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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Radio. Dans les coulisses de la new wave
Deux radios, issues de la deuxième vague de libéralisation, émettent déjà sur les ondes. Deux autres prévoient leur lancement début 2010. Revue de la programmation des nouveau-nés du paysage radiophonique.
Med Radio. Opération “Médiation”
“Nous sommes une radio citoyenne centrée sur les actions de la société civile et la médiation pour résoudre les conflits sociaux”, explique le fondateur de Med Radio, Ahmed Charaï, également propriétaire de |
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l’hebdomadaire L’observateur. Bilingue, Med Radio ambitionne de devenir un outil de travail et de communication à destination des associations marocaines. Une émission presque quotidienne leur est consacrée. Quatre fois par semaine, des ONG opérant sur la scène nationale et des citoyens lambdas auront l’opportunité de débattre de problèmes de société pendant l’émission “Iftahli kalbak” (ouvre-moi ton cœur). Une autre émission, “Bourssate l’fourasse “ (la bourse des occasions), viendra, quant à elle, en aide aux étudiants, en leur prodiguant des conseils sur la recherche d’emploi, de logements, etc. La médiation est l’autre spécialité de Radio Med qui propose “Al hal l’wassat” (la solution médiane). Trois fois par semaine, Redouane Ramdani, ancien de la presse écrite nommé directeur de l’information, réunira deux parties en conflit pour tenter de trouver une issue au problème qui les oppose. Pour maîtriser ce concept, inspiré de la célèbre émission française “Sans aucun doute”, diffusée sur TF1, l’animateur et son équipe ont été formés durant un mois et demi aux techniques de médiation par l’ONG américaine Search For Common Ground, laquelle prône la résolution de conflits par les médias. Le reste du temps d’antenne sera partagé entre flashs d’information et plages musicales.
Radio Mars. Du sport et de la zik
Parler de sport autrement, c’est l’objectif que s’est fixé Hicham El Khlifi en lançant Radio Mars. Cet ingénieur en génie atomique, ancien dirigeant du Wydad, s’explique : “Nous allons avant tout parler le langage de la rue, celui de la darija. Pendant les matchs, nos commentateurs ne parleront ni de "darbate jazaa" ni de "tassaloul", mais de "pinalti" et d’"orjeu"”. Qu’en est-il de la programmation, dont la direction a été confiée à Lino Bacco ? Du lundi au vendredi, de 7 heures à 9 heures 30, l’ancien animateur-vedette de Planète Foot sur 2M coachera l’émission-phare de la chaîne : “Mars Attack”. Lino Bacco commente l’actualité sportive aux côtés de consultants de marque, dont Philippe Troussier, Aziz Bouderbala ou Abdelkhalek Louzani, pour ne citer que ceux-là. La matinale est suivie de “Mars Tonic”, une émission féminine dédiée au bien-être, puis de Mag Mars, un magazine complet d’informations enrichi par des correspondances de l’étranger. “Al Marikh arriyadi”, émission co-animée par l’ancienne star des Lions de l’Atlas, Salahedinne Bassir, et l’ex-arbitre international Abderrahim El Arjoune, occupe les ondes en début d’après-midi pour traiter de différentes problématiques sportives (hooliganisme, dopage, etc). En début de soirée, les auditeurs ont rendez-vous avec un talk-show dirigé par Mustapha Badri et Badreddine Idrissi, les deux fondateurs du bihebdomadaire sportif Al Mountakhab. Enfin, les week-ends sont consacrés à la couverture en direct des compétitions nationales et internationales. Mais il n’y a pas que du sport sur Radio Mars. Deux émissions, soit 30% de la programmation, sont consacrées à la musique. L’infatigable Chouchou Ari, ex-Casa FM, présente les tubes du moment sur “School out” tandis que le patron de la chaîne, Hicham El Khlifi, est au micro de “Rock United” pour proposer une playlist “transgénérationnelle alliant pop et rock indémodable”.
Luxe Radio. Le raffinement sur les ondes
Comme son nom l’indique, cette radio, fondée par les frères Aboulghali, d’importants investisseurs multisectoriels, est dédiée au monde du luxe. Il ne s’agit pas pour eux de faire l’apologie de l’ostentatoire mais d’accorder une tribune aux arts raffinés. “Nous avons pour vocation d’être la plus belle vitrine de l’art de vivre marocain et international”, précise la directrice générale de Luxe Radio et ancienne présentatrice du journal télévisé de 2M, Ilham Alami. Ambition affichée : “Démocratiser le luxe”. Côté programmation, Luxe Radio, dont le démarrage est prévu début février, proposera aux auditeurs des talk-shows, des magazines et des reportages faisant la part belle aux arts appliqués (mode, architecture d’intérieur, design, etc.) et plus particulièrement à l’artisanat marocain dans toute sa diversité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le choix s’est porté sur le quartier Mers Sultan de Casablanca pour accueillir les studios de la radio. “Ce quartier est chargé d’histoire et d’émotion puisqu’il a vu la naissance du style Art Déco”, ajoute Ilham Alami. Par ailleurs, la musique occupera un tiers de la grille des programmes. “Mais il n’y aura pas de musique commerciale et ne vous attendez pas non plus à retrouver du "chaâbi". Nous allons plutôt privilégier les musiques identitaires et avant-gardistes”.
Médina FM. La radio du fellah
rien ne filtre sur la programmation de cette nouvelle radio généraliste à quelques mois de la date butoir fixée par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) pour son démarrage, soit le 1er mars 2010. On sait seulement qu’elle émettra depuis Meknès sur fond de thématiques rurales. Ses fondateurs, des MRE de France et de Belgique rentrés au pays pour s’attaquer au paysage radiophonique marocain, font jusqu’à présent dans la discrétion. “Nous ne pouvons rien communiquer tant que nous n’avons pas encore présenté notre grille finale à la HACA, déclare Zouheir Lakhdar, l’un des initiateurs du projet. Tout ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que nous allons essayer d’être une radio de proximité”. Comment Médina FM compte-t-elle s’y prendre ? “En privilégiant les problèmes qui affectent le quotidien du citoyen comme la circulation, l’agriculture ou l’échec scolaire”. Autre objectif annoncé par la direction de la future radio meknassie : créer une véritable interactivité avec le monde rural. Comment ? “En invitant par exemple des vétérinaires à répondre aux questions des agriculteurs sur les ondes”, se contente de répliquer Zouheir Lakhdar. |
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Bilan. Le bal des recalés
Dans le cadre de la deuxième vague de libéralisation des ondes, la HACA a recalé huit projets de radio, dont quatre généralistes : “Bahja FM” de Abdellah Stouki, “Integrale Média” de Fouad Ali Himma et Karim Bouzida, “Radio Lagardère” du Groupe Lagardère et Anas Sefrioui et “Radio Baie” de Khalid Mechbal. La BBC (British Broadcasting Corporation) et Radio France Internationale (RFI), qui souhaitaient ouvrir une antenne au Maroc, ont également essuyé un refus. Deux projets de radio musicale, “CAFFOMYM”, proposé par Faouzi Chaabi, et “Galileo” de Mehdi Benslim, ont subi le même sort. Pour expliquer cette décision, Ahmed Ghazali avait alors déclaré à TelQuel que ces projets n’apportaient aucune valeur ajoutée au paysage radiophonique marocain. “Les projets en question reposaient sur des concepts suffisamment développés par les radios existantes”, avait-il souligné. |
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