N° 396
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Saphia Azzeddine. “Allah ne doit pas être tabou”
LE MAG CULTURE



Pages coordonnées par Maria Daif

Tournage. Pour une poignée de dirhams…

Faouzi Bensaïdi (AFP)

Trois losers, une prostituée, un casse de bijouterie : trois indices sur le nouveau film de Faouzi Bensaïdi, en tournage cet hiver à Tétouan.

Un ciel bas et lourd, un rêve de grandeur, une femme qui débarque en ville… voici, en quelques mots, le prochain long-métrage que concocte Faouzi Bensaïdi. Dans Mort à vendre, le cinéaste renoue avec le tragicomique et les destins croisés de WWW-What a wonderful world. Malik, Allal et Soufiane, trois potes qui vivent de vols à la tire, décident de changer leur existence en fomentant le casse d’une bijouterie. Mais
leurs motivations diffèrent : l’un rêve de sauver la prostituée qu’il aime, un autre veut se lancer dans le grand trafic de drogue, le troisième, bon vivant dont la vie a basculé, espère tuer le propriétaire chrétien de la bijouterie. Le tout, à Tétouan, “orgueilleuse, abandonnée et blessée, et dont les rues respirent la tension sociale. Le lieu idéal pour un film violent, noir, traversé par un humour décalé”, explique le réalisateur dans ses notes d’intentions présentées à Cannes en mai dernier, sous le titre très tarantinesque : Death for sale. Le film de Faouzi Bensaïdi, qui a reçu 5 millions de dirhams du Centre cinématographique marocain, figurait déjà parmi la dizaine de projets choisis par l’Atelier du Festival pour un soutien au financement. Mort à vendre, dont le casting est en négociation, sera tourné en décembre et janvier entre Tétouan et Casablanca. Cerise marechaud


Cinéma. Clandestino
Prix de la meilleure interprétation masculine pour son rôle dans Tissée de mains et d’étoffe de Omar Chraïbi, l’acteur Tariq Bakhari est de retour à l’affiche du film franco-suisse Opération Casablanca. Réalisé par Laurent Nègre (Fragile), ce long métrage raconte l’histoire de Saadi, un jeune Maghrébin qui vit clandestinement de petits boulots à Genève et qui deviendra le suspect numéro 1 de l’enlèvement du secrétaire général des Nations Unies par un commando islamiste. “Ils m’ont préféré a Rachid Debbouze (frère de Jamel) parce qu’ils voulaient un acteur maghrébin avec un accent du bled”, commente Tariq Bakhari, qui partage l’affiche avec Jean- Luc Bideau (H) et Zinedine Soualem (Bienvenue chez les Ch’tis).Tourné entre Genève et Tokyo, le film, actuellement en postproduction, sortira dans les salles en mars 2010. C.M.


Festival. Le Fida remet ça
“Fenêtre sur le monde, le documentaire est aussi un outil d’éducation civique et populaire”, assure Nezha Drissi, directrice du Fida Doc Souss. Ce festival international du documentaire repart à Agadir pour une 2ème édition du 10 au 14 novembre, avec comme credo : privilégier les pays du Sud, et échanger sur les grandes problématiques d’aujourd’hui, comme les droits de l’homme, la mondialisation, le développement durable ou l’environnement. En compétition, 12 films du Brésil, d’Inde, du Pérou, du Mexique, de Chine, de Turquie, du Kenya et du Maroc (Sur le fil de Wahid El Moutanna), ainsi que des sections parallèles où l’Afrique (Tchad, Niger, Burkina, Madagascar) tiennent une place de choix. En parallèle, entre ateliers et rencontres, la Caravane numérique ambulante projettera des documentaires marocains (dont Nos lieux interdits de Leila Kilani) dans les quartiers populaires d’Agadir. C.M.


Arts plastiques. Corps à corps
“P as des nus, mais des corps, racontant des émotions. J’essaie de dire de plus en plus de choses, de véhiculer ce qu’il y a à l’intérieur”, explique Florence Arnold. Au fil de ses 29 tableaux (dont une lithographie et six pièces sous plexiglas appelées “Fragment”) composant l’exposition “Corps écrit”, l’artiste-peintre française, installée au Maroc depuis sept ans après une vie entre Côte d’Ivoire, Cameroun, Algérie et Etats-Unis, souhaite restituer la fragilité de l’être humain. Marouflage (papier) sur toile, acrylique, couleurs pastel et esquisses délicates disent, en effet, l’inévitable érosion de l’homme. A effleurer des yeux du 4 novembre au 5 décembre à la Loft Art Gallery, au 13 rue Al Kaissi, Triangle d’or, Casablanca. C.M.


