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Fin des clichés
Le reportage sur les créateurs de mode marocains qui veulent briser le cliché du caftan (TelQuel n°406) mérite un bon point. Ces stylistes montrent, à leur manière, que le Maroc d'aujourd'hui n'est plus cette carte postale représentant de vieux minarets et des indigènes en jellabas traînant une mule têtue, pour susciter la curiosité des touristes. Je propose alors que, dans le même ordre d'idées, un dossier soit consacré aux cinéastes dont les œuvres ne sont pas forcément une reproduction du vécu du Marocain lambda et que l'on taxe, systématiquement et à tort, de films culturellement aliénés qui, bien évidemment, vont “pervertir l'identité”. L'important reste donc d'arriver à (dé)montrer que l'art n'est pas uniquement une fidèle reproduction de la réalité, ce qui semble encore loin d'être assimilé par le public marocain qui, au lieu de s'oublier devant un film ou en contemplant une toile de peinture, cherche d'abord à s'y retrouver.
Ali Hassan Eddehbi, Rabat
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Encourager la création
Je salue votre article publié le 9 janvier “Mode : à l’ombre du roi caftan” (TelQuel n°406) et me réjouis comme vous de l’émergence d’une mode contemporaine novatrice au Maroc. En effet, la mode marocaine ne se réduit plus aujourd’hui au seul caftan, tenue magnifique et magnifiée par de nombreux couturiers, dont le talent a largement dépassé les frontières. Porté par des créateurs talentueux comme Saïd Mahrouf, Karim Tassi, Noureddine Amir, Fadila El Gadi, Amine Bendriouich (primé deux fois en novembre dernier à Berlin), des entrepreneurs audacieux comme Karim Tazi avec sa marque Marwa (primée en décembre dernier lors des “Morocco Awards” de Tanger), et des associations engagées comme “FESTIMODE” ou “AMC-Mode”, un nouvel élan créatif légitime l’existence d’un véritable renouveau de la mode marocaine. Cette “Moroccan touch”, reconnue à l’international, peine encore parfois à trouver sa place dans son propre pays. Mais les mentalités évoluent et les pouvoirs publics ont su accorder de l’importance à ce mouvement. Un projet structurant est en effet en train de voir le jour à Casablanca. Celui de créer, à l’initiative du gouvernement et des industriels du secteur textile-habillement (AMITH), une des premières écoles de création de mode du royaume. Cette école supérieure nationale, dont l’ouverture est prévue à Casablanca en octobre prochain, formera les stylistes et les créateurs de demain. Le Maroc, pays de sous-traitance, a subi de plein fouet la mondialisation. Pour que le secteur industriel du textile-habillement reste compétitif face à la concurrence de l’Asie et d’autres pays émergents, l’avenir est dans la création. Sylvie Richoux, École Supérieure de Création et de Mode
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Cyber-répression
Dans des pays où les revendications sociales sont plutôt limitées, l’Internet s’est avéré être un formidable espace de contestation sociale, une bouffée d’oxygène. On l’a vu récemment en Iran, quelques années plus tôt en Egypte, la Toile est devenue une plate-forme de communication et d’organisation des mouvements d’opposition au pouvoir. Au Maroc on n’en est certes pas là, mais c’est ce qui rend la récente réaction des autorités envers certains internautes et propriétaires de cybercafés d’autant plus incompréhensible (TelQuel n°406). Mettre en prison un blogueur pour avoir publié le communiqué d’un groupe d’étudiants réclamant simplement l’aide de l’Etat pour accéder plus facilement à la grande ville la plus proche me dépasse. Les excès des agents des forces de l’ordre, qui ont procédé aux arrestations et perquisitions dans cette affaire, ne sont à mon sens pas aussi graves que l’avilissement dans lequel est tombé notre système judiciaire. Si les juges sont censés être les gardiens des valeurs d’un pays, quelle image donnent-ils du Maroc d’aujourd’hui?
Khadija Amor, Fès. |
Parcours du combattant
Je remercie Zakaria Boualem pour ses commentaires sur le boulevard Al Massira de Casablanca (TelQuel n°406). Il n’y a que lui qui nous comprenne. J’aimerais demander au responsable de ce boulevard de faire quelque chose de très simple : essayer de traverser cette artère avec son enfant. Cela lui permettra de réaliser plusieurs choses. Premièrement, que non seulement il faut surveiller les 4 voitures qui peuvent passer sur les 2 voies mais en plus, et ça arrive très souvent, surveiller la voiture qui a décidé de faire un tour complet juste sur le prétendu passage piéton, où l’on se trouve avec son enfant. Garder un œil sur les voitures qui sortent des petites ruelles n’ayant pas envie de faire le rond point et qui font un demi-tour sur place tout en rassurant les piétons de la main (du style “ne t’inquiète pas, je gère”). Troisièmement, identifier le passage piéton dont les délimitations se sont effacées. Et enfin, réaliser qu’il n’ y a pas de policier sur le boulevard, mis à part au niveau des feux. Et là, pour une fois, on aurait bien besoin d’agents pour nous aider à traverser. Merci encore Zakaria et continue à leur ouvrir les yeux. Un piéton casablancais. |
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