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Pour l’amour de l’art
Fin septembre, le quotidien Attajdid, porte drapeau de la mouvance islamiste, consacre six colonnes à la Une, ni plus ni moins, à une œuvre romanesque de l'écrivain Mohamed Zafzaf : Mohawalate 'aïch (Tentative de vie). Non pour célébrer l'un des authentiques initiateurs de la nouvelle littérature marocaine d'expression arabe, mais pour l'enterrer une deuxième fois. La finalité de l'article publié dans le journal officieux du PJD est proclamée et le bûcher inquisitoire dressé?: retirer l'œuvre littéraire du fils de Souk El Arbâa du programme scolaire. Elle serait, à en croire l'argumentation, contraire à la morale! Quelques jours plus tard, c’est un autre quotidien de la place, proche des milieux conservateurs, qui abonde dans le même sens… Que reprochent les inquisiteurs de service au roman de Zafzaf, eux qui le connaissent si mal ? En gros, ce qui suit : “La plupart des événements se déroulent dans les bars et autres débits de boissons alcoolisées (…), la neutralité de l'œuvre vis-à-vis de la consommation d'alcool et du tabac, l'adultère et l'ingratitude envers les parents”. Autant de “péchés” contraires aux “valeurs pédagogiques de l'école marocaine” dont il faut “préserver les élèves de quatorze ans”.
Une telle lecture d'une œuvre littéraire de fiction révèle la myopie de ceux qui s'y adonnent, qu'ils soient “barbus” ou assimilés. Créer, pour eux, ne doit absolument pas aller au-delà de la prédication et des prêches, ni interroger le réel que tout un chacun, adulte ou jeune, rencontre quotidiennement. Et lorsqu'ils mettent leurs lunettes pour lire, ils ne le font qu'avec l'intention préméditée de déceler dans toute œuvre de création (roman, nouvelle, poème, film, pièce de théâtre, œuvre plastique) des alibis pour aiguiser les armes de l'interdiction. Quant à leur grille de lecture, elle est simple, sinon simpliste?: sortir des passages, des phrases et des mots de leur contexte narratif, leur faire subir un interrogatoire non littéraire mais moralisateur et scander qu'ils sont opposés à l'éthique. Exit la liberté de création donc, l'imagination, la relecture du réel, la libre interrogation du vécu et les propres lois de l'écriture qui ne sauraient occulter les faits sociaux qui sont, comme chacun le sait, têtus. Sami Attif, Casablanca
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Mbarek ya Obama
Au mois d’octobre 2009, le Nobel de la paix a été attribué au nouveau président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama. D’autres présidents américains furent couronnés avant lui (Théodore Roosevelt en 1906 et Jimmy Carter en 2002…). Surprise pour les uns, indignation pour les autres. Certains ont même parlé de scandale, mais beaucoup, dont je fais partie, ont accueilli cette distinction avec une grande satisfaction. S’il est un président qui n’aurait jamais pu prétendre être sélectionné, c’est bien le shérif sortant, G.W Bush, qui, durant deux mandats successifs, a tiré sur tout ce qui bouge. Il a été le principal homme de guerre de ces dernières années, surclassé par un seul autre homme qui voulait lui aussi dominer le monde, Adolf Hitler. Certes, en moins d’une année à la tête des Etats-Unis, dans un monde laissé sens dessus dessous par son prédécesseur, il ne pouvait pas résoudre tous les conflits et toutes les guerres enclenchées et déclenchées par d’autres avant lui. Sa nomination à la présidence des Etats-unis a été accueillie avec une immense joie par le monde entier. Grâce à ses origines, il incarne le rêve de Martin Luther King, dans une ébauche de réconciliation entre les blancs et les noirs américains. Signification profonde dans une Amérique où, encore de nos jours, cette plaie n’est toujours pas cicatrisée. Promesse de fermeture de la prison de Guantanamo, volonté de pourparlers de paix avec les ennemis jurés de l’Amérique, volonté de rapatriement des GI’s encore en Irak et plus tard de ceux d’Afghanistan, main tendue au monde arabo-musulman… Alors que son prédécesseur ne manifestait que mépris, arrogance et bombardements. Voilà quelques raisons pour lesquelles, le choix d’Obama est un évènement qui suscite beaucoup d’espoir. J’espère qu’on lui laissera le temps de faire avancer la paix et mériter plus encore sa consécration. Fayçal Bouhlal, Rabat
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Cinéma, cinéma
Je vous écris pour vous remercier, après avoir lu le Bloc-notes, intitulé Le temps qu’il reste (Telquel n°395). C'est précisément ce que j'apprécie en allant dans une salle de cinéma : le film d’abord, mais aussi cette ambiance particulière, ces jeux de regards entre les spectateurs . Et c'est le genre de pensées et d'articles qui donne envie de lire ce journal. Donc merci, et au plaisir de vous lire. Louis D. Casablanca |
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