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Par Meryem Saâdi
Sortie. Romance, violence et cinéma
Histoire d’un lutteur mchaouchi, actuellement en salles, a les qualités et les défauts d’un premier film. Sinon, il raconte une love story sur fond de combats de Mchaoucha, un sport de lutte traditionnelle disparu depuis presque un siècle.
Vous n’avez jamais entendu de l’mchaoucha, ce sport de lutte marocain ancestral voisin du catch ? Vous pouvez combler cette lacune en allant voir le tout premier long-métrage de Mohammed Ahed Bensouda. Ce quadra installé à Paris, connu pour avoir réalisé plusieurs |
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courts-métrages remarqués (Le silence violé, R’da) ainsi que des téléfilms pour 2M, est un passionné d’histoire et d’archéologie, domaines qu’il a longuement étudiés dans l’Hexagone. “Pour mon baptême du feu, j’ai voulu faire un film à la fois divertissant et historique, qui parlerait d’un patrimoine marocain aujourd’hui disparu”, explique le réalisateur. En racontant une histoire d’amour impossible à la fin du 19ème siècle, il zoome sur un sport de combat qui a égayé la vie sociale fassie pendant plusieurs siècles, conférant parfois à son film une surprenante dimension de spot publicitaire vantant la beauté de la ville de Fès.
Fight-club à la marocaine
Histoire d’un lutteur mchaouchi est avant tout l’adaptation d’une nouvelle intitulée Tayeb l’mchaouchi, écrite en 1998 par Moncef El Kadiri. “Dès que je l’ai lue, j’ai su qu’elle pouvait être adaptée au cinéma. Cela m’a pris 10 ans pour me documenter, monter le projet et trouver des fonds”, affirme Bensouda. Le pitch?? Une love story impossible, et un peu cliché par moments, entre Slimane, campé par Hicham Bahloul (découvert dans les Cœurs brûlés d’Ahmed El Maânouni), un menuisier sans le sou, et Saâdia (incarnée par Rim Chmaou, nouveau visage du cinéma marocain), fille unique d’un riche commerçant. La suite a des allures, parfois, de Fight-club, mais à la marocaine. Comment résister à l’envie de vous la narrer par le menu ? Alors voilà : nos deux tourtereaux, Slimane et Saâdia, ne peuvent vivre leur amour au grand jour, car le père de l’héroïne a été contraint, à la suite d’un chantage, de donner sa main à un bad boy : le psychotique Tabokh (joué par un Abdellah Ferkouss hilarant), meilleur lutteur m’chaouchi de Fès. Slimane décide alors de sauver sa dulcinée, en défiant son rival sur son propre terrain : l’mchaoucha. Le gagnant du tournoi annuel du Moussem de Moulay Driss aura ainsi le droit d’épouser Saâdia. Slimane a quelques mois devant lui pour quitter Fès et suivre un entraînement intensif. Le jeune homme va à la recherche du maître incontesté de l’mchaoucha, au fin fond d’une montagne, pour suivre des “cours particuliers”, enchaîne jogging, pompes, le tout dans une concentration extrême.
Cinéma de genre, pas d’auteur
Amour et combat. Romance et violence. Et rires, quand même. Voilà le cocktail que nous propose le premier film de Mohammed Ahed Bensouda. Cela se laisse regarder, malgré ses allures de film de série Z. Bensouda fait du spectacle, du divertissement. “Mon objectif n’est pas de faire du cinéma d’auteur. Ce n’est pas mon genre. Je veux simplement faire un cinéma qui donne envie aux gens d’aller voir le film en famille”, confirme le réalisateur. Pourquoi pas, après tout ? |
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