N° 410
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Le drame d’une vie
Je vous écris pour la première fois, bien que je sois une lectrice fidèle de votre magazine, parce que j’ai été particulièrement touchée par l’histoire de la famille du disparu Houcine Manouzi, par l’image de ses parents et de son neveu (qui ne l’a, vu son jeune âge, pas connu) brandissant sa photo et rappelant leur détermination à connaître la vérité. Dans son bloc-notes, Karim Boukhari (TelQuel n°409) dit que “c’est beau et malheureux”. C’est vrai, mais c’est aussi cruel. Qu’a donc à perdre l’Etat à révéler à cette famille ce qu’il est advenu à leur fils, frère, oncle ? Les années de plomb sont, je l’espère, derrière nous. Plusieurs vérités ont été dites au cours des auditions publiques de l’Instance équité et réconciliation. Pourquoi pas cette vérité-là ? Comment peut-on espérer que cette famille tourne la page si on ne lui permet pas de faire son deuil convenablement ? La famille Manouzi le dit elle-même : elle ne renoncera jamais. En cherchant à mettre l’Etat devant ses responsabilités, c’est à nous tous que la famille Manouzi rend service. Je tenais à leur exprimer mon admiration et mon soutien. Sofia Bekkali, Rabat.


Le mirage de la modernité
Je souhaite vous féliciter pour l’excellente analyse de M. Berkou intitulée “Maroc, Bienvenue en Absurdistan” (TelQuel n°407). Résident étranger dans votre pays depuis plus de 65 ans et issu d’une famille établie ici depuis presque un siècle, je crois pouvoir dire que j’ai vécu et suivi avec intérêt la vie marocaine avec ses évolutions, avant puis après l’indépendance. Fortement intégré au sein du peuple marocain, depuis ma naissance, j’ai été attentif aux évolutions qui se sont succédé et, bien malheureusement, je dois avouer que la modernité dont, aujourd’hui, se réclame un grand nombre n’est qu’un mirage troublant que la vieille génération ne perçoit pas et ne comprend pas. J’en fais partie. Elle ne se reconnaît pas dans ce monde avide de rapides réussites où la liberté de l’un contrarie trop souvent celle de l’autre. Oui, le paradoxe a toujours été une composante de la société marocaine, mais il est impératif de ne pas oublier, comme le dit si bien M. Berkou, que le Maroc, comme tant d’autres pays, se doit de régler son présent sur l’évocation de son passé. Oui, le Maroc devra passer par des étapes où certains bouleversements de sa société si riche en traditions, construites et consolidées par les anciens, sont inéluctables, mais pas à n’importe quel prix. Et surtout pas en idéalisant le règne de l’argent si souvent mal acquis, et en croyant qu’il peut tout acheter...
Philippe Imhoos, Casablanca.


Le juste milieu
La juxtaposition (fortuite ?) dans le dernier numéro de TelQuel d’un papier sur les tribus démunies d’Aït Abdi (“Voyage au bout du froid”) et du dossier sur les très riches de ce pays (“Show me if you can”) est la parfaite illustration du Maroc à deux vitesses dans lequel nous vivons. Les premiers attendent désespérément la construction d’une route pour mettre fin à leur enclavement, avoir accès aux soins, etc. Les autres attendent avec impatience l’ouverture du nouveau mall de Casablanca pour satisfaire leurs derniers caprices. Alors oui, bien sûr, la vie est faite de telle manière qu’il y ait des riches et des pauvres. Et sans verser non plus dans la rhétorique communiste, je pense quand même qu’il devrait y avoir un moyen de trouver un juste milieu. L’Etat a pour rôle de veiller à la redistribution des richesses de ce pays de manière juste et équitable, notamment grâce au système d’imposition, et de s’assurer que ses citoyens ne meurent ni de faim, ni de froid. Aya El Hraïchi, Fès.


Censure déguisée
Malgré le manque de moyens et l’absence de subventions, un groupe de journalistes de grand calibre et faisant preuve d’un courage “effronté”, menait le combat depuis l’an 2000. Je veux parler de l’équipe du Journal Hebdomadaire. Ces journalistes indépendants qui se sont attelés à faire du journalisme une critique acerbe du quotidien politico-social marocain. Le 27 janvier, le Journal a été brutalement arrêté par une censure camouflée (intelligente et subtile ? Eh oui, ce n’est plus étonnant quand on est devant une machine polymorphe). Le motif ? Arriérés dus aux organismes de prévoyance sociale ou à la Direction des impôts. Ce ne sont là que des prétextes ! Mounir Serhani, Safi.



Au revoir champion
La lecture de l’article consacré aux moments forts de Younès El Aynaoui (TelQuel n°409) a fait resurgir de nombreux (bons) souvenirs. Je voudrais profiter de vos pages pour saluer ce champion qui m’a fait rêver, pour lequel je “séchais” des cours au lycée pour aller l’applaudir sur les courts de l’Open Hassan II, et qui m’a donné, comme à tant d’autres, l’envie d’acheter ma première raquette. Quelques années plus tard, en 2003, j’effectuais un stage à New York au moment où se tenait l’US Open et j’avais eu la chance d’assister à son match au premier tour. Je crois que c’est la seule fois de ma vie où j’ai tenu entre mes mains un drapeau du Maroc, que j’ai brandi avec fierté. Ghita Mekouar, Casablanca.
 
 
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