N° 396
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Wilcoume au plus beau pays du monde

Zakaria Boualem, on le savait, est un fainéant.
Il est en congé jusqu’en novembre. D’ici là,
Wilcoume prend le relais du Guercifi à tendance
paranoïaque. Lui est plutôt du genre schizo…


Yo yo Rachida !
Quel est le point commun entre Rachida Dati et les membres du groupe de rap H-Kayne ? Eh ben, ils ont fait ensemble la couverture de Paris Match cette semaine. C’était à l’occasion de la 4ème édition du “Concert de la tolérance”, organisé dernièrement à Agadir. Wilcoume, qui aime bien Dati, H-Kayne et Paris Match (il aime tout le monde en fait), se demande en quoi une photo réunissant les rappeurs meknassis et l’ancienne Garde des sceaux française peut refléter la tolérance. A moins de s’arrêter sur leur look vestimentaire. Le tailleur haute couture de l’ancienne ministre de la Justice française a toléré les pantalons baggy et T-shirts XXL des H-Kayne. Si ça ne tenait qu’à Wilcoume, il aurait proposé une photo de la pin-up Haifa Wehbe avec Rachid Ghoulam, le rossignol d’Adl Wal Ihsane. Ca, ça serait de la tolérance !

Bruyant comme une tombe
Un mort dans le quartier. Et voilà qu’apparaît, comme par enchantement, une tente au milieu de la rue pour rendre un dernier hommage au défunt. L’installation du guitoune s’accompagne invariablement d’engueulades entre membres de la famille du mort : “Non, la bâche plus sur la gauche !”, “Tire sur la corde !”, “Passe-moi le marteau, crétin !”. Un marteau plantant un piquet dans le bitume, ce n’est pas du Mozart ni du Najat Aâtabou, parole de Wilcoume, mélomane averti. Interdit de sieste en journée, notre héros se retrouve aussi privé de sommeil la nuit.
Quand il pense être débarrassé des bruits de camping improvisé, les tolba entrent en scène pour psalmodier le Coran jusqu’à l’aube. “Les grandes douleurs sont muettes”, dit l’adage. Sur le reste de la planète sans doute ; au Maroc, certainement pas. Elles réveilleraient un mort…

Smicard de luxe
ça ressemble à une bonne blague, mais c’est bien réel. La CDT, centrale syndicale au passé glorieux mais en perte de vitesse, demande au gouvernement de porter le SMIG à 6000 dirhams. Autrement dit, de tripler le salaire minimum ! Wilcoume, qui a l’imagination prolixe, pense alors aux répercussions économiques d’une telle mesure. Les smicards changeront de visage. Et de menu par la même occasion. Fini la gamila populaire et le déjeuner au thon ou l’hrour au bouiboui du coin. Les mahlabate fermeront les unes après les autres, la siviana disparaîtra de la surface de la planète. Et les enfants de Wilcoume rêveront de devenir smicards plutôt que médecins ou narcotrafiquants. Les syndicalistes seraient-ils de doux rêveurs ? Certainement pas. Ils font monter les enchères, bluffent pour, au fond, n’obtenir, comme le dit si bien l’expression, que le minimum syndical.

Aux frais de la princesse
A Algésiras, à quelques mètres de l’embarcadère du ferry pour Tanger, Wilcoume est le spectateur d’une scène où l’absurde le dispute au comique : une vingtaine de Marocains, bagage à la main, sont arrêtés par la Guardia civil. Le contrôle d’identité confirme qu’il s’agit de sans-papiers. Jusque-là, donc, rien d’anormal. Sauf que les clandestins, décidés à rallier la mère-patrie, étaient en possession de leurs billets de retour, payés de leur poche. Mais la police espagnole ne veut rien savoir, et décide de les refouler à ses frais. “Euréka”, se dit alors Wilcoume : la prochaine fois qu’il ira en Espagne, il prendra uniquement un billet aller, et jouera le harrag au retour. Il a trouvé le moyen de se faire offrir un trajet en bateau aux frais de la princesse. Sofia, c’est son nom.

 
 
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