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Par Karim Boukhari
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Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info
(DR)
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Tendres, tendres moitiés…
Lu chez nos confrères d’Al Jarida Al Oula : 700 hommes ont été victimes de violences conjugales en 2008, selon une certaine association marocaine qui défend les droits des hommes. Et pan ! L’article nous explique, en citant la mystérieuse association, fièrement présentée comme étant la première en Afrique et dans le monde arabe, que la plupart des hommes n’osent pas briser la “loi du silence”. Pauvres d’eux. Quand ils le font, c’est à visage couvert, au téléphone seulement. La violence en question, toujours selon cette mystérieuse association, serait à 20 % physique. Ce qui provoque le tabassage en |
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règle ? La Nafaqa (pension versée par le mari en cas de divorce pour couvrir les frais de son ancienne épouse et de ses enfants) jugée excessive par le mari victime de sa violente moitié. Enfin, sur la raison d’être de cette ONG aux allures de canular, on nous explique vaguement que les femmes battues disposent de plusieurs centres d’écoute et les hommes pas un seul, que la nouvelle Moudawana porte préjudice aux maris et que l’association surgie de nulle part a été montée pour mettre de l’ordre dans tout cela. Voilà. Maintenant, vous pouvez considérer tout ce que vous venez de lire comme une blague. Il vaudrait mieux, quand on connaît le pays de machos et de fiers à bras qui est le nôtre.
Taghjijte
Comme la plupart d’entre nous, vous ne connaissez pas Taghjijte et vous n’allez pas tarder à combler cette lacune. Le 1er décembre, cette petite bourgade au sud d’Agadir a été le théâtre d’affrontements entre les forces de l’ordre et de jeunes gens, étudiants pour la plupart, venus manifester contre la cherté et la rareté des transports publics. Du menu fretin, dira-t-on. Quelques jours plus tard, un jeune blogueur poste l’information sur son site, à partir du cybercafé où il a l’habitude de se rendre. Le 7 décembre, il est arrêté et rudoyé avant d’être traduit en justice et condamné, en début de semaine, à 4 mois de prison ferme. Le blogueur est donc aujourd’hui en prison, en même temps que le gérant du cyber, qui en a pris pour un an. Trois jeunes manifestants ont par ailleurs écopé de 6 mois. Voilà comment une petite manifestation routinière a donné lieu à une intervention musclée des forces de l’ordre et à l’emprisonnement d’une poignée de jeunes, manifestants et blogueurs. Un massacre. Le ridicule de la situation n’a d’égal que le chef d’accusation retenu contre le blogueur en chef : diffusion de fausses informations portant atteinte…à l’image du Maroc concernant les droits de l’homme. Comment se taire, après cela ? Cette histoire lamentable renferme plusieurs clés. L’une d’elles, peut-être la plus révoltante, est que la justice ressemble encore trop souvent à un prolongement, un “bras”, de la police. Taghjijte 2009 obéit au même principe que Targuist 2007. Le blogueur d’aujourd’hui comme le sniper d’hier ont eu le réflexe de dénoncer et de rapporter. Les deux fonctions reviennent d’ailleurs au même. Rapporter les images de matons déchaînés ou de gendarmes corrompus revient à les dénoncer. La justice s’en est à chaque fois mêlée pour épingler le dénonciateur, pas les fonctionnaires en infraction. Cela revient à considérer que le crime, le seul crime, est de rapporter. C’est cela la superbe et terrible leçon de Taghjijte.
Black is black
Des nouvelles de Hicham Ayouch, l’homme qui avait un film à défendre (Fissures, présenté la semaine dernière à Marrakech) et une voiture à sauver de la casse (une Siena peinturlurée façon arty, chic et choc, en “garde à vue” à la fourrière de Casablanca). Il s’en est bien sorti, merci pour lui. Quoique… Le film a été diversement apprécié par le public de VIP, en attendant sa prochaine sortie en salles, probablement en janvier 2010. Quant à la Siena la plus remarquable du royaume, eh bien, elle a été “relâchée”, mais une fois qu’elle a été débarrassée de tous ses tags. Adieu la révolution des pois chiches, adieu la république, adieu tout, la Siena est désormais toute noire. Comme la nuit. Ou le cœur des hommes. Ou l’avenir de l’humanité. Ou… Chut, n’en dites surtout rien aux fins limiers de la police, ils pourraient être tentés d’ouvrir une nouvelle enquête et de coller de graves accusations (Incitation à la déprime ? Noirceur anti-patriotique ? Folie picturale ?) à la Siena de notre ami Ayouch. |
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