France. Chirac va-t-il tomber ?
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L’ex-président français était en vacances au Maroc quand la nouvelle des poursuites est tombée. (AFP)
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L’ex-président français vient d’être renvoyé en correctionnelle par une juge d’instruction pour des faits remontant au temps où il était maire de Paris.
La nouvelle est tombée alors que Jacques Chirac coulait des jours heureux à Taroudant, en famille. Soupçonné de “détournements de fonds” et “d’abus de confiance”, il est notamment accusé “d’avoir engagé et payé par la mairie de Paris un certain nombre d’employés”, de 1983 à 1995. Des employés fantômes en quelque sorte. Samedi 31 octobre, le président retraité a quitté le Maroc pour rentrer illico à Paris, |
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| afin de préparer sa défense. Pour son avocat, Me Jean Veil, il n’y a aucun doute : “La défense du président Jacques Chirac commence véritablement aujourd'hui. Elle s'achèvera par un procès au cours duquel il établira son innocence”. Chirac, malgré sa grande popularité, risque gros s’il est reconnu coupable : dix ans de prison ferme et 150 000 euros d’amende. Ces événements surviennent au moment où le premier tome des mémoires du président arrive dans les librairies. La gauche comme la droite observent les faits avec prudence, évitant les déclarations hasardeuses. Quant à Patrick Devedjian, ministre de la Relance, est monté au créneau estimant que ce n’était pas “une si bonne chose que ça, même si cela donne le sentiment que la justice est la même pour tous”. |
Mauritanie. Un journaliste derrière les barreaux
Hanevi Ould Dahah, directeur de publication du journal électronique Taqadoumy.com, le site d’informations le plus visité en Mauritanie, est toujours en prison. La demande de liberté provisoire de Hanevi a été rejetée le 1er novembre alors que la Cour suprême devrait examiner son pourvoi en cassation le 12 novembre. Arrêté en juin pour ses critiques pendant les élections présidentielles et retenu sans mandat judiciaire, il a été condamné le 19 août à six mois de prison ferme pour “atteinte aux bonnes mœurs”. Son tort : avoir laissé les Mauritaniens s’exprimer librement sur le forum de son site “Paroles interdites”. Le président mauritanien Ould Abdelaziz avait convoqué le syndicat des journalistes pour leur expliquer que Hanevi sera gardé en prison “pour sa propre sécurité”. Sic.
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Ex-Yougoslavie. Un accusé très encombrant
Radovan Karadzic, ex-chef des Serbes de Bosnie, a enfin accepté, mardi 3 novembre, de faire face à ses juges du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), qui siège à La Haye (Pays-Bas). Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et, entre autres, d’avoir orchestré le massacre de 8000 musulmans de Srebrenica, dont des femmes, des enfants, des vieillards… Dans son réquisitoire de lundi 2 novembre, le procureur du Tribunal a chargé Karadzic, qui ne se trouvait pas dans la salle, l’accusant d’avoir écrit, en 1995 à Srebrenica, “l’une des pages les plus noires de l’humanité depuis la Deuxième guerre mondiale”. Radovan Karadzic, longtemps en fuite en Serbie, a été arrêté en octobre 2008 et immédiatement livré au TPI. Agé de 64 ans aujourd’hui, il a d’abord commencé par boycotter les séances, histoire de préparer sa défense, avant de s’incliner mardi. S’il est reconnu coupable, il risque la perpétuité. En attendant de mettre la main sur son bras armé, Ratko Mladic, toujours en fuite.
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Moyen-Orient. Dérapage contrôlé
Le récent revirement de l’administration américaine sur la question des colonies en Cisjordanie affaiblit encore plus le président palestinien, Mahmoud Abbas. Lors de sa visite la semaine dernière dans les territoires occupés et en Israël, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a invité les Palestiniens à s’asseoir à la table des négociations avec les Israéliens sans conditions. Autrement dit, sans exiger un gel des colonies. “Une vraie gifle au président et à sa politique de négociations”, selon ses proches collaborateurs. Sauf que pour Hillary Clinton, de passage au Maroc, lundi 2 novembre, après sa virée dans les territoires occupés, “la position de l’administration Obama sur les colonies est claire : les Etats-Unis considèrent que la poursuite des implantations israéliennes n’est pas légitime”. Une déclaration à remettre dans son contexte, évidemment : Hillary Clinton s’exprimait devant un parterre de ministres arabes des Affaires étrangères à Marrakech.
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Iran. La pirouette a mille temps
Le processus des négociations sur le nucléaire iranien est un chemin semé d’embûches. La République islamique n’a toujours pas donné sa réponse à la proposition de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), préconisant l’enrichissement de son uranium en Russie et en France. Devant les déclarations menaçantes des Etats-Unis et de la France, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême et référence incontournable, s’est montré tout aussi menaçant et inflexible : “Nous ne négocierons pas sur la base d’un résultat imposé par les Etats-Unis. Nous ne voulons pas d’un dialogue entre loup et agneau”. Alors que les observateurs internationaux attendent toujours le rapport de l’AIEA sur l’inspection du site de Qom (fraîchement dévoilé par les autorités iraniennes), rien ne présage que les autorités du pays céderont le moindre pouce quant à leur programme nucléaire, civil selon elles, à but militaire selon leurs adversaires. |
LU POUR VOUS. La fin d’un monde
La semaine prochaine, Berlin va revivre une seconde gueule de bois, identique à celle qui a suivi la chute du Mur il y a 20 ans. Même si toute une génération a grandi à travers toute l’Europe sans aucun souvenir de la cité divisée ni d’un pays démembré, les scènes du 9 novembre 1989 sont vécues et revécues comme la fin de la Guerre froide. Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agissait d’un des premiers événements qui ont mobilisé les télévisions 24h/24, partout dans le monde. C’était surtout l’extase du moment. Le Mur a été démoli dans l’euphorie, spontanément, presque par hasard. Une barrière qui a pris plusieurs années pour être bâtie a été rasée en quelques heures, avec des pioches, à main nue. Et le sortilège qui a maintenu 17 millions d’Allemands dans l’esclavage, ainsi qu’une bonne partie d’Europe de l’Est, est tombé. Il n’y a aucun risque pour que le souvenir de ces moments s’estompe, aussi longtemps que cet événement est célébré. Mais les années qui ont l’ont précédé ont tendance à s’effacer des mémoires. Pas seulement en Allemagne, mais dans tout le bloc de l’Est. La répression et l’occupation qui ont prévalu font aujourd’hui partie d’un monde de fiction, accessible uniquement aux artistes, qui arrivent encore à soulever le souvenir de ces années de claustrophobie et de paranoïa. Mary Dejevsky, Independent du 3 novembre. |
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