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Par Hassan Hamdani
“Tazmamart a été une erreur”
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Mehdi Qotbi, Lobbyiste et
artiste-peintre (TNIOUNI)
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Antécédents
| 1951. |
Naissance à Rabat |
| 1969. |
Part en France étudier le Beaux-Arts |
| 1986. |
Rentre au Maroc. Est reçu par Hassan II |
| 1989. |
Naissance de sa fille |
| 1991. |
Crée le cercle d’amitié franco- marocain. Naissance de sa deuxième fille |
| 2000. |
Décoré de la Légion d’honneur par Jacques Chirac. Fait officier du Wissam par Mohammed VI |
| 2004. |
Publie Mehdi Qotbi, le voyage de l’écriture
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| 2008. |
Publie Palettes d’une vie |
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Le PV
Lui barka Bouaïda est un pur produit RNI, la famille politique où elle a baigné depuis sa tendre enLui parler de ses parents, c’est comme lui mettre un uppercut en pleine face. Ses larmes perlent, il vous sert l’excuse de la poussière dans l’œil. Passé ce moment d’émotion réelle, Mehdi Qotbi reste un lobbyiste. Pas menteur, ni tout à fait vrai, juste un type qui sent l’air du temps, avec cette qualité propre au caméléon : coller à la vérité du moment. Groupie de Hassan II, il fait une croix sur le roi défunt, ses exactions, pour rebondir sur les droits de l’homme, l’antienne du nouveau règne. Mehdi Qotbi s’est converti plusieurs fois, à la république française, un régime qui lui a fait découvrir la dignité accordée à chacun sans être obligatoirement le fils de “flane”. Royaliste aux pires heures aussi, monarchiste démocrate quand il a fallu l’être, défenseur de la France pour mieux servir le Maroc. Un gars entre deux rives, entre deux eaux, insaisissable. Pas toc au fond, juste une énigme…
Smyet bak ?
L’haj Mohamed. On l’a appelé L’haj tout gamin. C’est resté sur l’état civil.
Smyet mok ?
Fatna Bent Bouazza
Nimirou d’la carte ?
A 805…Je ne me rappelle pas du reste
Votre père vous battait, votre mère était distante. Vous leur en voulez ?
Il est trop tard pour leur en vouloir puisqu’ils sont morts. S’il y avait quelque chose à pardonner, j’ai pardonné. Aujourd’hui, je me suis reconstruit même si je reste un éternel handicapé de l’amour.
Retournez-vous dans le quartier populaire de Rabat, dans lequel vous avez grandi ?
Il m’arrive parfois d’y retourner, juste pour sentir le chemin parcouru. Je marche dans les ruelles où j’ai couru enfant pour ne jamais oublier d’où je viens. Mon enfance a été brimée et violentée, mais les privations m’ont appris le prix des choses, ne serait-ce que la valeur d’une caresse.
Vous revoyez vos amis d’enfance ?
Je n’avais pas beaucoup d’amis car mon père m’interdisait de sortir jouer dans la rue. J’ai pourtant gardé un ami d’enfance que je revois souvent. C’est lui qui m’a ouvert de nouveaux horizons en m’offrant des bandes dessinées comme Blek le Roc ou Zembla. Ces comics ont été ma première rencontre avec l’image et l’imaginaire.
Il paraît que vous distribuez des billets aux gens qui vous abordent dans la rue ?
N’exagérons rien, juste des pièces ou au grand maximum des billets de vingt dirhams. Cela me rassure personnellement, car j’ai la sensation de rendre en partie ce que Dieu m’a donné. La pauvreté, je connais.
Vous aimez plaire. A force de vouloir être populaire, n’en faites-vous pas trop ?
A une époque, ayant été privé de tout, j’étais tellement en manque que j’en faisais des tonnes. Mais je me suis calmé avec l’âge. Séduire reste cependant une chose essentielle pour moi. Chercher à séduire est la preuve qu’on aime la vie.
Pourtant, lobbyiste indécrottable, quand on vous vire par la porte, vous revenez toujours par la fenêtre…
L’ex-ministre des Affaires étrangères français, Hubert Védrine, a dit ça de moi. Selon lui, il vaut mieux me donner ce que je veux tout de suite car je ne lâche jamais l’affaire. Je vais jusqu’au bout quand j’ai une idée dans la tête.
