ZB vous prévient : Facebook va se transformer en entreprise de chantage à grande échelle
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria.
né en 1976 à guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on évoque devant Zakaria Boualem la terrifiante menace de la grippe A/H1N1. Selon les journaux, il serait en grand danger. On lui a ainsi expliqué que 12% des habitants de l’hémisphère Sud avaient déjà été touchés. Ce chiffre colossal l’a surpris, au point qu’il s’est demandé comment la Nouvelle Zélande avait fait pour trouver 11 joueurs valides capables de la qualifier à la prochaine Coupe du Monde. On lui a parlé de la France et de ses 96 millions de vaccins, autre chiffre colossal lorsqu’on sait que les Français sont seulement 60 millions. C’était parce qu’il fallait se faire vacciner deux fois, lui a-t-on répondu. C’est formidable : les Français se font vacciner deux fois et les gueux du Tiers-Monde zéro fois. Encore faudrait-il qu’ils trouvent le temps de se faire vacciner deux fois, les Français, tous absorbés qu’ils sont à débattre jour et nuit…
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L’an passé, c’était le problème de leur pouvoir d’achat qui avait englouti toute leur énergie. Sur toutes leurs chaînes, on expliquait comment utiliser son café deux fois en le faisant sécher ou comment laver la vaisselle en utilisant les cendres de la cheminée. On ne sait pas si leur problème de pouvoir d’achat s’est subitement réglé ou s’ils se sont habitués à leur sort, mais le fait est qu’ils ont soudain décidé de se jeter à corps perdu dans un autre débat, sur leur identité nationale celui-là. Un sujet passionnant, malheureusement interrompu par la main de Thierry Henry et son lot de débats, dont on retiendra que Thierry Henry a triché mais qu’il n’est pas un tricheur.
Revenons à la grippe. Zakaria Boualem considère que c’est une affaire très louche. Une maladie qui change de nom quatre fois en quelques mois est louche, c’est incontestable. On l’a connue mexicaine, avant de la découvrir porcine, et la voilà à présent qui hésite entre la lettre A et l’immatriculation H1N1. Avant cette dernière grippe, il y en avait une autre, aviaire celle-là. Zakaria Boualem ne se souvient plus très bien des dates, mais il se rappelle aussi d’une histoire de vache folle qui devait, elle aussi, l’envoyer à trépas sans coup férir.
Pendant toutes ces années, on a donc accusé à tort les Mexicains, les poulets, les vaches et les khanazires. Les Arabes, de leur côté, ont le mérite de la cohérence puisqu’ils accusent en toute occasion les sionistes, c’est tellement plus simple.
La capacité de Zakaria Boualem à s’inquiéter à été épuisée par toutes ces menaces fantômes. Pour être complet, il faut préciser qu’on lui a aussi demandé de se mobiliser pour l’an 2000, qui devait nous plonger dans le chaos avant de se retrouver reclassé en arnaque du siècle. Aujourd’hui, lorsqu’on ne lui parle pas de grippe “aychouane hènouane”, comme disent les arabophones, c’est pour l’angoisser avec cette histoire de crise financière. On lui a même expliqué que Dubaï était ruiné. Ils ne pourraient plus construire des îles en forme de palmier, ou des tours hautes d’un kilomètre, les pauvres.
De toutes ces crises, Zakaria Boualem ne voit rien du tout.
Dans son monde à lui tout va normalement mal. Il vit dans un système corrompu, injuste et brutal, mais ce n’est pas nouveau. Ce n’est même pas une crise puisqu’on en parle très peu. Ce n’est pas une priorité nationale ou même mondiale, puisque c’est la grippe qui est la star de l’année, en attendant une nouvelle catastrophe virtuelle l’an prochain.
Zakaria Boualem n’a peut-être pas développé d’anticorps contre cette grippe porcino-mexicaine, mais il est certain qu’il est devenu résistant aux campagnes de communication anxiogènes et mondiales de tous nos experts en tout. Il ne fera rien, voilà tout. Et merci. |