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Par Meryem Saadi
Droits Télé. Le foot hors de prix
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Les cafés restent la meilleure solution pour regarder les matchs
de la Coupe du Monde, diffusés
sur Al Jazeera Sport. (AFP)
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Mauvaise nouvelle : les téléspectateurs marocains risquent d’être privés de CAN et de Mondial. Explications.
Attablés confortablement dans un café à Casablanca, Hicham et ses amis n’ont d’yeux que pour le petit écran, qui rediffuse un match de la Ligue des champions sur la chaîne qatarie Al Jazeera Sport. Il y a quelques semaines, Hicham a appris que 2M avait cessé de diffuser en direct les matchs-phares de la compétition européenne, très suivie au |
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Maroc. “Vu que nous n’avons pas les moyens d’acheter la carte prépayée d’Al Jazeera, nous préférons nous retrouver dans des cafés pour pouvoir suivre les matchs de la Champions League et du championnat espagnol”, explique-t-il. Dans quelques mois, Hicham devra encore payer son “Noss Noss” pour suivre les matchs de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) et ceux de la Coupe du Monde.
Guerre des prix
Depuis quelques années, les chaînes du pôle public (Al Aoula, 2M et Ariyadia) peinent à se payer les droits de retransmission des grandes compétitions de football. En 2004, la SNRT avait réussi in extremis à trouver un arrangement financier avec la chaîne saoudienne ART pour pouvoir diffuser les matchs de l’équipe nationale. Depuis, les prix ont encore flambé. Et le pôle public a du mal à suivre. La raison de cette hausse des prix ? La guerre sans merci que se livrent ART et Al Jazeera Sport pour décrocher les droits d’exclusivité dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Al Jazeera a déboursé plus de 6 milliards de dirhams pour décrocher les droits de la Ligue des Champions jusqu’en 2012, tirant le tapis sous les pieds de ART. Le Maroc paraît bien pauvre en regard de tout cela, puisque les recettes publicitaires (900 millions de dirhams seulement pour 2M et Al Aoula en 2008) ne peuvent pas amortir les charges liées aux droits télé.
“Le problème avec le marché des droits sportifs dans notre zone, c’est que les enchères dépassent la réalité économique de la majorité des pays qui en font partie”, explique Tarek Najem, directeur de la chaîne Ariyadia et membre du comité marocain des droits sportifs, affilié à la SNRT, qui gère les intérêts des trois chaînes du pôle public.
En 1998, 2M et RTM achetaient un match de la Coupe du Monde à 40 000 dirhams. Pour la prochaine édition en Afrique du Sud, il faudrait débourser 1,5 million de dirhams par match. Goûtez la différence. Même la FIFA, qui aurait pu aider le Maroc à acquérir ces droits à des prix plus raisonnables, s’abstiendra puisque le royaume ne sera pas présent à la prochaine Coupe du Monde. Reste à espérer que le Maroc se qualifie pour la CAN pour voir, comme nous le dit Tarek Najem, “notre télévision négocier au mieux avec ART qui détient tous les droits”. Pour l’instant, ART a placé la barre haut : elle exige environ 100 millions de dirhams si les Lions de l’Atlas participent à la CAN, un peu plus de la moitié dans le cas contraire.
Le modèle européen
Question : comment faire pour que le marché des droits sportifs de la zone MENA soit plus équitable ? “Il faudrait, comme c’est le cas en Europe, créer un consortium des chaînes télévisées pour contrer cette flambée des prix”, explique Tarek Najem. La FIFA devrait bientôt se pencher sur le problème, pour freiner l’appétit des chaînes câblées qui quadruplent parfois les prix des droits télé à la revente. En attendant, les chaînes nationales tentent de satisfaire la demande en programmant, tant bien que mal, des matches en léger différé, ou des championnats aux prix plus accessibles. 2M a ainsi réussi à se payer les droits du championnat anglais, moins cher que la Liga ou le Calcio. Arryadia, elle, a décidé de diffuser le championnat brésilien. Pas terrible. |
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