ZB en est arrivé à la conclusion que les “génies” de Derb Ghellaf sont des arnaqueurs, arrogants de surcroît.
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria.
né en 1976 à guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque.
Zakaria Boualem commence, comme c’est désormais la règle, par une bonne nouvelle visant à démontrer combien nous sommes bien au Maroc. Vous devriez vous habituer à cette attitude positive, ça risque de devenir une loi très bientôt. Youpi ! Première bonne nouvelle : le Premier ministre belge a répondu à une question orale d’un parlementaire… en relisant la question. Il ne s’est rendu compte qu’il lisait le mauvais texte qu’une fois arrivé au point d’interrogation, c'est-à-dire après plusieurs minutes de lecture en mode “cerveau débranché”. Nos valeureux parlementaires sont bien entendu incapables d’une telle bourde : ils adorent s’écouter parler. Seconde bonne nouvelle : l’évangéliste américain Pat Robertson - ancien candidat à l’investiture républicaine - a récemment expliqué à la télévision les raisons du terrible tremblement de terre qui a frappé Haïti. Ce n’est ni un volcan | |
sous-marin, ni un glissement entre les plaques, et encore moins une rupture de faille tectonique… Non, c’est le Diable, tout simplement. Oui, le Malin en personne, avec qui les Haïtiens ont signé un pacte il y a deux siècles, c’est bien connu. Ils ont obtenu leur indépendance mais en échange Lucifer leur envoie une catastrophe ou deux parce qu’il est comme ça, le Malin, il aime bien persécuter les gens. Amis marocains ou arabes, mes frères musulmans, savourez avec Zakaria Boualem le doux plaisir de voir que nous ne sommes plus les seuls à œuvrer sur le marché du délire racialo-religieux. Nous sommes rejoints sur le thème de la connerie, challengés sur notre propre terrain. Il nous faut réagir ! Mais où est donc l’éminence grise d’Al Azhar qui voulait que les collègues de bureau s’allaitent, pourquoi cet homme est-il silencieux ? Où se trouve notre héros à nous, celui qui souhaite que des fillettes de neuf ans se marient ? Au travail, s’il vous plaît, messieurs, un peu d’orgueil ! En attendant cette riposte, Zakaria Boualem voudrait porter à votre attention le fait qu’il traverse depuis plusieurs semaines une sorte de crise téléphonique majeure. Tout a commencé avec l’achat d’un appareil à Derb Ghallef, opération a priori banale. Aussitôt, sa vie à basculé dans le cauchemar, et c’est à se demander si ce n’est pas encore un coup du Malin, encore lui. Il a tout connu : des téléphones qui se bloquent, d’autres qui s’éteignent tout seuls, certains qui proposent une qualité d’écoute digne d’une république communiste africaine, des appareils à flasher, des afficheurs à changer… Au total, il a passé plusieurs heures à Derb Ghallef, et voici ses conclusions. Derb Ghallef, le mythe : ce marché informel est peuplé de génies en tout genre, capables de débloquer n’importe quelle situation en moins de temps qu’il n’en faut. Ils sont tellement forts que les ingénieurs de Nokia koulhoum doivent se teindre en brun la moustache pour y tester leurs produits discrètement avant de les lancer sur le marché mondial. Derb Ghallef, la réalité : ce marché est la plus extraordinaire concentration de voleurs au monde, qui n’ait pas le statut de prison. Si les vendeurs mentaient comme ils respiraient, ils seraient aussitôt frappés de crises de tachycardie et d’hyperventilation. Il faut donc inventer pour eux une nouvelle expression. Le plus insupportable pour Zakaria Boualem, c’est de se trouver confronté à leurs incroyables certitudes. Ils sont sûrs d’eux-mêmes, sûrs de leur science, sûrs de leur maîtrise, convaincus d’avoir déjoué à eux seuls les codes de cryptage de Canal +, Ericsson et Apple. C’est évidemment faux, puisqu’ils se contentent de télécharger des programmes russes pour la plupart. Notre pays étant ce qu’il est, Zakaria Boualem n’a d’autre choix que de faire affaire avec ces arrogants arnaqueurs. L’alternative légale est ridicule, elle manque de choix et propose des prix prohibitifs. Par contre, il peut s’exprimer, le Boualem. C’est ce qu’il vient de faire, et ça défoule… |