La situation de demandeur, c’est aussi accepter d’avaler des couleuvres, faire une croix sur son amour propre…
Je n’ai jamais perdu ma dignité ni avalé de couleuvres. Quand j’appelle l’Elysée ou un ministre, j’agace sans doute, j’en ai conscience. Mais je crois à ce que je fais, d’où ma ténacité. Sans ma volonté de m’en sortir, mon côté pugnace, je serais sans doute délinquant aujourd’hui par déterminisme social.
Aîné de la famille, vos frères et sœurs vous appellent à l’aide ?
On ne remplace pas les parents, mais c’est mon rôle de leur filer un coup de main. J’ai fait appel à mes connaissances pour leur trouver un travail ou bâtir une maison.
Combien avez-vous de frères et sœurs ?
Oh la, on est une flopée ! Six frères et sœurs issus du premier mariage de mon père, une sœur née d’un deuxième mariage, et deux autres du côté de ma mère.
Une famille recomposée. C’est très moderne…
J’aurais préféré que mes parents soient moins modernes sur ce point et davantage sur l’éducation qu’ils m’ont donnée (sourire).
Vous êtes connu pour votre carnet d’adresses étoffé. Au milieu de toutes ces connaissances, avez-vous de vrais amis ?
Oui, sauf que je les compte sur les doigts de la main. Aziz Akhannouch et Moulay Hafid Elalamy en font partie.
Deux milliardaires tout de même…
Et alors ? L’amitié et l’argent sont-ils incompatibles? Je suis très proche de Moulay Hafid Elalamy à qui je parle tous les jours. Il est humble, attentif aux autres et a une véritable sensibilité artistique. A titre d’exemple, il joue divinement bien du luth.
Etudiant en Beaux-Arts en France, vous n’avez jamais été traité comme un “bougnoule” ?
Mon séjour en France a été une nouvelle naissance. J’y ai découvert l’amitié, l’amour, la reconnaissance. J’ai oublié l’arabe, je ne fréquentais que des Français, aussi je n’étais pas en prise avec les difficultés des autres immigrés. J’ai fait de l’amnésie volontaire sur mon passé marocain en me créant une autre identité.
Quand avez-vous repris conscience de votre marocanité ?
Un professeur à l’école des Beaux-Arts de Toulouse m’a ouvert les yeux : je ne pouvais aller nulle part si je reniais mes origines, là d’où je venais. J’ai décidé alors de militer dans une association tiers-mondiste. Ensuite, j’ai adhéré au Parti communiste français. J’ai rendu ma carte au début des années 1970, après un voyage en URSS où j’ai découvert la réalité du centralisme démocratique. Le pays était loin de l’illusion qu’on m’avait vendue.
Pourquoi militer en France et non pas au sein de l’extrême gauche marocaine, très active à l’époque ?
Je n’y ai jamais pensé. C’était un trait de mon caractère. Je vivais dans une méconnaissance totale des réalités de mon pays. Je manquais à coup sûr de maturité intellectuelle.
Vous avez créé une association pour défendre Hassan II suite à la publication du livre de Gilles Perrault Notre ami le roi. Près de vingt ans plus tard, que pensez-vous de cet ouvrage ?
Des parties du livre de Gilles Perrault étaient exagérées. Cela dit, même si j’ai un amour incroyable pour Hassan II, je pense que des méthodes moins répressives étaient possibles pour consolider la royauté au Maroc. Tazmamart a été une erreur. Après réflexion, le livre de Gilles Perrault était nécessaire car il a donné un coup de fouet pour l’évolution démocratique du pays. Hassan II a dû changer de méthode et abandonner la répression.
Lors de votre rencontre avec Moulay Hassan, le fils de Mohammed VI, vous avez parlé de quoi ?
Comment êtes-vous au courant?
On a nos sources “proches du sérail”.
Je lui ai demandé s’il aimait la peinture. Il m’a répondu “ouais, un peu”.
Parler au futur roi, c’est préparer votre avenir ?
(Rire) Vous pensez que j’agis toujours par calcul ? En vérité, je suis attendri par les enfants. |
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