N° 400
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Egypte-Algérie. Football sur terrain… diplomatique
L'ACTU MONDE




Silvio Berlusconi. (AFP)

Italie. Berlusconi dans l’œil du cyclone

Rien ne va plus pour le chef du gouvernement italien. Impliqué dans plusieurs affaires de corruption, empêtré dans des affaires de mœurs, il est aujourd’hui accusé d’avoir soutenu des réseaux mafieux.


L’homme par qui le scandale est arrivé se nomme Gaspare Spatuzza, un ex-mafiosio qui a rejoint l’année dernière les rangs des “pentiti” (repentis). Lundi 23 novembre, “gorge profonde” a révélé aux
magistrats italiens que le parrain Giuseppe Graviano lui aurait confessé en 1994 avoir été couvert par Silvio Berlusconi et Marcello Dell’Utri, les deux fondateurs de Forza Italia, ancien parti du Premier ministre. Dell’Utri, déjà condamné en 2004 pour appartenance à la Mafia, devrait comparaître devant la justice le 4 décembre. Gaspare Spatuzza devrait lui aussi être entendu par la justice lors de ce procès en appel. Niccolo Ghedini, avocat de Berlusconi, et accessoirement député de son Parti pour la liberté, est immédiatement monté au créneau : “Les déclarations de Spatuzza sont sans fondements et ne peuvent être confirmées”. Et pour ne rien arranger, Patrizia d’Addario, l’escort-girl qui avait révélé avoir participé à des orgies en compagnie de Silvio Berlusconi au Palazzo Grazioli, reconnaît, dans un livre, au titre évocateur, “Gradisca, Presidente” (“Jouissez, Président”), avoir été menacée de mort le lendemain de sa nuit en compagnie de Berlusconi. Lundi 23 novembre, Il Cavaliere, qui se trouvait en visite dans les pays du Golfe, a déclaré être fatigué d’“être attaqué de toutes parts”.


Grande-Bretagne. Il était une fois l’invasion
Après le retrait des forces armées britanniques d’Irak, le 31 mars dernier, l’heure des comptes a sonné. Une commission gouvernementale a entamé, mardi 24 novembre, l’audition de tous les protagonistes de l’invasion du “pays des deux fleuves”. Tony Blair, Premier ministre à l’époque des faits, ne devrait pas y échapper. Tâche délicate. Le principal allié de George W. Bush doit à présent se justifier sur le fameux dossier des armes de destruction massives, argument avancé par son gouvernement pour justifier son entrée en guerre. Simultanément, le ministère de la Défense a annoncé la mise sur pied d’une enquête indépendante au sujet des mauvais traitements vraisemblablement infligés aux détenus irakiens. Objectif : déterminer si l’armée a violé la Convention de Genève relative aux traitements des prisonniers de guerre. Une photo prise en 2004, et publiée par le quotidien The Independent le 24 novembre, montrant quatre civils irakiens maltraités par des soldats de la Couronne a choqué l’opinion publique.


Sida. L’Afrique malade
Les rapports se suivent et se ressemblent. L’ONUSIDA a présenté, le 24 novembre, son bilan annuel sur l’état de la pandémie dans le monde. Sur les 33,4 millions de cas recensés l’année dernière, 22,4 millions porteurs du virus vivent en Afrique subsaharienne. En 2008, deux millions de personnes sont mortes du sida (dont 1,4 million en Afrique) tandis que 2,7 millions de nouveaux cas ont été enregistrés. L’agence onusienne se veut toutefois optimiste : “Le nombre de décès a baissé de 10% au cours des 5 dernières années, alors que le nombre de nouvelles infections a baissé de 17% au cours des 8 dernières années”. Sauf qu’en Afrique, il n’y a pas vraiment de raisons de se réjouir. L’Afrique du Sud à elle seule comptabilise près de 5 millions de porteurs du virus, soit 10% de la population du pays. Au Swaziland, la situation est encore plus alarmante, avec 40% d’adultes malades ou séropositifs.


Yémen. Guerre ouverte
Un autre front vient de s’ouvrir dans le monde arabe. Au sud de la péninsule arabique, les forces armées saoudiennes ont déclenché, lundi 23 novembre, une grande offensive contre les rebelles houthistes, qui, acculés par les autorités yéménites, se sont réfugiés sur le Mont Doukhane en terre saoudienne. La démonstration de force de l’Etat wahhabite lui aura permis de déployer un arsenal, constitué à coups de milliards de dollars, qui n’avait pas encore véritablement servi jusque-là. L’armée saoudienne s’est déployée le long des 1500 km de la frontière, n’hésitant pas à bombarder les bastions ennemis à l’intérieur même des terres du pays voisin. Le conflit qui oppose, depuis 2004, le gouvernement de Sanaa aux rebelles houthistes, de confession chiite, a pris une ampleur internationale, le Yémen et l’Arabie Saoudite accusant Téhéran de soutenir la rébellion. Pour le moment, l’Occident et les Etats-Unis se contentent d’observer le conflit.


LU POUR VOUS. Tête basse
Vues d'Europe, les proportions politiques prises par le match de football Égypte-Algérie paraissaient ahurissantes. Et l'on y a observé ce différend africain avec effarement et un peu de condescendance. Les violences en moins, l'histoire de la “main de Thierry Henry” est pourtant également en train de devenir une affaire d'État, entre la France et l'Eire. Ainsi va le football, manifestation de l'orgueil des nations, pour le meilleur et pour le pire. Des intérêts économiques énormes sont en jeu et la qualification pour une Coupe du monde ultramédiatisée est, à ce titre, importante. Mais, là, entre la France et l'Eire, comme entre l'Algérie et l'Égypte, cela dépasse de beaucoup l'enjeu mercantile. C'est d'honneur qu'il est question. De fierté. Mais reconnaissons quand même que personne, ici en France, n'est satisfait de la victoire des Bleus. Ce vol, cette qualification par effraction, cette violation de l'esprit même du sport nous fait baisser la tête, nous fait presque honte. Tant mieux. Si la fierté de l'Irlande est bafouée, la nôtre est blessée. Sachant cela, si c'était à refaire, Thierry Henry referait-il cette main volontaire?? Pas sûr. En 2006, le coup de boule de Zidane, que de nombreux commentateurs avaient excusé, était inacceptable. Aujourd'hui, la main calculée d'Henry est tout aussi condamnable. Mais personne n'ose lui donner raison. C'est déjà cela.
Yves Thréard, Le Figaro du 19 novembre.
 
 
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