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Par Hassan Hamdani
“J’aurais aimé être flic”
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Ali Hassan
Présentateur de télévision (TNIOUNI)
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Antécédents
| 1946. |
Voit le jour à Midelt
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| 1964. |
Intègre la radio télévision marocaine |
| 1971. |
Présente Entract sur la radio nationale. |
| 1979. |
Se marie |
| 1985. |
Naissance de son fils |
| 1989. |
Participe à la création de 2M |
| 1991. |
Lance Ciné-jeudi sur la TVM |
| 2007. |
Prend sa retraite |
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Le PV “Trente ans de mariage et toujours avec la même bourgeoise”. Ali Hassan parle parfois comme Jean Gabin. Comme tout cinéphile, il a son côté cinéma de grand papa, l’amour des vieux films en noir et blanc, le culte des héros découverts sur grand écran, enfant. Ali Hassan se lève tard, aime veiller jusqu’à l’aube, y sacrifie ses petits matins. “Je ne suis pas opérationnel avant 13 heures”, vous signale-t-il. C’est que plus rien ne presse depuis qu’il est à la retraite. Une semi retraite, devrait-on dire. Ali Hassan lançait Entract sur la radio nationale en 1971. Près de quarante ans plus tard, il la présente toujours. La RTM, c’est sa maison, il a du mal à quitter son home sweet home…
Smyet bak ?
Fatoum
Nimirou d’la carte ?
A 200284
Ali Hassan n’est pas votre vrai nom. Pourquoi avoir choisi un pseudonyme?
Quand j’ai commencé ma carrière à 18 ans, je lisais des revues de cinéma. J’ai constaté que la plupart des acteurs avaient un pseudonyme. Je me suis dit pourquoi pas moi.
Vos parents vous en veulent d’avoir changé de nom ?
Non. Ali Hassan n’est qu’un bleu de travail.
Sur Google, le premier Ali Hassan qui apparaît est “Ali le chimique”, un lieutenant de Saddam Husseïn qui a gazé des Kurdes. Cela ne vous dérange pas ?
Franchement, je m’en fous. Qu’est-ce que Google peut bien m’apporter ?
Vous êtes né à Midelt. Il y a quoi là-bas à part des pommes ?
Mes souvenirs et ma mère. A part cela, une ville qui, en trente ans, est devenue hideuse à cause des constructions sauvages. Des maisons ont remplacé les vergers. De surcroît, on les a bâties dans des zones inondables. Midelt est devenue une hérésie urbanistique.
Vous avez commencé votre carrière à 18 ans. C’est un peu jeune non ?
J’ai arrêté les études tôt car je ne supportais plus l’école. J’ai envoyé des demandes d’embauche à plusieurs ministères dont celui de l’Intérieur.
Vous avez failli devenir flic ?
J’aurais bien aimé. J’ai une grande admiration pour les shérifs intègres de l’époque du Far West. Des gens comme Wyatt Earp et Johnny Reno.
Oui, mais là on parle d’être flic au Maroc à une époque trouble…
Je pense que vous insultez une majorité de policiers marocains qui sont restés intègres pendant les années de plomb. J’en ai connus plein.
Présenter les activités officielles au journal télévisé ne vous a jamais dérangé ?
Non. J’ai même lu des Lois de Finances pendant une heure, en direct et sans images. Je trouvais cela complètement idiot sur le plan journalistique. Mais bon, c’était mon boulot, rien d’autre.
Avez-vous eu affaire au maton en chef de la TVM, Moulay Ahmed Alaoui ?
Présentateur du JT en français, j’avais pour principe de prononcer les noms des villes marocaines à la française. Un jour, il m’a transmis un message par l’intermédiaire d’autres journalistes. Teneur de ses propos : “Dites à l’autre (…) de Ali Hassan de ne plus dire Fez mais Fès !”
Reste-t-on naturel avec les gens quand on devient une star du petit écran ?
