Les chiffres officiels du sida
sont probablement loin de
refléter la réalité. (AFP)
Sida. Etat d'alerte
La Journée mondiale de lutte contre le sida est une bonne occasion pour parler de l’évolution de la maladie. Cette année, ce sont les traitements qui posent problème.
L’exercice est devenu traditionnel. A l’occasion du 1er décembre de chaque année, le Maroc dresse un état des lieux relatif à la situation de l’épidémie du sida. Le ministère de la Santé annonce près de 3100 cas déclarés mais la réalité dépasse probablement les chiffres officiels. “On
estime qu’il existe entre 22 à 27 000 personnes touchées”, déclare Othman Mellouk, numéro 2 de l'ALCS et président de la section marrakchie, selon qui l'épidémie continue de progresser. “On note une flambée inquiétante dans les régions d’Agadir et de Tanger, notamment à cause des problèmes de toxicomanie”, s’alarme-t-il. Principale nouveauté cette année : les inquiétudes liées aux traitements. Parce qu'ils développent des effets secondaires ou que le virus devient résistant, certains malades doivent suivre des trithérapies dites de deuxième ou de troisième ligne, qui sont 10 fois plus chères. Problème : les budgets sont limités. 25% de l'argent provient de l'Etat marocain, le reste étant versé par des organismes internationaux... qui menacent de réduire leurs dons dans les années à venir. Ayla Mrabet
Prisons. La stratégie Benhachem Hafid Benhachem, patron de la Délégation générale de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, accélère la cadence. Depuis quelques semaines, il lance des avis de recrutement de profils pointus : médecins spécialisés, accompagnateurs sociaux, etc. Mieux, l’ex-patron de la DGSN a obtenu l’aval de ses supérieurs pour entamer une grande opération de décentralisation. A terme, la DGAP devra ainsi disposer de neuf directions régionales chapeautant 59 établissements pénitentiaires, toutes catégories confondues (prisons agricoles, prisons centrales, maisons de redressement pour mineurs, etc.). Les prisons du Maroc comptent actuellement près de 70 000 pensionnaires dont près de la moitié (49 %) sont en détention préventive. Depuis avril 2008, l’Administration des prisons a été soustraite à la tutelle du ministère de la Justice avec la nomination de Hafid Benhachem, entouré de hauts cadres provenant du ministère de la Justice et de la DGSN. Mohammed Boudarham
Sondage. Autopsie de la grippe porcine Que pensent les Marocains de la grippe A/H1NI ? Réponse dans l’enquête d’opinion réalisée par l’institut de sondage EigenValue-Recherche, dont TelQuel vient de se procurer une copie.
Un Marocain sur deux craint la grippe A/H1N1. Un sur trois pense qu’il s’agit d’une maladie mortelle… C’est en partie ce que révèle le sondage réalisé du 5 au 10 novembre par EigenValue-Recherche, quelques jours avant l’apparition du premier cas mortel au Maroc. D’après les chiffres de cet institut spécialisé dans les enquêtes d’opinion et basé à Casablanca, la quasi-totalité (96,6 %) des 1131 personnes interrogées déclare avoir entendu parler du virus, essentiellement via la télévision. Mais seulement 60,5% connaissent l’existence d’un vaccin contre le virus. Disparités obligent, cette dernière proportion grimpe à 80,8% dans les classes aisées, et retombe à 50,4% chez les plus pauvres. Un chiffre qui ne devrait pas faire plaisir à Yasmina Baddou : à peine 27,9% des sondés sont au courant que le ministère de la Santé a mis en place un plan contre la grippe A/H1N1. Selon l’étude, moins d’un Marocain sur 10 respecte les démarches de précaution contre la grippe porcine, et moins d’un sur 100 utilise un masque. Alors qu’en France la campagne de vaccination n’attire pas les foules (seulement 17% des Français veulent se faire vacciner, selon un récent sondage), les Marocains semblent moins réticents : 40,7% sont disposés à acheter le vaccin en pharmacie ou à l’hôpital, et 73,9% sont prêts à se faire vacciner en cas de campagne gratuite. Youssef Ziraoui