N° 403
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Armée. Il faut sauver le colonel Terhzaz

Politique. Le PJD version 2010

Parcours. Zahra, libre derrière les barreaux
Grippe A/H1N1. L’heure de vérité
L'ACTU MAROC




Abdelhadi Boutaled (AFP)

Politique. Adieu l’ami

Figure omniprésente de la scène politique
marocaine, Abdelhadi Boutaleb a aussi côtoyé Hassan II, non sans quelques frictions.

Abdelhadi Boutaleb n’est plus. L’éminent conseiller de Hassan II est décédé mercredi 16 décembre dans la soirée. Sa dernière apparition publique aura donc été ce long entretien accordé à la chaîne Al Jazeera, où il est revenu sur plusieurs épisodes décisifs de l’histoire récente du
Maroc indépendant. Né à Fès le 23 décembre 1923, il a été un témoin privilégié de la lutte pour l’indépendance puis pour le pouvoir entre les différentes sensibilités politiques de l’époque. Membre fondateur du parti de la Choura et de l’Istiqlal, ce lauréat d’Al Qarawiyine est vite devenu un grand commis de l’Etat après l’indépendance. Plusieurs fois ministre (Affaires islamiques, Justice, Education, Information, Travail), Boutaleb a également été ambassadeur, notamment à Damas et Washington, ou encore président du parlement en 1970. Conseiller très proche de Hassan II, Boutaleb a maintes fois été en disgrâce à cause d’oppositions systématiques et répétées au monarque qui lui vouait, malgré tout, une certaine affection. Ne disait-il pas d’ailleurs que “les recommandations d’un conseiller sont rarement appliquées. Et combien même elles le seraient, elles sont souvent attribués à autrui” ? Affaibli par la maladie, Abdelhadi Boutaleb se retire de la vie politique sous Mohammed VI mais continue de signer des chroniques régulières dans plusieurs journaux marocains et panarabes, en plus d’éditer des ouvrages sur la femme, la famille, la mondialisation ou l’histoire. Driss Bennani


Droits de l’Homme. Le Forum de Manouzi
Le Forum vérité et justice a tenu du 11 au 13 décembre à Marrakech son troisième congrès national sous le thème “Mamfakinch” (“Nous ne lâcherons pas”). Le choix de cette formule n’est pas anodin. Selon l’ONG, “cela signifie que les militants ne cèderont pas tant que tous les dossiers des droits de l'homme n'auront pas été réglés de façon définitive au Maroc”. Durant son conclave dans la cité ocre, le FVJ a été encore une fois fidèle à lui-même, en appelant l’Etat marocain à dire toute la vérité sur l’affaire Ben Barka et à présenter “publiquement des excuses pour les exactions” commises dans le passé. Le Forum a également profité de la tenue de son congrès national pour demander officiellement à Mohammed VI “d’intervenir pour relancer” l’application des recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER). Le Forum a enfin élu un nouveau président, l’avocat Mustapha Manouzi, en remplacement de son confrère Mohamed Sebbar.
Mehdi Sekkouri Alaoui


Parution. Islamistes vs laïcs
Paru récemment, en arabe et en anglais, l’ouvrage Confrontations entre islamistes et laïcs au Maroc* est une invitation au débat. Ce recueil de contributions de politiques et d’intellectuels pose les fondements d’un dialogue serein entre les deux bords : islamistes et gauche progressiste. Partant du constat de la forte présence (et des frictions) entre démocrates musulmans et progressistes de gauche, le coordinateur de l’ouvrage, Maâti Monjib, a voulu “faire baisser la tension entre laïcs et islamistes après les attentats de Casablanca de 2003 et 2007”. Les interventions, fruit de rencontres publiques organisées en 2007 et 2008, étudient la possibilité d’un vivre-ensemble autour des concepts de démocratie, de liberté et des droits de l’homme. A lire le militant laïc Ahmed Aassid, le professeur de sciences politiques (PJD) Abdelali Hamieddine, ou l’ancien ministre Larbi Messari, la convergence entre individus semble possible, autour d’un meilleur partage du pouvoir avec l’Etat. A noter, le texte stimulant de Mustapha Moâtassime, dirigeant d’Al Badil Al Hadari (dissous en 2008), aujourd’hui condamné à 25 ans de prison. Youssef Aït Akdim
(Dir. Maâti Monjib, collection Cahiers, éditée par la revue Wijhat Nadar.)


