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Voyage voyage
C’est avec curiosité et passion que, à la lecture de votre précédent dossier (L’empire du sexe TelQuel numéro 395), j’ai plongé dans ce voyage exotique au temps des plaisirs charnels. Voyage est bel et bien le mot adéquat. Au fur et à mesure des lignes, mon regard avide était celui d’une étrangère dans son propre pays, qui découvre un tout autre monde, examine les photos avec attention et ponctue ses trouvailles de “ah bon” intéressés. Mon visage passait tour à tour de l’émerveillement à la pitié, en passant par la surprise. Certains noms (de personnes, de quartiers) me paraissaient familiers de par leur sonorité. Mais je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée que ce monde aux airs des mille et une nuits, a existé sur cette même terre que j’habite. Un retour décomplexé dans un passé enfoui. Leïla Cherif, Rabat
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Flûte le fuel
Je vous écris en réponse au courrier d’un lecteur paru dans TelQuel, qui se plaignait de la qualité du gasoil. Il ne s’agit pas d’un problème de gasoil 50 ou 350, mais bien d’une escroquerie qui est en train de se généraliser dans les stations-service du royaume, et notamment a Marrakech. Les réparation sur mon véhicule, qui carbure au sans plomb, viennent de me coûter en 2 mois 38 000 DH. A chaque fois, c’est le même constat chez mon concessionnaire : le carburant est coupé avec de l'eau. Trouver du carburant “noble” sur Marrakech devient mission impossible. De combien de drames et d'accidents mécaniques nos pompistes sont-ils responsables ? Combien de tonnes de CO? supplémentaires avons-nous rejeté par leur faute, pendant qu'ils s'enrichissent au détriment de la santé de nos enfants ? Ce n'est pas d'une commission d'investigation dont nous avons besoin, mais d'une brigade de répression des fraudes aux carburants.
Eric E., Marrakech |
Le Maroc, une république française?
Touriste français en voyage au Maroc, je suis récemment passé par la gare Casa Voyageurs. Alors que j’attendais sur le quai, un objet familier accrocha mon regard : une boîte à lettres jaune canari, très semblable à celles que l’on trouve en France. En jetant un coup d’œil de plus près, quelle ne fut ma surprise de constater qu’il s’agissait d’un authentique objet postal français, estampillé “RF” (République Française) ! Pourtant, le Maroc est un pays décolonisé, non? Marcel Abadie, Sinzos, France
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Ben Barka, l’affaire
Un général arrêté à sa descente d’avion à l’aéroport d’Orly ; la famille Ben Barka qui se dit satisfaite que l’affaire trouve enfin une issue judiciaire digne de ce nom ; les officiels marocains qui protestent et rappellent leur ambassadeur à Paris. Ce scénario aurait pu être possible si les mandats internationaux lancés par le juge Ramaël dans l’affaire Ben Barka n’avaient été suspendus. Ce rebondissement a, encore une fois, montré qu’il ne s’agit pas d’une affaire comme les autres, car très complexe. Elle pose en effet plusieurs problématiques : le pouvoir au Maroc serait-il encore légitime s’il s’avérait que les dirigeants de l’époque, pour certains encore en poste, ont participé d’une manière ou d’une autre à l’assassinat de Ben Barka ? Le camp occidental, et plus précisément la France, soupçonnée d’avoir trempé dans cette affaire, pourrait-il se targuer d’une victoire morale sur le camp communiste s’il avait cautionné la disparition d’un opposant politique ? Peut-on juger, avec quarante années de décalage, des faits qui se sont déroulés à un moment particulier, où les adversaires politiques se considéraient comme des ennemis, et où la compétition politique était une lutte sans merci conduisant parfois à la mort ? Cette affaire oppose deux visions légitimes : d’une part, un fils qui considère que l’honneur de sa vie est de rendre justice à un père disparu et de rendre possible le deuil pour sa famille. D’autre part, un Etat qui fait valoir sa raison : si le Maroc admet que certains de ses fonctionnaires se sont fourvoyés en persécutant des opposants, il récuse avec force que l’Etat, le régime ou encore ses dirigeants ont ordonné ou ordonnancé la répression ou l’assassinat d’un opposant. Décidément, il y a des procès pour lesquels seul le grand tribunal de l’histoire est légitime ! Ismaïl Lazrek, Marrakech
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Atchoum !
Les écoles sont désertées, les hôpitaux débordés. La grippe A donne la fièvre à de nombreux parents, pourtant pas touchés par le désormais célèbre virus H1N1 ou grippe porcine. Après la fermeture de plusieurs écoles, beaucoup de Casablancais, inquiets, se sont précipités en masse à l’hôpital Moulay Youssef. D’autres, et ils sont nombreux, ont préféré garder leurs bambins en quarantaine devant la télévision, pour des raisons que je ne m’explique pas. Les plus téméraires, réunis aux abords des établissements scolaires, tentent d’empêcher leur progéniture d’embrasser leurs petits camarades. Mais les parents ne peuvent pas se substituer à l’Etat, et puis, pourront-ils être derrière leur bambin à chaque moment de la journée ? En attendant le vaccin, la panique nous guette. Wafaa Wafaa, Settat |
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