Les compliments de personnes qui me reconnaissent me font toujours plaisir. Mais si on m’agresse, je ne prends pas de gants sous prétexte de garder une image lisse d’homme de télévision. Si quelqu’un me prend à partie dans la rue, en me reprochant de passer des films de m..., je lui réponds sur le même ton et avec son langage.
Vous n’aimez pas beaucoup les barbus islamistes…
Un jeune de 18 ans ne devrait pas porter la barbe. A cet âge, on devrait montrer son plus beau visage. La barbe ne sied qu’à ceux qui dépassent la soixantaine.
Vous avez étudié au collège berbère d’Azrou d’où sont sortis beaucoup de gradés des Forces armées royales. Vous en croisez aujourd’hui ?
Non. A ma connaissance, deux ou trois anciens camarades de classe ont fini colonels majors. Mais aucun général.
Vous n’avez jamais été comme eux tenté par une carrière militaire ?
Mon père est un ancien militaire, mais cela n’a jamais été mon truc. J’ai sans aucun doute bien fait. Si j’avais choisi cette carrière, je serais peut-être mort aujourd’hui, tué lors de la guerre contre l’Algérie, ou bien l’une des victimes du colonel Ababou (rire).
Vous avez été membre du cabinet d’un ministère. L’administration, c’est pire, non ?
J’ai regretté parce que c’est moi qui aurais dû être ministre. J’aurais sans doute fait mieux que lui (rire). Le Canard enchaîné a publié un jour un article présentant Hicham Mandari comme conseiller de Hassan II. Le ministre voulait que j’envoie un démenti en me faisant passer pour un lecteur marocain lambda. Je ne l’ai jamais fait, c’était idiot. C’était toute l’information qu’il fallait démentir, pas seulement ce titre attribué par erreur.
On ne vous croise jamais dans les soirées people du Festival de cinéma de Marrakech que vous couvrez pourtant chaque année. Timide ?
Je n’aime pas beaucoup, je sais comment cela se passe. Les gens bouffent à l’œil, boivent aux frais de la princesse et noient leur ennui.
Votre passion pour le cinéma est née quand ?
J’ai quitté mes parents à l’âge de 9 ans pour intégrer l’internat du collège d’Azrou. Le surveillant général, qui était cinéphile, organisait dans le réfectoire des projections plusieurs fois par semaine. Je n’en ratais aucune. J’étais toujours volontaire pour préparer la salle. C’était un moyen d’assister à la séance gratis.
2M et TVM charcutant les films diffusés, ça ne fait pas saigner votre cœur de cinéphile ?
J’accepte les scènes coupées tant que cela ne nuit pas à l’intrigue du film. On en tient toujours compte à l’achat. On ne choisit jamais un long métrage dont le dénouement se passe dans un lit.
Vous avez fait l’acteur…
J’étais chargé du son sur Le Grand Voyage de Abderrahman Tazi, film racontant l’histoire d’un camionneur. La production s’est rendu compte en cours de tournage que l’acteur principal n’avait pas le permis poids-lourds. Moi si. Je l’ai donc remplacé, tête d’affiche d’un film par la grâce d’un permis poids-lourds.
Pourquoi êtes-vous si désagréable avec certains de vos auditeurs ?
J’ai horreur qu’un auditeur appelle alors qu’il n’a rien à dire. Certains vous bouffent trois minutes d’antenne à remercier l’équipe ou passer le bonjour à la famille.
Vous étiez dans les locaux de la TVM occupés par les putschistes de 1971. Quelle était
l’ambiance ?
Nous avions très peur. Nous nous sommes réfugiés dans le local des poubelles avec Abdelhalim Hafed. A un moment de panique, tout le monde a plongé sur les vieux cartons.
y compris Abdelhalim Hafed.
Quarante ans après avoir intégré la TVM, on vous y croise toujours. Vous n’en avez pas marre ?
Je n’ai nulle part d’autre où aller (rire).
A quand vos mémoires ?
Quand j’aurais trouvé un nègre (rire). |
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