N° 396
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Interview. “Sans presse libre, il n’y aura jamais de démocratie”

Profil. Docteur Mohamed Cheikh et Mister Biadillah

Politique. Les trois font la gauche
L'ACTU MAROC



Miloudi moukharik.“Le SMIG à 3000 DH”

Miloudi Moukharik, secrétaire national de l’UMT. (AIC PRESS)

Pour le secrétaire national de l’Union marocaine du travail (UMT), il ne peut y avoir de paix sociale tant que la législation n’est pas respectée.

Quelle est la nouveauté du dernier round de dialogue social entre gouvernement et syndicats ?
Pour la première fois, nous avons pu prendre connaissance de la Loi de Finances avant qu’elle ne soit présentée au parlement. Nous avons pu donner notre avis sur plusieurs volets liés essentiellement aux salaires et à la fiscalité.

Le gouvernement a-t-il répondu favorablement à toutes vos doléances ?
Il y a malgré tout des points de divergence. Le principal porte sur la revalorisation des salaires. L’UMT, par exemple, demande une augmentation générale de 30 % et un salaire minimum (SMIG) à 3000 dirhams. Le gouvernement répond qu’il n’a pas les moyens nécessaires. Mais nous restons convaincus qu’il peut faire des efforts, surtout que le pouvoir d’achat a subi plusieurs coups durs ces derniers temps.

Maintenant que le dialogue avec le gouvernement a repris, peut-on espérer une période de paix sociale ?
La paix sociale a des conditions qui ne sont malheureusement pas réunies aujourd’hui. Le gouvernement ne fait presque rien pour appliquer les lois existantes : seulement 26 % des entreprises respectent le Code du travail et à peine 2 millions d’actifs sont déclarés à la CNSS. En plus, il ne peut être question de paix sociale quand les libertés syndicales sont bafouées. Un peu partout, dans les entreprises nationales, la constitution d’un bureau syndical équivaut à un licenciement. Propos recueillis par Mohammed Boudarham


Elections. Retour sur 2007
Terrains de campagne au Maroc (IRMC-Karthala, 2009) offre un premier retour académique sur les législatives de 2007. L’ouvrage collectif, dirigé par la jeune politiste Lamia Zaki, offre une galerie de portraits d’acteurs et de lieux, reconstituant des instantanés de campagne qui comblent un vide béant dans l’analyse politique du scrutin du 7 septembre 2007. Amin Allal revient sur le parachutage raté de Omar Elyazghi dans la circonscription de Tanger-Asilah. Ahmed Bendella a suivi la moisson du tracteur El Himma dans les Rhamna. En plus d’une introduction résumant les grandes lignes de lecture du scrutin (abstention, notabilisation de l’USFP, banalisation du PJD), Lamia Zaki décrit les enjeux du difficile contrôle des intermédiaires de la propagande sur le terrain. Retour détaillé aussi sur l’expérience Daba 2007. A noter le portrait haut en couleurs de Abdelbari Zemzmi, “du minbar au parlement” par Mohamed Wazif. Seul regret, le livre est édité à Paris. En attendant, peut-être, une coédition. Youssef Aït Akdim


Religion. Oncle Sam se prononce
La liberté de culte au Maroc s’effrite. Telle est la conclusion, à demi-mot, du rapport annuel américain sur les libertés religieuses dans le monde. Ce document du département d’Etat, publié le 26 octobre, dresse le bilan des atteintes à l’encontre de ceux dont les croyances diffèrent de la ligne officielle. Les centaines de Marocains ne pratiquant pas le sunnisme de rite malékite ont été victimes de nombreux interrogatoires, explique le rapport. Autres dénonciations, la saisie d’œuvres littéraires chiites dans les bibliothèques du pays et l’arrestation de 12 Marocaines converties au christianisme en mars dernier. Malgré tout, le document américain souligne les efforts déployés par l’Etat pour la promotion d’un islam tolérant, via notamment la protection de l’importante communauté juive et de ses institutions. De même, la fermeture des medersas prônant le mariage des fillettes et la révision des manuels scolaires sont à compter parmi les bons points que délivre le rapport. Sophia Benhaddou


Budget. La sécurité d’abord
Les données chiffrées du projet de Loi de Finances 2010 révèlent à quel point les dépenses sécuritaires pèsent sur les postes budgétaires de l’Etat. Intérieur (8000), Défense nationale (1000) et Administration pénitentiaire (1000) créeront plus de 42% du total d’emplois nouveaux (23 700) dans la fonction publique, à partir de janvier 2010. En dirhams, l’addition est encore plus lourde, Intérieur, armée et prisons coûteront aux Marocains plus de 55 milliards de dirhams, soit un peu plus de 20% du montant total des charges de l’Etat. C’est plus que le budget de l’Education nationale et 5 fois le montant des crédits ouverts pour la Santé. Les dépenses d’équipement de la Défense nationale s’élèvent elles seules à 15 milliards de dirhams. Un chiffre masqué par les crédits alloués à un fonds spécial (hors budget général de l’Etat) pour “l’acquisition et la réparation des matériels des Forces armées royales”, doté de 10,2 milliards de dirhams. Pour comparaison, le budget de la Culture est de 500 millions de dirhams. Y.A.A.


RNI. La guerre des communiqués
Les querelles intestines qui secouent le Rassemblement national des indépendants (RNI) viennent de prendre une nouvelle tournure. Désormais, c’est par presse interposée que sont menées les escarmouches entre les réformistes, portés par Salaheddine Mezouar, et les sympathisants du président Mostafa Mansouri. En milieu de semaine, ces derniers ont laissé filtrer un document dévoilant la stratégie de communication du clan Mezouar. Stratégie qui été confiée à deux agences conseil pour lui assurer de plus grandes retombées médiatiques. “Notre objectif était de mettre en évidence le caractère organisé et prémédité de ce mouvement qui vise à déstabiliser le parti”, explique un proche de Mansouri. Quatre jours plus tard, les réformistes contre-attaquent en réunissant les signatures de 27 des 30 membres du comité exécutif du parti. Dans la liste, un nouveau rallié de taille : Mohamed Abbou, ministre de la Modernisation des secteurs publics. “C’est le signe que notre mouvement fait l’unanimité”, explique un réformiste. Fadoua Ghannam

 
 
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