N° 408
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Bled schizo
Dans son dernier éditorial (TelQuel n° 407), M. Benchemsi a parlé de la schizophrénie marocaine concernant l'alcool. Il a “démasqué” le double discours - contenu dans une seule phrase - d'un responsable du PJD qui disait: “Si (cette loi) n’est pas appliquée, les choses, malgré tout, fonctionnent normalement, et cela nous convient”. Je ne suis pas adhérent au PJD, mais je ne trouve pas que cette déclaration soit dépourvue de sens. Un (bon) politicien doit certes faire passer les idées inhérentes à son courant de pensée, mais il doit le faire avec intelligence. Le double rapport que les Marocains ont avec l'alcool se retrouve également avec la prostitution, la corruption, la virginité ou zid ou zid. Ce n'est pas pour autant qu'on va se lever un beau matin et décider de fermer tous les bars, d’envoyer les filles de joie derrière les barreaux et de licencier tous les policiers corrompus. La seule vraie question qui se pose est : “L'Etat doit-il définir les préceptes moraux de notre société ?”. La position du PJD a le mérite d’être claire, contrairement à celle des autres partis. L'engouement que (ou qu'a) suscité le PJD vient du fait qu’il soit le seul à apporter des réponses.
Hamza Moutmir, Buenos Aires.


Modernité vs développement
La tribune de Lahcen Berkou (TelQuel n° 407) décrit avec un réalisme criant la société marocaine dans laquelle nous vivons. Aussi loin que je me souvienne, le Maroc a toujours été un pays de paradoxes. On a l’impression en fait qu’il existe plusieurs Maroc, ce qui nous fait perdre de vue l’identité réelle de notre pays. De plus, force est de constater que modernité ne rime pas avec développement. Tout cela n’est évidemment pas qu’une question d’argent, de “quat’quat” imposants ou de sacs à main griffés. Berkou affirme que “l’Etat est en peine d’exercer son contrôle social, handicapé par son corps gangréné”. A juste titre. Les Etats développés ce sont avant tout ceux qui ont réussi à garantir les libertés individuelles de leurs citoyens. Qui oserait clamer aujourd’hui que les Marocains sont égaux devant la loi ? Qui pourrait trouver dans notre société la preuve d’une quelconque égalité des chances ? Personne. Cela dit, nous ne pouvons continuer à blâmer les stigmates du passé. Au lieu de cultiver les paradoxes, les Marocains doivent à présent s’atteler à réussir une transition qui a débuté il y a déjà plus de dix ans. Ne baissons pas les bras.
Saâdia Cherkaoui, Casablanca.


Du contrat social
Bien que tout le monde s’accorde à dire que le nombre de victimes sur nos routes est scandaleusement élevé, le nouveau Code de la route suit un parcours du combattant pour être adopté, cette réforme touchant les fondements mêmes de notre état de droit. En effet, le Code de la route n’est rien d’autre qu’un contrat contraignant qui, s’il est respecté par les citoyens, les préserverait dans leur intégrité physique et assurerait une bonne utilisation de la ressource commune qui est la route, à défaut de quoi ils s’exposeraient à la sanction de l’Etat. Or, au Maroc, le Code de la route, et la loi en général, ne sont pas vécus comme une norme qui s’impose à tous pour le bien de tous mais comme une référence qui peut être contournée, négociée au cas par cas, voire outrepassée. La loi est donc négociable car non seulement les citoyens ne la considèrent pas comme impérative, mais aussi parce que certains titulaires de l’autorité publique ont une vision patrimoniale de leurs fonctions. Certes, la réforme du Code actuellement sur la table ne s’attaque qu’au premier volet du sujet (renforcer l’aspect contraignant du Code de la route), mais elle va dans le bon sens. Quant au second volet, à savoir faire évoluer le comportement des titulaires de l’autorité publique, il s’inscrit dans un chantier plus large, qui est celui du déploiement du “nouveau concept d’autorité”… Un chantier qui reste ouvert.
Ismaïl Lazrek, Marrakech.


A propos d’une photo
Nous avons été agréablement surpris de voir une photo de notre ami Hassan Azdod en couverture de TelQuel (“Au royaume de l’absurde”, n°407). Vous avez très bien fait de choisir cette photo représentant un palmier dont le tronc est enchâssé dans le mur et de montrer ainsi la qualité du travail de ce Marrakchi amoureux de sa ville. Nous vous confirmons qu'il est l'auteur de cette photographie, déjà publiée en noir et blanc dans la revue trimestrielle Salam Marrakech n°92, en 2006. Elle a été également publiée, en mars 2008, (cette fois en couleur) avec d'autres photos de Hassan Azdod, sur le blog de Michel Dupré, qui fédère des Marrakchis d'hier et d'aujourd'hui (http://marrakechetnous.canalblog.com/archives/2008/03/09/index.html). Cette photo a été prise par Hassan Azdod avec deux autres, le même jour. Il nous les a confiées et nous les avons mises sur un blog de la région d'Imini, près de Ouarzazate.
L'équipe de l’association Assif n'Imini.
 
 
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