Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements. E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca). | Une question de point de vue Abstraction faite de l'intérêt historique du dossier sur les Alaouites (TelQuel n°408), je trouve la typologie que vous avez dégagée, à l'endroit des sultans alaouites, tendancieuse, imprégnée d'un certain manichéisme. La description stéréotypée qui est donnée de certains monarques déteint sur le côté pédagogique du dossier. Eu égard à la longévité (379 ans) du règne de la dynastie alaouite, il aurait été judicieux, sur le plan méthodologique, de suivre une démarche relativiste. En effet, le relativisme culturel nous enseigne que tout individu tient pour vrai ce que sa culture tient pour vrai. Et tout jugement basé sur le code moral de l'observateur est invalide, pour ne pas dire suspect, car il confine à l'ethnocentrisme. M'hamed Alaoui Yazidi, Rabat. | Retour à la réalité Le Maroc n’est pas une démocratie. A quoi s’attendaient les détenus islamistes (TelQuel n°408) ? Qu’on leur accorde un procès équitable ? Faut pas rêver ! Qu’on leur assure des conditions de détention conformes aux standards internationaux ? On n’est pas chez les Suisses ici ! Je rappelle quelques critères de base d’une démocratie : séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, élections libres des hommes au pouvoir, médias non censurés, etc. ça vous rappelle quelque chose ? Non. C’est normal, vous êtes au Maroc. Alors, tant qu’on n’aura pas abordé le problème de fond qu’est la réforme constitutionnelle, les abus de l’Etat et de ses représentants continueront d’être monnaie courante. Et les islamistes ne seront pas les derniers à réclamer une IER. Jamal Bennani, Casablanca. | Désenchantement La lecture du dernier éditorial de Ahmed Benchemsi (TelQuel n°408) a suscité en moi de nombreuses interrogations sur la société marocaine dans laquelle je revis (après avoir étudié à l’étranger pendant une dizaine d’années). J’entends souvent dire autour de moi que le Maroc a changé : nouveau règne, nouvelle direction. Mais en parcourant vos colonnes, j’ai plutôt l’impression que tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Ce que confirmerait effectivement la non-application des recommandations de l’IER. Mais à mon avis, le pseudo-processus de réconciliation était biaisé depuis le départ. Comment espérer réconcilier l’Etat avec les victimes quand ces dernières sont empêchées de révéler l’identité de leurs bourreaux, pour certains toujours en vie ? C’est comme si la victime d’un viol était obligée de cohabiter avec son agresseur. L’expérience sud-africaine en matière de recherche de la vérité après des années de répression aurait dû nous servir de référence. Certes, en Afrique du Sud comme au Maroc, les bourreaux ont été amnistiés. Mais, différence de taille, en Afrique du Sud certains sont passés devant les tribunaux du pays. Bien sûr, ils ont été acquittés par manque de preuves ou parce qu’ils n’avaient finalement fait qu’obéir aux ordres de l’Etat, mais ils ont dû expliquer leurs actes. Sans vouloir faire de la psychologie de bas étage, il me semble impossible pour les victimes d’aller au bout du processus de guérison sans un sentiment de justice. J’imagine également que les tortionnaires, je ne parle pas des grands pontes de la répression mais de leurs sbires, auraient tout à gagner d’une confrontation avec leurs victimes. En indemnisant les victimes des années de plomb, au mépris de toute notion de droit, quel message adressons-nous à nos enfants : que l’argent peut tout acheter ? Hind Benbrahim, Salé. | Absurdistan Votre dossier sur notre cher Absurdistan (TelQuel n°407) n'était - finalement - pas aussi grinçant que je l'attendais. Ceci est sûrement dû à mon excès de sadisme/masochisme (rayez la mention inutile). “Une analyse crue, sans concession, salutaire”. Permettez-moi d'en douter. Faire un inventaire de ce que tout citoyen lambda sait déjà (si, si, je vous assure), est-ce vraiment ce que l'on attend d'une revue briseuse de tabous ? Cela dit, je salue (très sincèrement) votre engagement, votre ligne rédactionnelle et votre irrévérence qui constituent une bouffée d'air frais dans le paysage médiatique du “plus beau pays du monde”. Chapeau bas au grand et sage (malgré les apparences) Zakaria Boualem : que ferait-on sans lui ? Alae S., un jeune citoyen aux rêves d'ailleurs. | SOS prépas Elève des classes préparatoires aux écoles d'ingénieurs du lycée Mohammed V de Casablanca, je vous livre ce cri de colère. Cela fait six mois que des travaux de réfection éloignent les étudiants de première année de leur internat. On nous a bien proposé une solution mais qui n'en est pas vraiment une : l’hébergement dans un autre lycée distant de plus de 2 km. Sans parler des humiliations que nous fait vivre le personnel d’accueil de ce lycée. Et que dire de l’absence d’hygiène (toilettes infréquentables, présence de rats, pas de douche, etc.). Les responsables de l’académie régionale doivent trouver une solution pour mettre un terme aux travaux, nous permettant ainsi de réintégrer l’internat de notre lycée, censé former les élites de demain. On mérite meilleur traitement. Un étudiant de première année, Lycée Mohammed V. | |