Exposition. Le Parfum
Pour l’exposition “Parfums du Maroc, un art de vivre”, les organisateurs ont fait les choses comme il se doit. Des spécialistes des fragrances marocaines ont ainsi travaillé dur pour recueillir les meilleures recettes de nos grands-mères à base d’huiles essentielles, d’herbes aromatiques, d’argile, d’épices, ou d’eau de rose. Les fruits de ces recherches : des ateliers d’élaboration de parfums pour adultes et enfants, une collection d'objets liés aux soins du corps et à la beauté, et une autre consacrée aux plantes aromatiques, épices, gommes, résines et minéraux. A découvrir également, le tapis d'épices de l’artiste Nadia Ouriachi Conejo, ses toiles et installations florales. Autant dire qu’à la Fondation Dar Bellarj à Marrakech, il fleurera bon jusqu’en mai 2010. Meryem Saadi


Mode. Ich bin ein Berliner
Amine Bendriouich a mis Berlin dans sa poche et, avec, deux prix du concours Créateurope. Une consécration pour le créateur de mode à la célèbre tignasse.

Heureux qui comme Amine Bendriouich a fait un beau voyage. Unique “Maghrébin, arabe, africain et amazigh”, plaisante-t-il lui-même, sélectionné pour participer à Créateurope 2009 (concours européen de jeunes créateurs de mode et de design, créé par le Goethe Institut et le bureau berlinois de l’Union Européenne des Instituts culturels), ses créations ont conquis Berlin. A coups de crayons et de ciseaux, il a damé le pion à 30 candidats - dont 28 de l’Union Européenne et une Israélienne -, raflant deux prix : celui du public et la mention spéciale du jury : «Les votes du public ont démarré en juillet dernier, sur la base de photos de créations et de biographie sur internet. Le 15 octobre à Berlin, nous avons tous présenté nos travaux lors d’un grand défilé auquel étaient présents jury, professionnels et amateurs de mode”. Amine Bendriouich repartira donc bientôt en Allemagne pour récupérer son dû : 6 mois à Berlin entre un appartement, un showroom et un atelier rien que pour lui, en plus d’un service de patronage et le coaching de grands noms de la mode berlinoise : “J’y serai probablement en mars prochain, il fera meilleur”, prévoit Amine. Au fait, félicitations, ça se dit comment en allemand ? M.D.


Musique. Une fleur nommée Zahra
C’est aux sons des rythmes gnaouis et de la folk mélancolique de Bob Dylan qu’a grandi Zahra Hindi. L’artiste, autodidacte, a cueilli ensuite sur son chemin, de Khouribga à Paris en passant par le Caire, des influences diverses. Chanson arabe, chaâbi, raï, reggae et blues africain composent ainsi le style de cette jeune amazighe qui alterne l’anglais et le berbère, et chante d’une voix gracieuse des ballades dans lesquelles elle dit ses leçons de vie et sa volonté d’être ici et ailleurs. Ayant toujours privilégié le contact et l’échange avec le public, ce n’est qu’aujourd’hui que Zahra sort son premier EP (7 titres). Intitulé Hand Made, il est l’avant-goût alléchant de l’album dont la sortie est prévue pour janvier 2010. Sophia Benhadou


Inauguration. Matisse, 2ème du nom
Après onze années marrakchies, Matisse Art Gallery a désormais son pied à terre à Casablanca. La galerie, l’une des plus actives dans la ville ocre, s’installe dans la ville blanche et compte faire parler d’elle. La preuve par une première exposition consacrée à Hassan Hajjaj, Marocain de Larache installé à Londres depuis ses 14 printemps. Un choix des plus judicieux, l’artiste ayant fait de rares apparitions dans son pays natal. Digne héritier du Pop Art (il est l’auteur de la déco du bar parisien l’Andy Warhol), Hassan Hajjaj, cela saute aux yeux, s’amuse comme un gosse à traduire sa culture plurielle dans ses travaux. Logos, images de marques, stéréotypes picturaux alliés à sa passion pour la musique forment son univers. Ses photographies et installations minutieusement conçues ouvriront le bal le 20 novembre à Matisse Art Gallery, sise au 2, rue du 6 octobre, Anfa, Casablanca. Jusqu’au 15 décembre. M.D.


Publication
Tahar Ben Jelloun, membre de l’Académie Goncourt, refait des siennes aux éditions Gallimard. Marabouts, Maroc relate l’histoire des tombeaux des saints sur 192 pages, en images (une série de photographies prises sur plusieurs années par trois artistes espagnols) et en légendes poétiques de Tahar Ben Jelloun. L’auteur revient dans l’introduction sur les origines des saints, leurs petites et grandes histoires ainsi que leur influence sur les villes et villages où ils reposent en paix. Un beau livre disponible dans les librairies. Pour un cadeau de fin d’année.

Nomination
Après Percussion Kid de Mohamed Achaour en 2007, Casanegra de Noureddine Lakhmari en 2008, c'est au tour du court-métrage 37 kilomètres Celsius de Othman Naciri d'être en compétition officielle au Festival international du film de Dubaï, prévu du 9 au 16 décembre prochain. Dans ce petit bijou, un homme se force à aller célébrer son mariage, une femme gagne au loto, et une route est barrée dans le désert pour cause de tournage de film de guerre. Driss Roukhe et Omar Lotfi reviennent donc, une fois de plus, sur les écrans émiratis, aux côtés de Meryam Raoui et Karim Saïdi.

 
 
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