Sondage. Maroc d'en haut et Maroc d'en bas

Les riches vivent de mieux en mieux au Maroc, à l’inverse des pauvres… Voilà en partie ce qui ressort d’une récente enquête d’opinion réalisée par le cabinet EigenValue-Recherche. Synthèse.

Qui a dit qu’il ne faisait pas bon vivre sous le soleil du plus beau pays du monde ? D’après un récent sondage réalisé par EigenValue-Recherche, un institut basé à Casablanca, 42% des Marocains ont le sentiment que leur niveau de vie s’est amélioré ces cinq dernières années, alors que seuls 21,5% ressentent une détérioration. Pour un tiers des sondés, c’est le statu quo. Disparités obligent, chez les CSP +, 7 personnes sur 10 estiment vivre mieux ces dernières années. On ne peut pas en dire autant des classes pauvres, où seules 3 personnes sur 10 partagent cette impression. En revanche, le sondage met tout le monde d’accord sur la cherté de la vie : 95,5% du panel interrogé pense que le coût de la vie ne cesse d’augmenter depuis 2004. C’est à Casablanca que les Marocains ressentent le plus fortement cette inflation, d’après l’enquête d’opinion. Et il ne s’agit pas là d’une vue de l’esprit. D’après les statistiques du Haut commissariat au plan (HCP), l’Indice du coût de la vie pour l’habitation a augmenté de 1% chaque année entre 2004 et 2008. Idem pour l’habillement. Les prix des transports et des communications ont pour leur part crû de 2,5% chaque année sur la même période. Seuls les prix des soins médicaux ont connu une relative stabilité.
Youssef Ziraoui


Passeport. Et maintenant le biométrique !
Après la carte d’identité électronique, place au passeport. Depuis le 15 décembre, les services du ministère de l’Intérieur délivrent le nouveau titre de voyage dans les préfectures de Salé et Skhirate-Témara. En France, ce sera au consulat général de Colombes. Objectif : se conformer aux exigences de l’Organisation internationale de l’aviation civile. Ce qui change finalement ? Pas grand-chose si ce n’est l’obligation de fournir des photos selon des normes bien déterminées et la prise d’empreintes digitales. Sinon, cela coûtera toujours 300 DH en timbre fiscal. Après Skhirate-Témara, Salé et Colombes, la généralisation du nouveau passeport commencera à partir d’avril prochain. Notons toutefois que l’Intérieur a mis en ligne un site Internet dédié (et bien fourni) au nouveau document. Rendez-vous donc à l’adresse www.passeport.ma pour tout renseignement. Un modèle du formulaire de demande de passeport biométrique a d’ailleurs été publié au Bulletin Officiel du 14 décembre. Mohammed Boudarham


Secousses sismiques. Plus de peur que de mal
Une première secousse, puis une deuxième. Dans la nuit de mercredi à jeudi 17, entre 1h et 2h du matin, la terre a tremblé à deux reprises au Maroc, à quelques secondes d’intervalle. “Je me suis réveillé en sursaut, j’ai senti mon lit chanceler et les placards vibrer”, nous confie Yassine, un habitant de Mohammedia. Il s’agit d’une secousse d’une magnitude de 5,5 degrés sur l’échelle de Richter, d’après l’Institut national de géophysique, qui révèle que l’épicentre se situe à 300 km à l’ouest de Tanger, dans l’Océan Atlantique. Selon le centre de Protection civile de Casablanca, cité par l’AFP, “la secousse a surtout été ressentie dans les villes côtières”. A Safi, Casablanca, Rabat, Kénitra, Tanger, mais aussi à Meknès, Fès ou encore Marrakech, les gens, pris de panique, ont quitté leur habitation pendant plusieurs heures. Au final, plus de peur que de mal, aucune victime à déplorer, et aucun dégât matériel n’a été constaté. Y.Z.
 
 
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