Marrakech, qui lance deux masters en janvier 2010 et dont une première promotion arrive sur le marché du travail, organise des rencontres professionnelles pour répondre à une question essentielle sur l’industrie naissante du cinéma marocain : dans quelles structures et conditions ses jeunes diplômés sont amenés à travailler ? Dans le cadre du programme d’échange Tempus, le rendez-vous est pris du 30 octobre au 1er novembre entre des spécialistes européens et des étudiants de l’Esav, dont le prometteur El Mehdi Azzam, primé pour la seconde année consécutive au Festival du film de San Sebastian : son documentaire L’Merja, exercice très bien écrit et filmé sur la relation entre un groupe de jeunes Marrakchis et l’étang où ils se baignent l’été, vient de remporter le 2ème prix ex-æquo des Rencontres des écoles de cinéma. Cerise Marechaud


Théatre. Viens voir les comédiens
Après le cinéma, Marrakech est peut-être en passe de devenir la capitale nationale du théâtre. Pas moins de quinze représentations théâtrales de troupes issues de sept pays d’Europe et du Maghreb investiront les planches de la ville ocre (du 3 au 7 novembre au théâtre royal, au théâtre Dar Taqafa et à l’Institut français). Nées de l’initiative de la troupe marocaine Théâtre Academa, les Rencontres Internationales de Théâtre de Marrakech (RITM)entameront cette année leur troisième édition avec une nouveauté : l’introduction du théâtre de rue dans une section nommée MaRue’Kech. Du classique Hamlet shakespearien à l’étonnante adaptation du monologue picaresque de Jean-Phillipe Toussaint dans sa Salle de bain, les RITM ont pour vocation d’être un lieu d’échange et de création où comédiens, metteurs en scène et public partageront leur passion commune. Sophia Benhadou


Audiovisuel. Accord british
Le Maroc et la Grande-Bretagne ont signé à Londres un accord pour renforcer les échanges cinématographiques entre les deux pays. Parmi les objectifs de l’accord : encourager les réalisateurs britanniques à venir tourner au Maroc, en leur offrant plusieurs avantages fiscaux et financiers mais aussi pratiques. “Cet accord officialise ce qui se fait déjà depuis plusieurs années sur le terrain, notamment en encourageant les collaborations entre les professionnels des deux pays”, explique Mohamed Bakrim, chargé de communication au Centre cinématographique marocain. Cet accord, qui entre officiellement en vigueur mi-2010, devrait également faciliter la distribution des films anglais au Maroc. Quant aux réalisateurs marocains, ils bénéficieront en Grande-Bretagne des mêmes avantages que leurs homologues british au Maroc. Meryem Saadi


Inauguration. Dans les arcanes d'Abouelouakar
Fermée en 1995, la galerie Arcanes rouvre ses portes dans le quartier Hassan à Rabat, avec une exposition de taille : “Echelles” de Mohamed Abouelouakar.

Amal Bensouda Bennani et Nawal Kettani Bennani n'ont jamais perdu l’espoir de rouvrir un jour la galerie Arcanes. Fondée en 1989, elles l’ont tenue de 1992 à 1995. Quatorze ans plus tard, les deux galeristes redonnent vie à l’espace. Désormais à Hassan (au lieu des Oudayas auparavant), c’est dans un des sous-sols dédiés à des expositions annuelles qu’elles ouvrent le bal avec Mohamed Abouelouakar, caméléon des arts installé en Russie. Tour à tour cinéaste (il réalise Hadda en 1984, grand prix de la deuxième édition du Festival national du film marocain), photographe et sculpteur, c'est aujourd'hui en tant que plasticien qu'il est (re)connu. Son œuvre, singulière et originale, est pétrie de symboles. De l'éden aux ténèbres, d'Adam à Eve, il mélange les mythes populaires et les représentations oniriques. La critique d’art Nicole de Pontcharra dit de ce natif de Marrakech qu'il “brasse avec les figures, les pigments, les lignes, les photographies, le grand fleuve de l'être, grondant, riant d'être en vie, pleurant ses morts et ses malheurs”. Mohamed Abouelouakar franchit un pas avec Echelles, sa toute nouvelle exposition. Jusqu’au 28 novembre à la galerie Arcanes, 12 rue Abou Faris El Marini, à Rabat. Ayla Mrabet


Spectacle. Copies conformes
“Waterloo”, “Fernando”, “Mamma Mia”, ou “Money Money” repris par une troupe de chanteurs et de danseurs nommée “Sweden’s Waterloo” : c’est le spectacle qui sillonne le monde à guichets fermés depuis plusieurs années. Les deux heures de show reprennent les tubes du groupe ABBA, avec costumes de scène excentriques et kitchissimes en sus. De la première consécration qui remonte à 1974 à l’Eurovision au succès planétaire, Abba Show est une plongée dans les années 1970, sur fond de florilège des titres du groupe mythique. Le spectacle atterrit donc au Maroc (au Megarama de Casablanca les 5 et 6 novembre et le 7 novembre au théâtre national Mohamed V de Rabat). Le prix des billets est à 300 DH, déjà disponibles sur les lieux du spectacle. Hicham Oulmoudane


Palmarès. Marocains bredouilles
Le jury du Festival du court-métrage méditerranéen de Tanger, présidé par le réalisateur Faouzi Bensaïdi, n’a finalement récompensé aucune production marocaine cette année. Les cinq courts-métrages marocains en lice lors de cette 7ème édition (Allô Pizza de Mourad El Khaoudi, Chapitre dernier de Jihane El Bahhar, L’affectation de Radouane El Khalid Fadel, Poupiya de Samia Charkioui et Rires en larmes de Mohamed Labdaoui) sont tous repartis bredouilles. Le Grand prix du festival a été attribué au film français Le saut des deux fous, d'Alexandra Grau De Sola, alors que le Prix du jury a été remporté par la réalisatrice portugaise Claudia Vrejao pour son film Cold day. Quant au Prix du scénario, il a été remis au film chyprio-grec Notice de Constantinos Yiallourides. M.S.


Musique
L’artiste amazigh Hassan Idbassaid a désormais son album. Arouah Anmoune (“viens on y va” en berbère), produit par DJ Youcef (qui collabore notamment avec Saïd Mosker et Joudia), ne séduira pas uniquement les amateurs du patrimoine berbère. Au menu, un featuring avec le rappeur maroco-hollandais OneVoice, et un autre avec Mohamed Reda. Connu depuis plusieurs années chez les communautés amazighes installées en France, en Belgique ou aux Pays-Bas, Hassan Idbassaid espère conquérir enfin le public local, qu’il avait eu l’occasion de découvrir il y a trois ans, pendant le festival Timitar. Extraits disponibles sur Myspace.com/hassanidbassaid.

Carton plein
La bonne fée de Noureddine Lakhmari veille toujours. A peine débarqué dans l'Hexagone, Casanegra fait un tabac (lire article page 62). Les éloges des magazines Marianne et Le Point, des télés Canal+ et TV5 entre autres ne tarissent pas à l’égard du long-métrage. Les critiques sont unanimes : Casanegra montre le vrai Casablanca, pas celui des charmeurs de serpent et autres clichés exotiques. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, est aussi tombé sous le charme. Il s'est entretenu en privé, la semaine dernière, avec le réalisateur marocain… Histoire de lui dire tout le bien qu'il pense du film.

 
 
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